Y compris pour les compétitions sportives : finale ce soir de l'Euro 2008, finale hier soir au stade de France du championnat de Rugby, et Toulouse qui a fait la fête une grande partie de la nuit pour ce 17ème titre, pendant que les Clermontois pansaient leurs plaies et dorlotaient leur déception renouvelée. "Toulouse de France", titre ce matin L'EQUIPE au dessus d'une photo : un Fabien Pelous hurlant de joie en brandissant le Bouclier de Brennus, récupéré 7 ans après leur dernier titre, c'était en 2001. L'EQUIPE qui rend un hommage appuyé à Jean-Baptiste Elissalde, qualifié d'héroïque : "Le petit grand joueur, écrit Arnaud David, avec ses côtes fracturées, grimaçant sur chacune de ses actions, et trouvant l'énergie et la lucidité pour ouvrir la défense de Clermont et amener l'essai décisif de Maxime Médard". "Toulouse au top" constate LE PARISIEN, pour qui Clermont est victime à la fois de Toulouse et de la malédiction. "Au terme d'un combat acharné, a constaté Geneviève Colonna d'Istria, Clermont, sans doute fébrile, s'est encore incliné. Ce ne sera donc pas encore cette année que le Bouclier de Brennus viendra trôner place de Jaude. Il faudra sécher ses larmes et revenir une dixième fois. Cette déception, on la retrouve bien sûr en Une des quotidiens régionaux. LA MONTAGNE de Clermont Ferrand, qui estime que son équipe était à côté de la plaque. Et LE POPULAIRE DU CENTRE est tellement déçu qu'il se borne à constater que Toulouse a brisé le rêve de Clermont. Car de la déception, il y en avait hier soir place de Jaude, où nous raconte L'EQUIPE, les 30.000 Auvergnats qui s'y étaient réunis, ont une nouvelle fois pleuré : "On voudrait tant avoir ce bout de bois une fois dans notre vie à Clermont" raconte l'un d'entre eux. Pendant ce temps, place du Capitole, on s'apprêtait à passer une nuit blanche, et sans doute bien arrosée. Et Vincent Garcia dans L'EQUIPE, prédit qu'aujourd'hui vers 17 heures, "ils seront nombreux, la bouche pâteuse et une barre au milieu du front, séquelles d'une nuit agitée, à venir fêter les joueurs au balcon de la place, car depuis le temps, depuis 2001, les supporters commençaient à ne plus savoir à quoi ressemble ce fichu bouclier". Passons au football. Et donc ce soir, la finale de l'Euro 2008. ça se passera à Vienne où l'Espagne, dit toujours L'EQUIPE, "rêve de son premier sacre depuis 44 ans". C'est une affiche inédite qui promet un grand spectacle, affirme LE PARISIEN. LE PARISIEN qui nous offre un portrait croisé des deux capitaines, tandis que LE JOURNAL DU DIMANCHE s'est attaché aux deux entraîneurs. Joachim Löw, 48 ans, face à Luis Aragones, 69 ans, le grand frère contre le grand-père. Au-delà de ce match, les journaux remuent le couteau dans la plaie de l'échec français, et se penchent tous sur le sort de cette équipe nationale, sur la gravissime question de savoir s'il faut toujours continuer avec Raymond Domenech, avec, dans le supplément Sports du JOURNAL DU DIMANCHE, des propos décapants d'Eric Cantona. L'ancienne vedette de Manchester, aujourd'hui sélectionneur de l'équipe de France de Beach Soccer, se verrait bien en sélectionneur de l'équipe de France. Et il est féroce vis à vis des matchs français de Ligue 1. "C'est d'une tristesse, dit-il, on devrait l'interdire ! En fait, on devrait surtout interdire aux entraîneurs de faire pratiquer un jeu aussi frileux. Ok, nous n'avons pas les meilleurs joueurs du monde, mais je crois surtout qu'on a les entraîneurs les plus chiants du monde. Ils sont à l'image de Raymond Domenech, et ce que je vois de l'équipe de France, c'est tout ce que je déteste dans le foot. Les Bleus ayant gagné une coupe du monde en pratiquant un jeu ennuyeux, on a fini par penser qu'il était impossible de jouer autrement, mais rien ne dit qu'ils n'auraient pas gagné en pratiquant du beau football, et moi j'ai envie d'y croire." Allez, il n'y a pas que le sport dans la vie ! Il y a aussi l'Europe, que la France va présider à partir de mardi. Et dès demain soir, la Tour Eiffel s'illuminera de douze étoiles. Douze étoiles en cercle, entre le 1er et le 2ème étage de la Dame de Fer, dont l'éclairage pour l'occasion, virera au bleu, bleu comme le fond du drapeau européen. Et ce n'est pas la première fois que la Tour Eiffel endosse des habits de lumière exceptionnels. LE PARISIEN nous rappelle les 250.000 ampoules qui, en 1925, écrivaient sur toute sa hauteur, le nom "Citroën". Plus récemment, la tour est éclairée en rouge pendant une semaine en 2004, pour l'Année de la Chine. Et puis encore, en 2006, rappelez-vous cet éclairage or et vert qui saluait la coupe du monde de Rugby. Plus sérieusement, Le PARISIEN nous explique comment Sarkozy veut relancer l'Europe, avec des dossiers que depuis plusieurs mois, Paris présente à ses 26 partenaires. "Il y a du pain sur la planche", estime notre confrère, qui souligne à la fois ce qui coince : "la flambée des prix, un dossier cher au président, et la politique agricole commune, mais là Londres, traditionnellement hostile, veille toujours au grain. Et puis il y a ce qui peut aboutir : la Défense, l'Environnement, l'Immigration". En dépit du non Irlandais au traité de Lisbonne, qui est venu quelque peu bouleverser les projets français, Paris, estime LE MONDE, s'est démené pour faire mentir les soupçons d'arrogance. Et dans une Europe en doute, affirme le quotidien du soir, la présidence française suscite toutefois de fortes attentes. LE MONDE qui propose par ailleurs un supplément de huit pages, à Barack Obama, et à son destin américain. "Barack Obama, peut-on lire, qui a, quels que soient parfois le flou de son programme et ses revirements politiques, manifestement redonné vie à un rêve américain. L'élection du 4 novembre est désormais perçue par les électeurs, ainsi que par les observateurs étrangers, comme l'occasion d'un débat sur la nécessité ou non de changer radicalement la politique des Etats-Unis dans le monde. L'homme a du charisme, et le politique est rusé, poursuit le quotidien, qui propose un retour sur l'homme, ses idées, son univers, sa campagne. Avant le duel final, le 4 novembre, face au candidat républicain, John Mc Cain". Campagne sur laquelle revient également le JOURNAL DU DIMANCHE, où Gilles Delafon analyse que "s'il veut gagner la présidentielle, le sénateur démocrate de l'Illinois aura besoin de tous les électeurs démocrates. Il le sait. Or, pour l'heure, seuls 53% des supporters de Hillary Clinton se disent prêts à voter pour lui. Un progrès, certes, puisqu'ils n'étaient que 40% un mois plus tôt. Mais ce n'est pas suffisant. Après avoir mené dans les sondages, Barack Obama est maintenant à égalité avec son adversaire républicain John Mc Cain". Retour en France où c'est le "grand bazar à la télé" : c'est le titre qui barre toute la Une ce matin, du JOURNAL DU DIMANCHE. Et l'hebdomadaire vous explique ce que la réforme va changer. Il vous parle de la révolution du carrefour du soir, puisque, les tunnels de publicité disparaissant dès 20 h, les chaines publiques pourraient désormais faire débuter leurs soirées dès 20 h 35 au lieu de 20 h 50. Un horaire, nous rappelle Carlos Gomez, "qui nous renvoie à ce qui était l'usage il y a 20 ans, avant TF1 privatisé, lorsque les télévisions songeaient à faire du programme avant de faire du chiffre d'affaires". Et d'ailleurs, à ce sujet, LE MONDE nous offre les réflexions de Pascal Josèphe, un ancien de TF1, de Carat TV, de la 5 et de France Télévision. Il a presque tout connu. "Nous passons, dit-il, de l'ère des médias de masse à celle des médias de l'individu, d'une consommation passive à une consommation choisie". C'est intelligent, c'est passionnant. C'est à lire dans LE MONDE. Bonne journée.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.