"Emeute au terminal de l'Eurostar"... Vues de Londres, c'est comme ça que sont décrites les violences de mardi soir, gare du Nord... "Emeute au terminal de l'Eurostar"... C'est pour The Independent... Et The Times explique à ses lecteurs que "Paris craint de nouvelles émeutes"... Le journal rappelle qu'à l'automne 2005, les affrontements avaient duré 20 nuits... Le regard anglais donc... De ce côté-ci de la Manche, le sujet fait la Une de tous les journaux... Mais ce ne sont pas tant les violences gare du Nord que les réactions politiques qu'elles ont suscitées qui s'affichent... "Les émeutes réveillent le clivage entre la droite et la gauche", titre ainsi Le Figaro... "La polémique oppose Sarkozy et Royal sur le thème de la sécurité", note le journal... qui résume : "Sarkozy a dénoncé des événements inadmissibles... Il se veut le candidat des gens honnêtes... Royal accuse Sarkozy, et se défend de tout laxisme"... Et là, tout le monde n'est pas d'accord... "Les violences à la gare du Nord sont certes traumatisantes, écrit Patrick Fluckiger dans L'Alsace... Mais la violence de la polémique gauche-droite qui a suivi est encore plus inquiétante... Se précipiter sur ce fait-divers dans un but électoraliste est irresponsable"... L'éditorialiste poursuit... "Ces événements puisent leurs racines dans nombre de dossiers explosifs : l'immigration, les banlieues, la jeunesse... On savait, depuis les émeutes de l'automne 2005, que la moindre étincelle peut faire détonner le mélange... Visiblement, la classe politique préfère se renvoyer la bombe à retardement plutôt que de s'attacher à la désamorcer... Ce n'est pas d'une crise de confiance entre la police et la jeunesse dont souffre la France, conclut Fluckiger... c'est de la perte des repères républicains par une grande partie de la classe politique"... Et en quelque sorte... bonjour la claque pour tous ceux qui voulaient faire de la politique autrement !... "Une étincelle et les vieux réflexes reviennent", écrit Jacques Guyon dans La Charente Libre... "Ces événements réveillent les réflexes quasi pavloviens de nos "nouveaux" politiques... nouveaux, entre guillemets... qui n'hésitent pas à retomber, avec une allégresse gourmande et dérisoire, dans leurs travers idéologiques"... Et pourtant, on peut bien renvoyer tout le monde dos à dos... C'est ce qu'explique Gilles Dauxerre dans La Provence... "En caricaturant, la politique de la carotte menée par la gauche et celle du bâton utilisée par la droite ont conduit à cette situation alarmante et indigne... Il est urgent de trouver un équilibre efficace entre la prévention et la répression... Et surtout, de s'attaquer aux racines du mal"... "Et si on passait aux choses sérieuses"... Dans L'Eclair, Philippe Reinhard déplore "ces candidats qui inventent de faux débats plutôt que d'apporter des réponses aux vraies questions"... Alors reste tout de même une question... Vous la lirez dans l'éditorial de Nord Eclair, et en Une de L'Humanité... "Comment est-on passé d'un simple contrôle à une bataille rangée ?"... "Pourquoi tout a dégénéré"... C'est dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Le journal raconte... un contrôle de ticket musclé... un voyageur qui bouscule un agent de la RATP... des gendarmes en patrouille qui interviennent... une foule, d'abord indignée, qui s'énerve... et les casseurs qui prennent le relais... Et là encore, pour certains de vos journaux... cet engrenage est politique... Pour Libération par exemple... c'est "Retour de bâton" pour Nicolas Sarkozy... Sarkozy, "l'homme du passif sécuritaire", pour le journal... Et Libé explique que les violences gare du Nord, eh bien, c'est "la voix d'une France à cran... Il y a une exaspération par rapport à une présence policière de plus en plus forte, et qui n'apparaît pas comme étant destinée à nous protéger... Le président de la Ligue des droits de l'homme affirme que "le climat est très réactif... que les gens en ont ras-le-bol de l'état d'esprit "kärcher et racaille"... Et même chez les policiers, le malaise croît, explique Libération... qui a rencontré Patricia... Elle est officier de police judiciaire dans un commissariat du centre de Paris... Selon elle, "les choses ont changé depuis octobre... C'est à ce moment-là que le procureur de la République de Paris a délivré des réquisitions de vérification d'identité en rafale... Ces réquisitions visent, dans un périmètre donné, tous les délits possibles et imaginables"... Mais selon Patricia, "elles sont clairement destinées à faire du chiffre en matière de lutte contre les sans-papiers... Et il y a un vrai ras-le-bol dans le service, raconte la jeune femme... "un ras-le-bol des policiers qui procèdent aux interpellations... C'est humain, dit-elle : ils arrêtent des pères de famille tranquilles, en train de faire leurs courses... Il y a aussi un ras-le-bol de la police judiciaire... On croule sous les dossiers de sans-papiers, alors qu'on préfèrerait se concentrer sur les vols ou les violences de multirécidivistes... Tout ça est complètement hypocrite"... Dans La Croix, les propos du chercheur Sébastian Roché font écho à ceux de la policière... "La perception de la police se dégrade, dit-il... Il faut que la police prenne en compte les demandes des gens et y consacre du temps, plutôt que de faire du chiffre à coups d'interpellations... Le problème, analyse encore le chercheur, c'est que les occasions de contacts positifs avec la police se raréfient... Pour restaurer la confiance entre les policiers et la population, il faut un retour à la proximité"... Alors puisque nous sommes en campagne électorale... eh bien France Soir s'est penché sur les programmes des candidats en matière de sécurité... La tolérance zéro, chez Nicolas Sarkozy... La prévention et l'encadrement, chez Ségolène Royal... Un Etat de proximité, pour François Bayrou... La création d'une Garde nationale formée de volontaires... Ca, c'est dans le programme de Jean-Marie Le Pen... Philippe de Villiers promet des sanctions fermes... Marie-George Buffet veut la fin de l'engrenage sécuritaire, source de violences, selon elle... Et dans le même ordre d'esprit, Dominique Voynet entend limiter les contrôles d'identité... Côté programmes, plus largement... Ce matin, c'est celui de Nicolas Sarkozy que vous pouvez lire en détail... Dans La Tribune d'abord... puisque le quotidien économique s'est procuré un document de 16 pages intitulé "Mon projet : Ensemble tout devient possible"... un texte où le candidat de l'UMP détaille ses engagements... avec un objectif phare : le plein-emploi en 5 ans... Alors le plein-emploi, ça veut dire... précise La Tribune... un taux de chômage inférieur à 5%... La Tribune qui note également que certains points... dont on avait beaucoup parlé... ont disparu dans ce texte... C'est le cas de la réduction des prélèvements obligatoires... du fameux bouclier fiscal... et aussi de la franchise sur les dépenses de santé... Le programme de Nicolas Sarkozy dans La Tribune donc... mais aussi dans L'Express... Là, c'est le candidat qui se confie... "Quel Président je serai"... Et il explique... "Dès la première semaine, je me rendrai à Berlin et à Bruxelles, pour tenter de débloquer la situation européenne... J'irai également très vite en Afrique, pour poser les bases d'une nouvelle politique de l'immigration... L'immigration, ce sera d'ailleurs... explique toujours Nicolas Sarkozy... le premier dossier de la session extraordinaire du Parlement... avec, entre autres, la modification des conditions du regroupement familial... L'interview complète dans L'Express fait 5 pages... Et à côté, comme en commentaire, le constat de la rédaction de L'Express... "Nicolas Sarkozy a toujours un problème pour se faire aimer"... C'est en fait un sondage BVA... La question, c'est : "Vous, personnellement, souhaitez-vous la victoire de... ?"... 48% des sondés disent ne pas vouloir la victoire de Ségolène Royal... 53% disent non à Nicolas Sarkozy... Et c'est là tout le paradoxe, note L'Express... "Pour l'instant, le désormais ex-ministre de l'Intérieur est le meilleur dans la course électorale... le meilleur dans les épreuves techniques... Le feu roulant des questions à la télé... la maîtrise des meetings... Il est le meilleur en matière d'autorité sur ses troupes... Il est le meilleur dans les sondages... Bref, c'est le meilleur de la compétition... Sauf que justement, poursuit l'hebdomadaire... Ce n'est pas une compétition, c'est une élection... Et une élection, eh bien c'est le choix du coeur... autant, sinon plus que celui de la raison... C'est une alchimie, et non pas un calcul"... Pour finir... un truc pas rationnel du tout... Un article à lire dans Libération... et qui s'intitule : "Si je croise un chauve, c'est un bon présage"... En fait, Libé se penche sur ces petits rituels de pensée magique... ces petites obsessions personnelles... ces superstitions qui ne riment à rien... Qui ne s'est jamais obstiné à ne surtout pas marcher sur les lignes des dalles du trottoir ?... Qui ne s'est jamais dit avant un entretien : "Si je croise X bus avant d'arriver au boulot, ça va marcher" ?... Alors un psychiatre rassure... "99% des gens ont ce type de pensée... Bref, c'est parfaitement normal... Ca ne devient pathologique que si ça occupe plus d'une heure dans la journée"...

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