(Nicolas Demorand : "Irak, Afghanistan : de tout petits signes de changement")... (Extrait sonore) Le premier signe, vous l'entendez : c'est de la musique. Ce que vous écoutez là, c'est du rock afghan. Le groupe s'appelle Kabul Dreams. Son histoire est racontée aujourd'hui dans Le Figaro. Elle montre à quel point il est difficile de sortir des conservatismes en Afghanistan. Kabul Dreams, c'est un chanteur, un bassiste et un batteur : un Pachtoune, un Tadjik et un Ouzbek. En soi déjà, c'est une révolution. Ils chantent en anglais, autre révolution. Dans l'artère commerçante de Kaboul, où les rockeurs afghans ont installé leur studio entre une boutique de vêtements et un magasin de téléphones portables, ambiance étrange : avec les voisins, d'ancien Kabouliens enturbannés, à la barbe grise, on se salue. Mais, comme l'écrit Patrick Saint-Paul dans Le Figaro, les relations de bon voisinage ne tiennent qu'à un fil. Dans une société arc-boutée sur ses valeurs traditionnelles, offrir à la jeunesse de Kaboul son rêve de rock-and-roll est une gageure. Quand ils sont arrivés au pouvoir, l'un des premiers gestes des talibans avait été d'interdire la musique. Alors, pour l'instant, le succès des Kabul Dreams est encore embryonnaire : public d'expatriés essentiellement. Dès que le climat est un peu tendu, plus personne ne va les accueillir pour un concert. Mais le mois prochain, ils commenceront à être diffusés sur Radio Kaboul. Pour Siddique Ahmad, le bassiste, "il faudra plusieurs générations pour que l'Afghanistan change pour de bon. Les Afghans, dit-il, doivent modifier totalement leur façon de penser pour entrer dans le monde moderne". Alors au passage, évidemment, cette histoire n'est qu'un tout petit exemple. Ce n'est pas parce que l'Afghanistan parlera anglais et jouera du rock qu'il sera sauvé. Loin de là, et peut-être même au contraire. C'est même l'un des défis de l'armée américaine : comprendre enfin vraiment le contexte local. Dans la série "c'est pas gagné", la description de la base américaine de Kandahar, sur Slate.fr... Un Burger-King, un Pizza Hut, un magasin de lunettes de soleil Oakley, une patinoire de hockey, on en passe... Mais ça va changer : le patron des GIs dans le pays vient d'ordonner la fermeture de plusieurs fast-food : il faut faire de la place pour les 30000 soldats envoyés en renfort par Obama. Après la réforme du système de santé, Obama va-t-il faire des miracles en Afghanistan ? Rien n'est moins sûr. En tout cas, depuis une semaine, le Président américain a retrouvé un leadership. C'est un article du Parisien, ce matin. En photo : Obama, blouson de cuir, face aux boys en Afghanistan hier. Visite-surprise. Première fois qu'il est dans le pays depuis son élection. Ce voyage-éclair, écrit Le Parisien-Aujourd'hui, a conclu une semaine faste, marquée par la réforme de la santé, mais aussi par un nouveau traité de réduction des armes nucléaires avec la Russie. (ND : "C'est donc un Obama 'good vibrations' que va rencontrer un Nicolas Sarkozy plus en difficulté")... Cela dit, ils ont un point commun : leur popularité, depuis leur élection, a pris de sacrés coups. Obama est à 45%... Sarkozy, autour de 35. Ils ne se voient que demain, mais déjà beaucoup d'articles sont consacrés aux relations entre ces deux hommes qui continuent de fasciner la presse... "Obama-Sarkozy : relation sans affect", titre La Croix. "Relation inachevée", pour Le Figaro. Dans La Croix, Solenn de Royer rappelle ce que tout le monde avait remarqué lors du dernier passage de l'Américain en France en juin dernier. C'était le 65ème anniversaire du Débarquement : cérémonie à Colleville-sur-Mer. Pas un signe de complicité entre les deux. Obama avait même décliné une invitation à dîner, préférant un bistrot parisien à la cantoche de l'Elysée. Pour effacer ce petit camouflet, les Sarkozy seront reçus dans les appartements privés de Michelle et Barack, demain à la Maison Blanche. Aucun autre chef d'Etat n'a jusque-là bénéficié de cette douceur. Des deux côtés du pouvoir, à la Maison Blanche comme à l'Elysée, on assure que les relations sont bonnes. N'empêche, ces mêmes diplomates expliquent que l'un des objectifs de la rencontre sera de démontrer la bonne santé du couple. Car les différences de caractère et de méthode sont nettes. Obama est aussi réservé que Sarkozy est affectif, peut-on lire dans Le Figaro. C'est un lent et un cérébral. Le Français, au contraire, est en sur-régime. Pour se rassurer, le chef de l'Etat pourra aller jeter un oeil sur les murs de la Chambre des Représentants, à Washington. Seuls deux portraits y ont droit de cité : George Washington (le père de la nation américaine) mais aussi un Français : Lafayette, of course. (ND : "Nicolas Sarkozy en difficulté en France, vous le disiez. A deux ans de la Présidentielle, la gauche peut-elle rêver ?") En tout cas, il y a un désir de gauche, à en croire Libération... Le quotidien a commandé un sondage à l'institut ViaVoice. "Estimez-vous qu'elle pourrait gagner la Présidentielle si elle avait lieu aujourd'hui ?". Réponse : oui, et dans des proportions importantes (59%). "L'opinion croit en la gauche : c'est l'enseignement principal du sondage", selon Laurent Joffrin dans l'édito. "Mais la gauche croit-elle en elle-même ? Rien n'est moins sûr, car son projet est dans les limbes". Alors, "après la victoire, quelle gauche ?", se demande L'Humanité ce matin. Les partis de l'opposition étaient tous réunis ce week-end. L'Huma interroge Jérôme Fourquet, d'un autre institut de sondage : l'IFOP. "En ce qui concerne le PS, selon lui, il y a deux enjeux : éviter la guerre des chefs et se forger un programme". Et pour Jérôme Fourquet, l'une des premières échéances, ce sera le dossier des retraites. "Le PS sera-t-il seulement dans l'opposition à Sarkozy ou capable de formuler des propositions originales ? Ce sera un exemple déterminant". (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") Pas mal de choses. Il faut que vous m'aidiez. (ND : "Alors on commence par le site Médiapart")... Eh bien, selon les informations de Médiapart, la privatisation de la Régie Publicité de France Télévisions pourrait tourner court. La direction de France Télés serait parvenue à la conclusion qu'elle pose un problème éthique : le repreneur désigné, Stéphane Courbit, est aussi producteur d'émissions sur France 2. D'ailleurs, pour Médiapart, les conflits d'intérêts sont très nombreux dans cette affaire. Alain Minc, par exemple, est à la fois conseiller de Nicolas Sarkozy (c'est lui qui lui aurait soufflé l'idée de la suppression de la pub sur France Télévisions), mais il est aussi le conseiller de Stéphane Courbit, et même intéressé financièrement à la prospérité de sa holding, puisqu'il a reçu un plan d'actions gratuites. (ND : "A la rubrique 'économie' maintenant")... La Poste va se lancer dans les prêts à la consommation, nous apprend Le Parisien... A partir du 1er avril, La Banque Postale vendra des crédits. A l'heure où le surendettement des ménages fait régulièrement la Une, elle se placera sur le terrain du crédit responsable. C'est en tout cas ce que promet La Banque Postale, qui annonce également des taux d'intérêts très bas. Du nouveau sur le marché de l'immobilier, selon Les Echos... Pour stimuler les achats, Nicolas Sarkozy avait inventé le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt. Ca ne marche pas. Bercy pourrait choisir de transformer le dispositif : on passerait à des aides directes à l'achat de biens immobiliers. L'objectif étant d'accroître la part de ménages modestes parmi les propriétaires. (ND : "Et pour finir, une tribune dans Libération")... "Mieux vaut l'excès de caricature à l'excès de censure", avait dit Nicolas Sarkozy à l'époque de la polémique sur les caricatures de Mahomet. Son ministre Eric Besson est-il sur la même ligne ? En tout cas, une semaine après la chronique de Stéphane Guillon le comparant à "une taupe du FN, des yeux de fouine et un menton fuyant", le ministre n'a toujours pas digéré. Il n'a pas digéré non plus une précédente chronique de Guillon sur son soi-disant "mariage gris". Tribune au lance-flamme... Il parle "des propos de facho" de Guillon, présenté comme "un acteur raté". Le chroniqueur de France Inter est traité de "raciste" et de "pleutre". A ma connaissance, c'est la première fois qu'un ministre en exercice déverse une telle encre sur un humoriste. Avant Guillon, Pierre Desproges a fait les belles heures de France Inter. Dans la série "excès de caricatures", il n'était pas mal. Il s'en prenait aussi au physique : les oreilles de Peyrefitte, l'oeil manquant de Le Pen... A propos de votre invité de vendredi, Nicolas, il disait : "L'avocat le plus bas d'Inter"... Et puis Jacques Séguéla, qui était de gauche à l'époque, s'était fait traiter de "con" dans "Le tribunal des flagrants délires". Souvenez-vous... "De deux choses l'une : ou Jacques Séguéla est un con, et ça m'étonnerait tout de même un peu ; ou Jacques Séguéla n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup"... Desproges, qui est encensé aujourd'hui, pourrait-il se livrer à de tels excès de caricature ? On finit par se poser la question... Etonnant, non ? Bonne journée...

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