Palme d'or pour "The Square" : on adore ou on déteste. Poutine à Versailles, Macron va-t-il obtenir des résultats ? La revue de presse d'Hélène Jouan

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par Cannes et sa palme d’or

A quoi servirait la Palme d’or à Cannes, si on ne s’étripait pas dessus ?! Ce matin, la presse s’en donne à cœur joie.

En défense, le Figaro qui affiche la photo du réalisateur suédois sautillant à l’obtention du sacre et titre «Eureka, en couronnant _The Square,_ cette satire brillante du politiquement correct, la 70ème édition du festival de Cannes s’offre un sacré coup de jeune ». Le critique Eric Neuhoff s’enflamme « tout arrive se réjouit-il. Voici un vrai film de droite, dans le bon sens du terme, d’un profond pessimisme, d’une drôlerie ravageuse. Il faut rire de l’art contemporain, ridiculiser le snobisme intellectuel, quel salubre courant d’air. » Et Neuhoff de saluer le président du jury d'Almodovar, qui s’en est tiré comme un chef, « l’Espagnol n’appartient pas à cette catégorie de confrères jaloux de metteurs en scène qui ont plus de talent qu’eux. C’est un vrai Macron, écrit-il, il élargit le champ ». Almodovar égal Macron égal formidable, le tout dans le Figaro, on aura tout vu, tout lu !

Contrepoint à lire cette fois dans Libération sous la plume de Julien Gester, qui dénonce la « farce lourdingue » de Ruben Ostlund. « The Square consiste en une longue série de tableaux au comique verglacé, c’est le rêve fait film des pourfendeurs droitiers de la bien-pensance. 2H20 pour conduire son personnage au fin fond de la benne, non sans égrener toutes les railleries usées sur l’art contemporain, avec une abominable apothéose, la fameuse scène du dîner où un artiste mime un gorille » Sur le site de l’Obs, Nicolas Schaller en rajoute sur cette satire convenue de l’art contemporain : un sketch des inconnus en dit plus sur le sujet en 5 minutes, et avec humour, lui. »

Adorez ou détestez, voilà à quoi nous enjoint la presse ce matin, et c’est formidable car elle nous donne juste l’envie d’aller voir le film, et de nous faire un avis !

Autre polémique dans la presse ce matin, la tenue du festival Nyansapo à Paris

Ce festival prévu fin juillet à Paris, se présente sur son site comme un festival « afro féministe militant », organisé en 4 espaces dont 3 non mixtes, réservés au « femmes noires »ou « femmes dites racisées ». La première édition de ce festival nous raconte le site du Monde, devait se dérouler dans un local situé dans le 11ème arrondissement à Paris, appartenant à la ville de Paris.

Même si Frantz Durupt dans Libération précise ce matin que ces ateliers non mixtes devaient se tenir dans un lieu privé selon le festival, et non dans l’espace public demandé à la mairie de Paris, ce qu’Anne Hidalgo aurait ignoré. Reste qu’hier via twitter, la maire de Paris annonçait qu’elle demandait l’interdiction du festival. Une prise de position intervenue après que le FN avait lui-même dénoncé un « festival interdit aux blancs », et que la Licra s’était alarmé de cet événement « terrifiant et désespérant où des gens qui se sentent victimes de discriminations ou de racisme ne trouvent pas d’autre issue que l’entre-soi », déplorant que le « combat anti-raciste soit devenu l’alibi d’un repli identitaire ».

La polémique a enflé toute la journée hier sur les réseaux sociaux entre défenseurs et contempteurs de l’initiative, elle rappelle évidemment celle de l’été dernier autour du camp « décolonial » organisé à Reims, réservé déjà « aux non blancs », elle rappelle les discussions réservées exclusivement aux femmes lors de Nuit debout. Une forme de militantisme qui n’est certes pas nouvelle, elle a été un outil des luttes d’émancipation dans les années 60 par le mouvement noir pour les droits civiques aux états-unis, « mais difficile à admettre conclut néanmoins Laurent Martinet dans un article qu’il consacre au sujet sur le site de l’express, « difficile à admettre dans une France où l’égalité des citoyens quels que soient leur sexe ou leur couleur de peau, est un principe républicain. Même si son application laisse à désirer. »

La rencontre Macron/Poutine également à la Une de la presse ce matin

Réception à Versailles à l’occasion d’une exposition célébrant la rencontre en 1717 entre Pierre Le Grand et Louis XV, si vous avez quelques lacunes sur le sujet, c’est le moment de lire la presse ce matin : reproduit dans Libération, le tableau de Gorsky illustrant cette rencontre entre le tsar et le roi de France alors âgé de 7 ans, qui augura des relations diplomatiques entre la Russie et la France. Et tout le monde de se demander si le symbole choisi par Emmanuel Macron, l’or monarchique de la France et la grandeur de la Russie, suffira pour normaliser les relations franco russes, avec beaucoup de sujets de divergences sur la table, de l’Ukraine à la Syrie bien sûr.

La presse française dithyrambique après les premiers pas du président français sur la scène internationale, se demande ce matin comment il va s’en sortir avec Vladimir Poutine.Laurent Marchand dans Ouest France pose les questions « Reste le plus dur écrit-il pour Emmanuel Macron, les résultats. Va-t-il, réellement, donner une impulsion à l'Europe ? Sauver l'accord climat ? Ramener le dialogue avec Moscou sur un rail plus pacifique ? Contribuer à re-tricoter un système multilatéral efficace, comme il le dit lui- même ? Le choix symbolique de Versailles pour renouer avec Poutine lui plaît certainement. Mais sa grammaire institutionnelle doit aussi lui rappeler que, sans substance, les symboles s'usent. Ils redeviennent simple communication."

Dans Libération, Bassa Kodmani, membre de la délégation de l’opposition syrienne pour les négociations de paix lance un appel au président français. « Ne soyez pas dupe lui dit elle en substance, Vladimir Poutine va tenter de faire de cette visite en grand pompe à Versailles, un triomphe (justement) de communication pour ses propres media. Mais quand vous serez en tête à tête avec lui, souvenez-vous d’Alep, n’oubliez pas qu’à coup de vetos, Moscou sape au conseil de sécurité tous les efforts diplomatiques susceptibles d’améliorer le sort des civils, souvenez- vous de la stratégie de guerre totale menée par le régime syrien et son allié russe. »

Des résultats donc. On termine Hélène, en bref

Nouveau témoignage dans l’affaire immobilière qui poursuit le ministre Richard Ferrand. Dans le Parisien/Aujourd’hui en France, l’avocat à l’origine de l’opération qui a abouti au bail signé entre une SCI appartenant à la compagne de Richard ferrand et les Mutuelles de Bretagne qu’il dirigeait, explique que c’est bien lui, Richard Ferrand qui a signé de sa main le compromis de vente. Avant que la sci se substitue à lui pour la vente. Alain Castel accuse « J’ai tout de suite compris la manœuvre, et cela m’avait choqué à l’époque, Richard Ferrand allait louer l’immeuble à la mutuelle et il allait s’enrichir » même s’il convient que « cela arrangeait tout le monde à l’époque à commencer par mon client ». Richard Ferrand, nie dans le même journal « tout conflit d’intérêt. « Je ne suis ni marié, ni pacsé avec ma compagne, nous n’avons pas de patrimoine commun» se défend il. Je vous rappelle que le parquet national financier comme le parquet de Brest ont refusé d’ouvrir une enquête

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