Pierre Weil : La Revue de Presse : où l'on parle ce matin essentiellement d'environnement. Yves Decaens :Tous les jours, c'est la guérilla et quelquefois la guerre ! Et ce n'est pas qu'un bon mot. Un responsable du chantier TGV Lyon-Turin ne fait qu'exprimer une réalité, en laissant entendre à Philippe Ridet, reporter au Monde , qu'il y aurait donc des guérilleros dans les alpages. Le fait est que face au chantier du coté italien, une centaine de militants anti TAV, le Treno ad Alta Velocita, ont installé un campement permanent et chaque soir, ils tentent de s'introduire sur le site en cisaillant les clôtures. Pour eux, explique Ridet, ces travaux, en particulier le futur tunnel de 57 kms, sont parfaitement inutiles et surtout beaucoup trop coûteux : 10 milliards d'euros, financés pour un tiers par l'Europe, c'est insupportable en temps de crise ! Ce que contestent évidemment les promoteurs du projet jugé indispensable au développement du réseau ferroviaire transeuropéen et qui permettra de rééquilibrer le trafic des camions entre la route et le rail, vieille revendication des écologistes. Voilà ! Un projet pharaonique à finalité écologique que contestent des défenseurs de l'environnement : contradiction classique qu'on retrouve sur beaucoup d'autres sujets. Les biocarburants, c'est pareil : voyez dans La Tribune , comment Bruxelles temporise, sans arriver à se décider soit à renforcer, soit à retirer son aide aux producteurs. D'un coté, explique en substance Aymeric Auberger, les biocarburants contribuent à l'indépendance énergétique et permettront à l'Europe d'atteindre 10% d'énergies renouvelables dans les transports en 2020. Cela ne remplacera pas le pétrole, mais ça diminue d'autant la consommation. D'un autre coté, les biocarburants produits à partir de colza de mais ou de tournesol se substituent bien souvent aux cultures vivrières, et surtout favorisent l'extension de monocultures intensives entrainant la déforestation et la dégradation des sols. Et au bout du compte, il n'est pas sûr que les émissions de gaz à effets de serre soient très inférieures à l'exploitation des énergies fossiles. Bref, comme le dit à La Tribune , le président du syndicat des producteurs de biodiesel, après avoir été encensés, nous voilà calomniés. Bien malin qui peut connaitre la vérité.Pierre Weil : La vérité est un concept à géométrie variable. Yves Decaens :Voyez les énergies renouvelables. Loin de la percée vantée par le gouvernement, la part des énergies propres dans la production française d'électricité stagne depuis 1997. A lire dans Libération , qui s'appuie sur un bilan énergétique discrètement publié au début de ce mois, où l'on voit qu'en 97, 15% de la production électrique était d'origine renouvelable, aujourd'hui, 14,6%. Une légère baisse qui contredit tout ce qu'on entend depuis deux ans, commente Guillaume Launay, notamment que la France est en train de rattraper son retard grâce au Grenelle de l'Environnement. « La vérité, titre Libération , c'est que les énergies renouvelables font faux boom ! ». Alors, certes, les éoliennes et les panneaux solaires se sont multipliés (ah bon, il y a donc quand même une part de vérité), mais pour l'instant, leur croissance ne suffit pas à compenser la baisse tendancielle de la production hydroélectrique dans un contexte de hausse continue de la consommation électrique. En somme, ça progresse mais pas assez compte tenu du contexte. Le vrai décollage est à venir, répond le Ministère de l'Ecologie qui lancera, lundi, son premier appel d'offres pour de grands projets photovoltaïques. Sachant que parallèlement, la France n'abandonne pas ses projets de développement de l'EPR, les centrales nucléaires nouvelle génération. Il faut industrialiser l'EPR, explique Henri Proglio, le PDG d'EDF, interrogé dans Les Echos . Après Fukushima, il y a toujours une place significative pour le nucléaire dans le mixe énergétique mondial de demain. Et quid de Fessenheim qui vient d'être autorisée à tourner dix ans de plus, demande Les Echos ?Réponse d'Henri Proglio : « Il y a des stress tests pour valider le fait que les centrales répondent aux normes de sécurité établies. Mais pensez-vous vraiment, ajoute le patron d'EDF, que nous prendrions le risque d'un accident nucléaire où que ce soit pour pouvoir soigner notre compte de résultat ? ». Sur le nucléaire, quelle est la vérité ? Il y a des écologistes pro-nucléaires qui ne sont pas chez les Verts, c'est vrai. Nicolas Hulot vient d'en faire l'expérience, lui qui s'était rallié, mais un peu tard sans doute, à l'idée de sortir progressivement du nucléaire. Hulot qui flingue Europe Ecologie-Les Verts dans le magazine intitulé Bretons . Il règle ses comptes avec ses anciens amis, évoquant un immense gâchis, accusant le parti de Cécile Duflot d'avoir tout fait pour lui compliquer la tache. Moins d'un quart des gens inscrits sur mon site ont pu voter, explique l'ancien candidat à la présidentielle, tellement la procédure était compliquée. Et de conclure : « Pourquoi m'avoir fait la danse du ventre pendant des années pour que je vienne les rejoindre ? C'est tout le paradoxe de leur attitude » conclut Hulot en parlant d'Europe Ecologie-Les Verts. Les paradoxes, on est en plein dedans.Pierre Weil : Dans la presse également ce matin, la vérité sur les autoroutes et sur le crash du Rio-Paris. Yves Decaens : C'est la Une du Figaro : « Le rapport qui accuse les pilotes ». C'est cet après midi que le bureau des enquêtes aéronautiques remettra ses conclusions sur le crash du vol Air France 447, le premier juin 2009, 228 personnes à bord. Les boîtes noires ont été récemment renflouées. Résultat, commente Fabrice Amédéo : « il y a bien eu givrage des sondes Pitot, indicateur d'altitude, et perte des informations anémométriques (sur la vitesse) mais ce sont, avant tout, les erreurs des pilotes qui ont entrainé la chute de l'appareil vers l'océan. Il apparait notamment que le moins expérimenté des trois pilotes a récupéré les commandes en faisant monter l'appareil jusqu'à ce qu'il décroche. L'équipage n'était pas formé à ce genre de situation, à la perte des informations de vol, ce qui devrait entrainer un certain nombre de changements dans les cockpits conclut Amadéo. Et pendant ce temps, « les péages font le plein », autre titre de Libération , qui constate que les tarifs des péages n'ont jamais été aussi élevés. Les associations d'automobilistes dénoncent un défaut de régulation de la part de l'Etat qui l'avait pourtant promis au moment de la privatisation des autoroutes en 2005. Faux, répond Pierre Coppey, le président de Vinci Autoroutes, qui se dit, au contraire, extrêmement surveillé par l'Etat et la Cour des comptes, et qui conteste la flambée des prix. Au contraire, dit-il, les trafics augmentent moins vite depuis les privatisations. Là encore, va savoir ! Et puisque c'est ça, je vous emmène à la chasse au trésor, à la recherche de la vérité, ou plutôt de ces fantasmes qu'on ne résoudra jamais. C'est une enquête du Parisien Aujourd'hui en France , qui s'est rendu dans ce village de l'Aude, à Rennes-le-Château, où des apprentis Indiana Jones assurent avoir découvert l'entrée d'une grotte où serait caché le trésor des Wisigoths. A moins que ce ne soit le trésor des templiers ou le trésor des Cathares. On dit aussi que c'est ici, dans cette grotte, qu'aurait trouvé refuge la descendance de Marie-Madeleine et de Jésus, c'était la thèse du fameux abbé Saunière, l'énigmatique curé de Rennes-le-Château, dont on lira l'histoire résumée par Eric Giacometti. Bref, l'histoire a pris tellement d'ampleur, ces jours-ci, après la parution d'un article dans La Dépêche du MidiI , que la gendarmerie doit maintenant patrouiller, parait-il, pour surveiller les abords de la grotte. Et pourtant, s'il y a bien une chose dont on est sûr dans cette histoire, c'est que là, au moins, il n’y a rien de vrai.

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