Ce matin... on commence avec une photo... Celle d'une grande cage ronde, implantée en Méditerranée, et qui sert à l'élevage des thons... Accrochés à cette cage en pleine mer... 27 hommes... des immigrants clandestins africains, qui avaient tenté la traversée de la Méditerranée, mais dont l'embarcation avait coulé... Au bout de trois jours d'attente sur cette espèce de grosse bouée... ils ont été recueillis par un patrouilleur italien et débarqués en Sicile... En fait, ces hommes avaient été pris en remorque par un navire maltais... un navire qui leur avait interdit de monter à son bord... Libération explique que les autorités de La Valette refusent systèmatiquement le débarquement des clandestins sauvés en mer... Du coup, raconte Robert, l'un de ces naufragés... "les bateaux de pêche qui s'approchaient faisaient semblant de ne pas nous voir"... Alors eux... Ont-ils fait semblant de ne pas voir les difficultés de l'A380 ?... "Crise chez Airbus : ce que savaient les dirigeants d'EADS"... C'est La Tribune qui mène l'enquête ce matin... La Tribune qui publie deux agendas parallèles, si l'on peut dire... Le premier : celui du plan de production de l'A380 revu à la baisse dès le 6 mars 2006... Le second : celui des dirigeants du groupe... avec, tout particulièrement, la vente de leurs stock-options le 7 mars... Alors délit d'initiés ou pas... des enquêtes sont en cours... Mais La Tribune explique que c'est dès l'automne 2005 qu'il y a eu des problèmes sur le gros-porteur... tout particulièrement des problèmes complexes de câblage... Pourtant, jusqu'en mai 2006, Gustav Humbert, surnommé par La Tribune "le cachotier de Hambourg", ne dit rien aux autres dirigeants européens... ou plutôt, il dit que tout va bien... Et tout va tellement bien... qu'il est le premier à vendre ses stock-options... dès novembre 2005... Troublant... La Tribune déroule donc le calendrier... et rapporte que c'est fin février 2006 que les dirigeants d'EADS se rendent enfin à l'évidence... l'A380 prend du retard... "Selon nos informations, écrit le journal... le 6 mars, le calendrier de production est révisé... le 7, un conseil d'administration se tient à Amsterdam... Officiellement, le dossier A380 n'est pas abordé... Mais le soir même, 85% des 800 dirigeants du groupe font signer leur autorisation de vendre leurs actions... Le 8 mars, EADS annonce un bénéfice record pour 2005... Le cours de l'action est au sommet... plus de 31 euros... Quelques jours plus tard, les groupes Lagardère et DaimlerChrysler décident à leur tour de se séparer d'une partie du capital qu'ils détiennent dans EADS... Ils font bien... Le feu est dans la maison... Il n'est bientôt plus possible de cacher les difficultés aux marchés financiers... Ce ne sont plus que 9 Airbus A380 qui pourront être livrés dans les temps, au lieu des 24 promis... Le 13 juin, l'action EADS tombe à moins de 19 euros"... Et du coup, on comprend encore mieux la colère des salariés... Colère de salariés... Pas seulement chez Airbus... Chez Peugeot également... L'Humanité raconte, ce matin, que cette colère fait apparaître des documents confidentiels... L'Huma qui s'est procuré du coup un rapport secret de Peugeot "organisant le dumping social"... 150 pages "strictement à usage interne", et qui imposent une politique d'achat dans les pays à bas coûts... Les cadres acheteurs doivent préférer aux fournisseurs occidentaux ceux des pays où la main d'oeuvre est plus compétitive... Et pour être compétitif, chez Peugeot... il faut que le PIB par habitant soit inférieur à 14.000 dollars... Du coup, exit cette année la Slovénie... PSA va laisser tomber ses sous-traitants dans ce pays émergent... 14.810 dollars par habitant, selon les dernières statistiques... Les Slovènes se sont enrichis trop vite, ironise amèrement L'Humanité... L'ironie du journal... L'indignation et l'inquiétude des syndicats... Ils dénoncent l'absence de développement de l'entreprise et de l'emploi... et une obsession de réduire les coûts pour simplement augmenter la rémunération des actionnaires... Cette politique, pour eux, va accélérer la casse sociale... Et pour illustrer encore ce dossier... L'Humanité est allé à la rencontre des petits patrons... "Des petits patrons étranglés"... Ils témoignent de la pression des donneurs d'ordres... "Constructeurs et équipementiers ont reporté sur les PME les difficultés de l'industrie automobile... Ils paient de plus en plus tard... Ils imposent chaque année des baisses de prix... Ils effacent toutes nos marges... Alors que, dans le même temps, ils vont faire face à une hausse des matières premières... 40% de plus, par exemple, sur l'acier"... explique l'un de ces petits patrons au bord de l'asphyxie... Autre entreprise... autres moeurs... enfin pas vraiment... On change de secteur... C'est à lire dans Les Inrockuptibles... "Comment Alain Minc a pourri Le Monde"... L'hebdomadaire revient sur l'éviction de Jean-Marie Colombani de la présidence du journal et du groupe de presse... La Société des rédacteurs du Monde ne lui a pas renouvelé sa confiance, le tenant pour largement responsable d'une ruineuse politique d'expansion... Et pour Les Inrocks, ce devrait bientôt être à Alain Minc d'être mis sur la touche... Minc est président du conseil de surveillance du Monde... En fait, dans l'hebdomadaire, c'est un entretien avec Laurent Mauduit... ancien directeur adjoint de la rédaction du Monde... auteur également d'un portrait d'Alain Minc... Il explique, Mauduit, que "Minc a importé au Monde les moeurs des grands groupes souvent marqués par de graves dérives financières... Bref, il a importé la culture du fric"... Et Mauduit révèle quelques pratiques en contradiction avec toutes les règles de procédures d'entreprises... comme ces lettres, à en-tête du Monde, signées Alain Minc, demandant à la comptable de verser une avance sur bonus de 200.000 francs à Jean-Marie Colombani, avant même la moindre délibération du conseil de surveillance sur ce sujet... L'ancien responsable de la rédaction du Monde conclut dans Les Inrocks qu'avec Alain Minc seul aux commandes, Le Monde s'expose de plus en plus au risque de ressembler à son lointain ancêtre Le Temps, qui souffrait d'une très fâcheuse réputation à cause de ses collusions avec les milieux politiques et financiers... Alors, si tout se tient... après la finance, jetons donc un oeil sur la politique... "Les législatives et leurs enjeux", titre Le Monde... qui explique en Une que même si aucun des deux n'est candidat aux élections législatives, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont de retour sur la scène électorale... Confirmation dans Le Républicain Lorrain... "Sarkozy et Royal redescendent dans l'arène électorale"... Alors commençons avec la gauche... "Royal et les éléphants du PS jouent l'union en meeting", titre Le Figaro... Libération appelle ça "le bal des ambitieux"... et explique... "Delanoë, Fabius, Hollande, Royal, Strauss-Kahn... Les ténors socialistes participent ce soir au meeting du Zénith de Paris... non sans arrière-pensées"... Et dans son éditorial, Laurent Joffrin fait le rêve de faire taire les querelles de courants antédiluviennes, dont on ne sait même plus vraiment sur quoi ils reposent... Entre Royal et DSK par exemple, quelle est la réelle différence ?... Quelle distinction programmatique entre Fabius et Emmanuelli ?... Pour l'éditorialiste de Libération, il faudrait clarifier les positions... quitte à dégager, dans la douleur, une majorité et une minorité... C'est ce que demandent les militants, croit savoir Joffrin... Et d'ailleurs, Libération est allé à la rencontre des militants et sympathisants socialistes... Discussion par exemple avec Jean-Luc, dans le Pas-de-Calais... Jean-Luc, il ne se fait guère d'illusions... La vague bleue, il la voit arriver comme un raz-de-marée... Et il se l'explique très bien d'ailleurs... "On dirait qu'aux sorties d'usine, on a peur d'aller vers les gens... Ceux de l'UMP organisent des rencontres dans les cafés... Avant, c'était la gauche qui faisait ça... La classe ouvrière est en train de se faire avoir par un Président qui fait du jogging"... Alors il ne fait pas que ça, du jogging, le Président... "Le Président de la République interviendra ce soir au Havre, lors d'une réunion publique de l'UMP", note Le Figaro... qui titre : "L'Elysée dans la campagne des législatives"... "On pourrait s'étonner de cette démarche... car le Président de la République est celui de tous les Français... Mais, analyse Gilles Dauxerre dans La Provence, cette attitude rompt avec l'hypocrisie antérieure... Et elle est aussi la conséquence du quinquennat et de la présidentialisation du régime"... En même temps... à hypocrite, hypocrite et demi... dénonce Michel Noblecourt dans Le Midi Libre... Parce que c'est bien "hypocritement que l'UMP affiche un meeting républicain ce soir au Havre, et non un meeting de l'UMP... Pourtant, poursuit l'éditorialiste, ce n'est pas en Président de la République que Monsieur Sarkozy va s'exprimer, mais bien en chef de parti"... Et Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi, s'interroge... "N'est-il pas quelque peu contradictoire, quand on prône l'ouverture, de payer de sa personne, alors que ce n'est pas nécessaire, pour donner le coup de grâce à l'opposition ?"... "Cet après-midi, le Président est chez nous"... C'est Paris-Normandie qui affiche ainsi ce matin sa fierté... Pour le journal haut-normand, c'est "la campagne de Normandie pour Nicolas Sarkozy"... Alors, dans ces pages, vous saurez tout des derniers préparatifs avant le déplacement présidentiel... Ce qui est sûr, c'est qu'il y aura du monde... Il faut dire qu'en ce moment, en France, c'est "la lune de miel de Sarkozy"... "Sarko's Honeymoon", titre le Financial Times... Un commentaire à rapprocher de l'enquête sur la Sarkomania, à lire dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Le journal liste les signes de l'engouement pro-Sarkozy... Les magazines qui l'ont mis en couverture après sa victoire ont battu des records de vente... Le Point a ainsi réalisé sa deuxième meilleure vente en kiosque de son histoire... La biographie du Président est en tête du classement des meilleures ventes de livres... tout comme l'ouvrage écrit par le candidat Sarkozy, publié début avril... Et la Sarkomania fait également des ravages chez ses adversaires... Ainsi, ce haut responsable du PC, qui témoigne, contrit... "Dans mes interventions, je suis obligé de remobiliser les communistes fascinés par Sarkozy"...

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