Patrick Cohen : La Revue de Presse… Quand les femmes font la Une de l'actualité...Yves Decaens : La femme est le présent de l'homme, peut-être aussi son avenir comme disait le poète, en tout cas son présent comme l'écrit Francis Brochet dans Le Progrès. C'est l'actualité qui nous le dit, de Washington à Paris : Christine Lagarde, première femme à diriger le FMI. Martine Aubry, qui fut la première femme à diriger le PS, et qui est maintenant sa favorite pour la candidature présidentielle.Oui, la femme est bien le présent de l'homme, pas encore son égale dans la réalité quotidienne, c'est toujours l'éditorialiste du Progrès qui parle : « Dans la réalité, c'est toujours « papa lit et maman coud ». Il ne faut pas se tromper, l'émancipation de quelques-unes ne fait pas l'égalité de toutes... mais, ce serait un vaste sujet.Revenons aux femmes qui font l'actualité...Il y aurait donc un problème sur le Rocher ? Vous avez vu ça, c'est à la Une du Parisien Aujourd’hui-en-France, de France-Soir : « Monaco s'inquiète de cette folle rumeur lancée par le site de L’Express, à deux jours du mariage princier. Il paraît que la semaine dernière, Charlène Wittstock aurait pris ses cliques et ses claques, avant d'être rattrapée sur le tarmac de l'aéroport de Nice, par les gardes du corps d'Albert 2 qui l'aurait convaincue de revenir ! La future princesse de Monaco aurait-elle découvert un élément nouveau dans le passé d'Albert? Un troisième enfant caché ? Même Le Figaro s'interroge : « Le fait est, remarque Léna Lutaud, que depuis quelque temps on avait noté les regards absents de la belle Charlène. On est loin des regards amoureux que s'échangent Kate et le prince William, mais à Monaco c'est comme ça, on ne va pas refaire l'histoire sentimentale de la famille Rainier, ce serait trop long. « Avec Albert, commente Catherine Tardrew dans Le Parisien Aujourd’hui-en-France, la principauté semblait renaitre de ses cendres et les mauvais souvenirs s'effacer… patatras ! Manifestement, le destin n'aime pas les gens heureux ! « Le Rocher suscite tellement d'envies et de jalousies », intervient Stéphane Bern, qui ne pouvait rester coi sur ce sujet et qui se fâche : « Mais qu'on leur foute la paix ! »Cela dit, l'avocat d'Albert a très catégoriquement démenti la rumeur, à laquelle peu de Monégasques semblent croire, à l'image de celui-ci qui le dit à France-Soir : « Charlène a gagné au loto, elle n'a plus qu'à valider son ticket. Pourquoi voulez-vous qu'elle s'en aille? »Patrick Cohen : Cà c'est fait… Dans l'actualité de ce mercredi donc, deux femmes à la Une...Yves Decaens : Merci à DSK qui, à son corps défendant, a bien servi la cause des femmes. Ce que remarque Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain : « qu'en tout cas, Nicolas Sarkozy peut remercier DSK pour avoir rendu le PS à ses divisons en sortant de la course et avoir permis la nomination de Christine Lagarde. Pas belle la vie pour le président !« Lagarde prend la suite au FMI », titre malicieusement Libération. « La suite de DSK », précise Les Echos. Pour ceux qui n'auraient pas saisi : DSK/la suite...).Un quasi plébiscite pour la ministre de l'Economie dont on saura tout en lisant la presse de ce mercredi, de ses débuts difficiles en politique, sa formidable maitrise de l'anglais et des négociations internationales, l'empathie qu'elle suscite. Il paraît qu’Obama lui-même en avait fait sa ministre de l'Economie préférée. Pourquoi elle ? se demande Le Monde. Et là, on entre dans les arcanes de la diplomatie mondiale : la Chine, les pays émergents, les Etats Unis, l'Afrique. Il y aurait beaucoup de choses à raconter !Ce qu'on peut remarquer avec Vincent Giret dans Libération, c'est qu'il faut certes saluer l'habileté du camp français, mais surtout constater que quand l'Europe parle d'une seule voix, elle se donne toutes les chances de faire prévaloir ses intérêts. Christine Lagarde n'a pas gagné parce qu'elle est française (au contraire, on n'aurait pas misé un euro sur les chances de Paris après l'affaire DSK), elle a gagné parce qu'elle incarne l'union monétaire européenneen n'oubliant pas, ajoute aussi Libération, qu'elle a des casseroles sur le feu, l'affaire Tapie notamment, qui pourrait venir gâcher la fête. On verra… En attendant, entre elle et vous, Martine Aubry, il y a finalement des points communs. A lire, le portrait qu'en dresse Marie Visot dans Le Figaro. D'abord, on l'a dit, premières en tout, toutes les deux… à Bercy, au PS, au FMI. Il paraît que DSK lui aurait promis d'en faire sa ministre des Finances (une boutade qui en dit long sur la considération qu'il lui portait). Et puis, ses parents universitaires de centre-gauche recevaient à diner devinez qui ? Pierre Mendes-France et Jacques Delors… Voyez bien ! Jacques Delors qui n'est pas allé dans le Nord assister à la déclaration de candidature. C'est une règle dans la famille parait-il. C’est Ariane Chemin qui raconte dans Le Monde ce pacte des Delors qui ne mêlent pas la vie privée et la politique. Il est vrai que les relations n'ont pas toujours été simples entre le père et la fille, pas toujours d'accord, la preuve : il avait renoncé à y aller en 94. Elle y va aujourd'hui. Bon, reste à prouver qu'elle a vraiment envie, on l'a dit, ce n'était pas chez elle une vocation. Et c'est tout le problème, souligne entre autre Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro : « Elle doit se mettre maintenant dans la peau de la candidate qu'elle ne souhaitait pas être ». Ce que retient aussi Gérard Carreyrou dans France-Soir : « Avoir la rage de vaincre des Giscard, Chirac, Mitterrand, Sarkozy que n'ont pas su avoir les Barre, Balladur, Rocard, Delors ». De ce point de vue ; la déclaration de candidature est plutôt réussie, dans la forme et le fond. « Mise en scène très présidentielle note Eric Hacquemand dans Le Parisien Aujourd’hui-en-France: drapeau français, européen même, le logo du PS a disparu et le "je " que tout le monde a repéré 28 fois… « je", quand martine Aubry avait l'habitude de dire "nous". « Bon, écrit aussi Laure Bretton dans Libé, la déclaration n'échappe pas à la langue de bois du parfait candidat, mais il y a bien un lien personnel qui commence à se nouer entre Aubry et les Français. C'est un autre handicap que relèvent les confrères qui font de vous le Janus de la politique, personnalité à deux visages que résume Sophie Landrin dans Le Monde : empathique et misanthrope, hésitante et préparée, affective et brutale. On sait que « Le petit journal » de Canal+ a fait son miel des "dégagez " que vous lancez régulièrement aux journalistes. Reste l'essentiel : gagner cette primaire qui ne sera pas, comme dit Yann Marc dans Le Midi-Libre, « une balade au pays des Bisounours ».La bataille des primaires, ou plutôt la primaire des batailles, résume Erik Emptaz dans Le Canard Enchainé, avec ce titre, citation de François Hollande (citation imaginaire bien sûr) : « moi, dit-il, je suis le candidat des sans-Aubry ».Tout est dit des difficultés qui vous attendent et de cette quadrature du cercle qui consiste, pour reprendre les termes de cette lettre que vous écrit Christophe Barbier dans L'Express, qui consiste à l'emporter en évitant que le parti se cabosse et que les perdants se vengent. Avant d'être plus forte que votre adversaire, conclut Barbier à votre adresse, saurez-vous être supérieure à votre parti ?

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