Ce matin, les tensions avec la Chine s'emparent de nos journaux

Le Monde nous explique "Comment la Chine impose sa propagande sur les réseaux sociaux en France". Enquête sur la page Facebook francophone de la télé nationale chinoise CGTN, et ses 20 millions de soi-disant abonnés, plus que tout autre média francophone, une manipulation suppose le quotidien du soir. Les journalistes Damien Leloup et Harold Thibault analysent les contenus publiés de “reportages sur la culture chinoise aux communiqués dénonçant l’ingérence occidentale dans la politique intérieure de Pékin.” 

“Quelques photos d'animaux, des posts qui présentent l’intelligence artificielle comme le nouvel élan du développement économique chinois […] mais certains billets vont bien plus loin" écrit Le Monde. Ils font "l’apologie" de la politique discriminatoire menée contre la minorité musulmane Ouïghours, et réfutent les enquêtes internationales sur la situation au Xinjiang. Le quotidien cite l'une de ces tribunes : « Toutes ces allégations n’ont aucune preuve solide à l’appui, elles ont été successivement dénoncées comme mensonges et preuves concoctées ou falsifiées sur cette question », la politique chinoise au Xinjiang « constitue exactement une garantie des droits de l’homme dans la région » affirme encore CGTN. Le Monde y voit l'un des signes de changement tactiques du Parti Communiste Chinois, plus agressif dans sa propagande à l'étranger. “A l’image, rappelle le quotidien, du porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, qui affirmait en mars sur Twitter […] que l’armée américaine pourrait avoir amené le nouveau coronavirus à Wuhan.” 

Mais, si les velléités d'influence de Pékin sont établies, à la lecture de cette enquête sur cette chaîne chinoise dont les auteurs reconnaissent qu'elle est "très peu regardée en France" et que "sur Facebook malgré ses 20 millions d'abonnés, ses vidéos stagnent autour du millier de visionnages." On réalise que les tensions sino-américaines, cette nouvelle guerre froide entre les deux géants, exacerbent notre propre méfiance à l'égard du pouvoir chinois. 

Il faut lire la presse américaine pour réaliser le degré de bellicisme entre Etats-Unis et Chine 

Dans la rubrique opinions du New-York Times, Bret Stephens donne le ton : Il fait l'inventaire des forces de l'U.S. Navy. 300 bâtiments de guerre, Trump promettait en début de mandat d'en mettre en service 55 de plus. "Le pentagone n'a pas osé admettre qu'il n'avait aucun espoir d'atteindre cet objectif" déplore-t-il, et il prévient "Pendant ce temps la marine Chinoise - qui n'est – elle - pas dispersée à travers le monde - compte 335 navires, une augmentation de 55% en 15 ans." 

Bret Stephens, qui soutient ouvertement le candidat démocrate Joe Biden, envisage clairement un conflit armé, et pose la question : "Si les Etats-Unis et la République Populaire en venait à s'affronter à cause d'un quelconque incident autour d'un îlot en mer de Chine du Sud, sommes-nous confiant dans notre capacité à triompher ?" 

Ces tensions résonnent avec l’histoire que nous raconte le Figaro 

Le quotidien revient dans le neuvième épisode de sa série d'été : "La Chine face au Monde” sur "1949 : L’année où le pays devient communiste". L'année où l'Amérique se réveille sonnée par la prise du pouvoir par Mao, après avoir soutenu des années durant le dirigeant nationaliste Tchang Kaï Chek, finalement défait.  

Adrien Jaulmes nous raconte : "À Washington, les républicains se déchaînent alors contre l’Administration Truman, jugée responsable." Quelques mois plus tard, la rivalité avec le bloc communiste, le développement de l'arme nucléaire par l'URSS ouvre la période de la chasse aux sorcières de Joseph McCarthy aux Etats-Unis. Puis l'intervention en Corée en 1950, la guerre où chinois et américains sont allés le plus loin sur la dangereuse pente qui mène au conflit ouvert. Dans le Figaro ce matin on réalise au fil des analyses des historiens à quel point les Etats-Unis ruminent encore leur "plus grand revers géopolitique de l’histoire contemporaine" : le basculement de la Chine dans le communisme. 

Libération de son côté s'était fait il y a quelques jours l'écho d’un rapport sur les stérilisations forcées menées par la Chine sur les femmes Ouïghours, en publiant le témoignage de l'une d'elle exilée en Europe. Libé rapporte aujourd'hui cette proposition française qu’une : "mission internationale émanant d’observateurs indépendants, sous la houlette de la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, se rende au Xinjiang, pour enquêter." Une initiative diplomatique qui rejoint une série de condamnations internationales.  

Pendant ce temps Le Canard Enchaîné se moque des talents de négociateur de Jean-Yves Le Drian

A ses heures perdues, le locataire du quai d'Orsay se serait chargé il y a quelques semaines - en vue du remaniement - de jouer les entremetteurs entre Ségolène Royal et Emmanuel Macron, pour le poste de ministre de l'Écologie. Il textote avec le président quand il se serait trompé de destinataire et aurait envoyé à Ségolène Royal : "Pompili […] c'est quand même mieux que l'autre folle de Ségo". Faute diplomatique envers son ancienne camarade socialiste. 

Enfin Le Parisien raconte le business d'un jeune roi des faux documents

Enzo, 21ans, alias Enzz-Benzz sur le réseau social Snapchat a été arrêté mi-juillet en région parisienne par la police judiciaire, raconte le journaliste Florian Loisy. Sur internet, il vendait des des cartes de stationnement pour personne handicapé, des arrêts de travail et même de vrais-faux passeports, avec la gouaille d'un jeune influenceur des réseaux sociaux : Pour “Les vrais intéressés, venez m'en parler en privé, c'est sortis de préfecture en deux-trois semaines, mais c'est un plan très cher, donc ceux qui n'ont pas d'argent, ne me rendez pas fou" expliquait Enzo à sa clientèle. Les arrêts de travail, émanant de médecins de l'hôpital André-Grégoire de Montreuil et validés par de faux tampons étaient "écoulés par lots, à des prix dégressifs : de 50 pour 200 euros […] à 500 pour 1000 euros”.  

« Je n'avais jamais vu une telle diversité dans la fraude », confie une source proche du dossier au Parisien. Jamais en manque de bon plan "il est également soupçonné d'avoir vendu des masques chirurgicaux et FFP2 au plus fort de la pandémie de Covid-19." Il savait aussi faire des promotions pour attirer les clients et proposer des services très spéciaux, comme la consultation du FPR, le fichier des personnes recherchées, contenant par exemple les fichés S. "Si vous voulez savoir si vous avez une fiche, c'est possible” expliquait-il - en échange de 200 euros en cash. 

C'est là qu'un policier se fait passer pour un potentiel acheteur. "Comme aucune consultation ne peut s'effectuer sans s'identifier sur l'intranet de la police ou de la gendarmerie" le complice est identifié, un gendarme volontaire de 23 ans en poste en Seine-et-Marne, interpellé au même moment qu'Enzo. En tout 150 fiches ont été consultées illégalement. Les policiers cherchent maintenant les complices qui permettaient au vendeur de se procurer les vrais-faux passeports. Fin des affaires donc pour ce jeune businessman que le Parisien décrit comme “l'équivalent d'Amazon ou AliExpress”, les géants américains et chinois de la vente en ligne, mais version frauduleuse. 

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