A la une des Echos, la fin de Fessenheim voisine avec les triomphes écolos. L'idée de l'écocide, reprise par la Commission citoyenne, est née dans les années 70, Mediapart. Battu par Martine Aubry, le chef de file des écologistes lillois veut encore défendre une friche au coeur de la ville, la Voix du Nord, Reporterre.

On parle d'un avion ce matin...

Qui est petit, deux places seulement et pas très rapide, 150 à l'heure, et qui ne peut pas voler plus de 50 minutes mais il est élégant avec ses lignes blanches quand il survole dans le  Parisien la vallée de Chevreuse, sans faire de bruit et sans émettre de gaz à effet de serre, et peut-être se dit-on il est notre avenir, cet avion électrique Aplha electro que produit une société slovène au joli nom, Pipistrel, peut-être sera-t-il puissant un jour tels ces écologistes humains autrefois petits et discrets sinon silencieux et dont les triomphes ce matin font les unes...

Libération se grime à sa Une de vert beaucoup et de rose un peu, le Figaro titre sur ces écologistes qui ressuscitent la gauche, et la Voix du Nord titre sur Lille qui résiste à la poussée verte, puisque la socialiste Aubry n'a pas été battue par son rival écolo , c'est dans ces trois journaux la même historie d'un camp, la gauche, qui finalement n'est pas mort et dans ce camp, une force, dont on découvre l'évidence, ces choses-là ne viennent pas en un jour, même si la jeunesse est leur apparence.

Dans la Nouvelle République, une femme de trente ans refuse  qu'on la réduise à son âge,  « Au-delà de la jeunesse, il y a des idées, une dimension citoyenne, un projet » dit Leonore Moncond'huy qui va devenir maire de Poitiers, le journal la décrit à la fois comme une sympathique aventurière qui passe ses vacances dans des sports de nature et voyage sans prendre l'avion, mais aussi comme une femme en contrôle permanent, "impatiente d'agir", dont les mots sont "vifs, fougueux" et "cassants parfois", elle est donc une force.

L'Obs et Libération qui ont du nez l'avaient vu venir ces derniers jours, cette militante que les écologistes étaient allé chercher en 2015 pour les régionales. Elle vient du scoutisme découvert à 11 ans, cela l'a marqué, elle résumait dans l'Obs  la philosophie des éclaireurs, « On arrive dans un champ, on s’y installe pendant quinze jours, et on le laisse dans l’état dans lequel on l’a trouvé. »  
 

On la voit progresser de brèves en brèves dans les archives de la Nouvelle République; en novembre dernier, un collectif citoyen la désignait tete de liste pour les municipales en dépit d'une hésitation basiste, elle était déjà conseillère régionale tout de même... Elle a donc mené cette liste d'écolos, de communistes, de membre de Génération.s, le mouvement de Benoit Hamon, qui séduisait Libération dans un article manichéen mais  prophétique: en face , il y avait un maire sortant, Alain Claeys, socialiste qui était déjà directeur de cabinet d'un maire Ps en 1977, qui sénateur avait co-signé une loi sur la fin de vie... Ce lendemain d'élection semble darwinien...

C'est un classique après coup de lire les évidences. Le Progrès publie un très bon portrait allants de Gregory Doucet, écolo triomphateur à Lyon, dont la sociologie, apparait idéale,  Doucet est de ces franciliens venus vivre à Lyon attirés par la modernité de la ville que porta Gérard Collomb dont il démantèle le système, il mange bio, travaille dans l'humanitaire, il fait du vélo, il pense que c'est le dernier mandat où l'on peut agir pour le climat, en 2019,  il participait à un décrochage de portrait d'Emmanuel Macron dans une mairie d'arrondissement, sera-t-il un jour vieux, ou décroché?  

On parle aussi d'une centrale nucléaire.

Qui cessera demain de produire de l'électricité et à la Une des Echos, Fessenheim  voisine avec l'annonce des triomphes verts, dont Strasbourg, et ce voisinage forcément voulu nous rappelle que rien n'est acquis simplement à l'écologie...  

Dans l'Opinion, le chroniqueur Eric Le Boucher dénonce "la pensée bisouverte", et ironise sur "le monde merveilleux"  qui s'annonce ou "nous serons débarrassés de la malbouffe  de la pollution des salaires de misère  et du stress permanent au travail"... Il ne s'en prend pas aux municipales mais à la Convention citoyenne pour le climat dont il fustige le simple volontarisme...

En face dans Mediapart, on s'emploie à me dire le sérieux d'une des propositions de la dite commission citoyenne qu'Emmanuel Macron reçoit aujourd'hui... le crime d'écocide, action consistant à détruire délibérément l'environnement; n'est pas une lubie populiste mais une vieille idée politique, née pendant la guerre du Vietnam quand l'Amérique déversait sur les fortes ennemis un désherbant toxique, l'agent orange. Olof palme, légendaire premier ministre suédois, porta le mot en 1972... il faut du temps.

Et on parle enfin d'une friche industrielle.

Une espace vert de 23 hectares, la fiche Saint-Sauveur qui au coeur de Lille  abrite des précaires des marginaux des rêveurs et dont au début de ce mois le journal en ligne écolo Reporterre me disait la poésie, mais cette friche est menacée de développement... Je lis dans la Voix du Nord qu'hier soir, acceptant sa défaite, le candidat écologiste battu par Martine Aubry Stéphane Baly appelait à défendre la friche... Et la politique n'est pas que des destins ce sont des combats locaux qui vous justifient.

Tiens, dans Libération sur deux pages, on me raconte un projet de train privé, qui veut ranimer une ligne oubliée, Bordeaux-Lyon, via Guéret dans la Creuse, projet écolo et doux, et émouvant, par l'engagement d'un homme, Michel Vergnier, qui est le maire sortant PS de guéret,  et qui voit dans ce train la respiration et la cohérence de sa ville oubliée... C'est émouvant disais-je parce que Michel Vergnier ne sera plus maire, et ses amis aussi ont été battus. Guéret a été prise par une novice en politique à la tête d'une liste de novices citoyens plutôt de droite modérée, ils veulent limiter les dépenses dans cette ville de gauche. La Montagne a raconté l'ascension de Marie-Françoise Fournier (62 ans) directrice territoriale à la retraite... Michel Vergnier se consolera en se disant a ranimé le train.

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