récit du jour où sont morts 3 journalistes par S.Forrey, survivant. Murielle Bolle, celle qui sait. La gestion de L.Wauquiez en Auvergne Rhône Alpes. Calais, nouveau visage

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Récit tragique ce matin à la Une du Figaro

« Mossoul, 19 juin, 12H45, soudain le monde éclate… » Ce jour-là, 3 journalistes Véronique Robert, Baktiar Haddad et Stéphan Villeneuve trouvent la mort dans l’explosion d’une mine. Samuel Forrey est le seul survivant, il raconte ce jour noir au cœur de la bataille de Mossoul.

« 6H, Mossoul s’éveille, vide et silencieuse, la guerre a ses bruits, ses silences aussi ».Les 4 reporters suivent ce matin-là une troupe de choc de l’armée irakienne engagée dans l’assaut final. Ces journalistes se connaissent depuis longtemps pour certains, refaisaient le monde parfois le soir, sur les canapés miteux des maisons réquisitionnées, ils parlaient de batailles et d’amour, de l’après-Mossoul.

A 7 heures, l’attaque commence, les unes après les autres les escouades s’aventurent dans la vieille ville, moins comme des combattants à l’assaut, que comme des explorateurs à la découverte d’un monde à la renverse, étrange et dangereux. L’attaque déclenche une riposte, mortier, roquettes et tirs accablent de feu l’école où ils se sont réfugiés un instant. « Je sympathise avec stephan, Bienvenue à Mossoul, ça tangue hein ? » le cœur s’accroche, s’inquiète un peu mais tient bon…4 longues heures, le feu se calme. Les soldats irakiens ont libéré une petite zone. « D’un bond à l’autre, nous découvrons un univers dantesque décrit Sam Forrey, avancer dans ce chaos n’a jamais été si complexe et dangereux. L’explosif des voitures suicides dont se servaient les djihadistes se retrouve dans des mines artisanales qui sautent au moindre contact. Les 4 avancent pas à pas, prudemment, veulent rejoindre l’école qui leur a servi d’abri. Devant un tas de pierre, « Baktiar dit, attention Samu, c’est peut être miné… et le monde éclate

« Un mur d’air de chaleur et de débris vient à ma rencontre, me frappe m’assourdit, m’aveugle, la conscience hurle, la douleur vient. A travers la poussière et le voile de mes yeux râpés, je distingue mes camarades à terre ». Samuel Forrey arrive en 5 minutes au premier poste médical avancé. Un infirmier lui dit « calme toi, tu as trompé la mort aujourd’hui ». je pense à mes camarades, ont-ils trompé la mort, eux aussi ?.Non, Samuel Forrey sera le seul survivant, pour son frère Baktiar dit il, pour Véronique et Stéphan, il raconte ce jour noir

Ce matin également à la Une de l’actualité, un visage, et un compte-à-rebours

«Affaire Grégory, Une garde à vue décisive » titre Le Parisien/Aujourd’hui en France. Dans Libération, la photo de Muriel Bolle prise le 11 février 1985.

« D’elle, on se souvient surtout de sa chevelure roux feu, de son air juvénile et de son regard apeuré. Dans la mémoire collective racontent Timothée Boutry et Jean Michel décugis du Parisien, Murielle Bolle est restée cette adolescente fragile, 15 ans à l’époque des faits, 48 aujourd’hui, simple et influençable. Portrait de cette fille simple et fragile, mais « qui ne se laissait pas faire », disait aussi un de ses enseignants, avant-dernière d’une très grande fratrie, sa mère a eu 21 grossesses, emportée dans une calamité judiciaire qui la dépassait. C’est elle qui va désigner son beau- frère Bernard Laroche comme coupable, avant de revenir sur ses aveux. 32 ans après les obsèques de ce même Bernard Laroche tué par Jean Marie Villemin, la voilà à nouveau devant les mêmes gendarmes, l’affaire Grégory, son horizon indépassable ». « Murielle Bolle, celle qui sait » raconte Patricia Tourancheau sur le site Lesjours.fr. Récit minutieux des différentes versions de la jeune fille, ses aveux, sa rétractation après une soirée dans sa famille, « les voisins se souviennent des cris et des pleurs entendus toute la nuit, sa propre mère avouera qu’elle a tenté de se suicider. Mais à partir de là, Murielle Bolle restera emmurée dans ses dénégations, tenue par un secret de famille intrahissable » écrit Patricia Tourancheau, Murielle Bolle, celle qui sait.

Celle qui a repris hier une garde à vue entamée en novembre 1984, les gendarmes hier matin ne disposaient plus que d’un crédit de 25 heures pour atteindre la durée butoir de 48H…25 heures, pour dépasser ou pas, son « horizon indépassable », pour dénouer aussi ce que Jean Marie Montali qualifie de « traumatisme national »

Mais d’ailleurs, Hélène, pourquoi sommes-nous à ce point fascinés par ce fait divers ?

En raison sans doute de son caractère extra ordinaire, par sa durée, par le huis clos familial en cause, mais nous avons été tout aussi fascinés par Landru, Dominici, Roman ou Ligonnè., « de Cain et Abel à l’affaire Villemin, pourquoi le mal nous fascine ? » s’interroge Maire Lucile KUBACKI dans l’hebdo La vie .Certains journaux, à succès comme Nouveau Détective s’en repaissent, les émissions télé type, faites entrer l’accusé font des cartons d’audience, les écrivains y puisent matière, L’adversaire d’Emmanuel Carrère ou Laetitia ou la fin des hommes d’Ivan Jablonka. Alors pourquoi ? la réponse est romanesque et psychanalytique : « les personnages de faits divers sont paroxystiques et porteurs de tragédie, sont porteurs de leçons de vie pour nous » répond Didier Decoin, « il se joue quelque chose de l’ordre de la fascination répulsion , en participant à la passion de la tragédie, on l’exorcise » avance un psychanalyste, avec Dostoievski nous comprenons qu’un des éléments qui nous fascine, c’est le plaisir éprouvé à désigner le mal chez l’autre. Et du coup, à nous placer du côté du bien. Quand vous lirez les articles sur l’affaire Grégory ce matin, souvenez-vous en….

Dans la presse également, enquête sur la gestion d’une collectivité locale

Celle présidée par Laurent Wauquiez en l’occurrence, la région Auvergne-Rhône Alpes. Enquête de Denis Laffay à retrouver sur le site de latribune.fr, qui « vitriolise » la gestion du nouveau président de région, cette collectivité de près de 9000 agents. Incapacité à mener à bien la fusion des 2 ex régions Auvergne, et Rhône Alpes, volonté intangible de Laurent Wauquiez de faire 300 millions d’économie sur les coûts de fonctionnement sans égard et sans consultation, détestation du même Wauquiez pour tout ce qui ressemble à un corps intermédiaire qui confine à la paranoia, les syndicats parlent même de « défiance idéologique et sectaire et de chasse aux sorcières » contre tous ceux qui sont tenus pour être des suppôts de la gauche. Tout y passe :au sein même des instances représentatives des chefs d’entreprise raconte Denis Laffay, « confidentiellement « on » s’inquiète de la façon dont le président distribue désormais des aides directes aux entreprises et territoires, façon immodérée et amorale dit on d’assouvir une soif obsessionnelle du pouvoir. Si l’exécutif qu’il a mis en place est globalement épargné par les critiques, c’est bien lui Laurent Wauquiez qui semble concentrer toutes les anathèmes : clientélisme, autoritarisme, machiavélisme, narcissisme pathologique, pilotage à temps très partiel de sa collectivité, clientélisme

. Dans cette collectivité, on est surtout convaincu que Laurent Wauquiez prend la région au piège de son ambition, la conquête de l’Elysée, d’où son excessive politisation…Laurent Wauquiez a refusé l’entretien réclamé par le journaliste, dommage, car il manque clairement, sa voix, sa réponse, sa défense à une mise en cause accablante.

On termine Hélène

Juste par un conseil de lecture, qui fait suite à l’entretien de Louis Gallois avec Léa Salamé à 7H50 sur la situation à Calais. « Calais veut changer son visage » nous raconte la Croix ce matin. Le conservatoire du littoral est en train de réhabiliter une partie de l’ancienne jungle, en « lieu d’excellence écologique et paysagère », les oiseaux migrateurs déjà reviennent…le public, les scientifiques seront bientôt là aussi. Louable projet sans doute. Mais sur cette lande, « une chaussette encore entre les coquelicots, un sac à dos d’enfant à tête de panda et une sardine de tente rouillée » décrit Marine Lamoureux, les oiseaux reviennent à Calais, mais la question migratoire, celle des humains, reste entière

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