(Patrick Cohen) Dans la presse aujourd'hui : au cœur de la bataille... (Bruno Duvic) Egalité entre les sexes au travail : si une femme seule mène la bataille, elle ne s'en sortira pas. Si elles sont plus d'un million, ça change la donne. C'est l'enjeu d'une audience à partir d'aujourd'hui devant la cour suprême des Etats Unis. Les Echos parlent du "Procès du siècle". La Tribune d' « Une class action géante ». En Amérique existent les class action, les actions judiciaires collectives. Aujourd'hui la cour suprême doit dire si le combat des salariés de Wal Mart, n°1 mondial de la grande distribution aux Etats Unis est légitime. Elles veulent poursuivre leur entreprise pour discrimination. Des dizaines de milliards de dollars sont en jeu. C'est une action au long cours, elle a commencé il y a 10 ans. A partir d'aujourd'hui, la cour ne statue pas sur le fond du dossier mais sur le bien fondé ou non de la poursuite. En France aussi, il y a du travail, même dans l'éducation nationale. Libération publie ce matin l'extrait d'une lettre. C'est une femme qui l'a écrite. Elle est inspectrice pédagogique régionale. Elle s'adresse à une autre femme, enseignante à Limoges et qui s'étonnait de ne pas avoir été informée qu'un poste de prof d'histoire en khâgne était à pourvoir. "Chère collègue, ce n'est pas un oubli de ma part. Ce poste demande une énorme charge de travail, très peu compatible avec le métier de mère de famille. Je ne l'ai donc signalé qu'à des collègues hommes ou des collègues "femmes" sans enfant". Devant l'émotion suscitée par cette lettre, l'inspectrice aurait fait machine arrière. Contactée par Libération, sa supérieure hiérarchique n'a pas donné suite. (Patrick Cohen) Au Japon, le cœur de la bataille, c'est Fukushima... (Bruno Duvic) La cœur de la centrale nucléaire. Dans Paris Match que vous trouverez demain en kiosques, photos à l'intérieur de la centrale. Décor de cauchemar où dominent la fumée et la vapeur, écrit Raphaëlle Leyris. La salle de contrôle du réacteur numéro 2, le réacteur 4 et le bras articulé rouge qui sert à arroser les installations, les liquidateurs qui mesurent les taux de radiation. Toutes ces images sont floues, enfumées et grises. Quant aux liquidateurs, on parle de 50 hommes, mais ils sont désormais plusieurs centaines à se relayer. Jeudi dernier, 2 ont eu la peau brulée après avoir été en contact avec de l'eau contaminée. Leurs bottes en caoutchouc n'étaient pas assez hautes. Et ces héros, on les cache. Toujours dans Match, photo saisissante de ces salariés blessés que l'on évacue en les masquant derrière une grande bâche bleue. Ce matin, les nouvelles dans la presse ne sont pas rassurantes. Exemple, ce titre de Ouest France : « Fukushima crache sa radioactivité, le Japon demande de l'aide. » (Patrick Cohen) En Libye, le cœur de la bataille, c'est la route entre Benghazi et Tripoli (Bruno Duvic) Ruban de bitume qui file dans le désert entre lignes à haute tension, raffineries et dromadaires. C'est le fil conducteur de l'étrange guerre du désert que se livrent Kadhafi et les insurgés, écrit Adrien Jaulmes dans le Figaro Etrange en effet. On longe des raffineries et des stations services mais on manque d'essence. Les cuves sont pleines mais les pompes sont privées d'électricité. Alors on se sert comme dans un puis avec des bouteilles d'eau minérale découpées en récipient et fixées au bout de longues perches. Autre image de cette drôle de guerre où règne la confusion : elle est dans le reportage Rémy Ourdan, sur la même route dans Le Monde. Scène incroyable. Nous sommes au check point de Nofiliya, pas très loin de Syrte. Il est tenu par les insurgés. 4 hommes en voiture arrivent. « -D'où venez vous ? - DeTripoli. Nous participons à la marche de Kadhafi pour libérer Benghazi des terrorsites. » Ce sont des fidèles de Kadhafi qui pensent d'adresser à des alliés. « Parmi les insurgés, c'est la stupeur, écrit Rémy Ourdan. L'un éclate de rire, un autre de rage. » On décide de laisser la vie sauve aux 4 égarés. Quand ils comprennent ce qui se passe, « ils montent en voiture. Tremblant de peur, oubliant que le demi-tour existe, ils filent en marche arrière, à toute allure, moteur grinçant. » En faisant la guerre à Kadhafi, la coalition internationale veut-elle mettre la main sur son pétrole ? C'est ce que croit l'Humanité. L'envoyé spécial du journal relève l'implication de la chaine qatarie Al Jazira, clairement engagée contre le gouvernement libyen. Le Qatar a été récompensé, écrit Pierre Barbancey. C'est la « Qatar petroleum » qui est chargée de la commercialisation du brut dans les zones tenues par les rebelles. La Libye et la Syrie... Les affrontements de dimanche auraient fait des dizaines de mort écrit le Monde. La Syrie, pour Laure Mandeville dans le Figaro, c'est la clé du printemps arabe. Elle peut soit ouvrir le verrou, soit le fermer à double tour. Et les Américains paraissent inquiets et embarrassés au fur et à mesure que le mouvement de protestation syrien prend de l'ampleur. Et pendant ce temps, la Tunisie découvre la démocratie et tous ses avatars. La Croix nous apprend qu'un premier sondage, notamment sur la popularité du gouvernement tunisien a été rendu public hier... (Patrick Cohen) Bataille aussi au coeur de l'UMP… (Bruno Duvic) Toutes proportions gardées évidemment, c'est une image, l'UMP c'est un peu Fukushima ! « De larges brèches s'ouvrent dans le bâtiment. Ca tangue, ça se désintègre, ça fuit. La radioactivité gagne Jean François Copé dont les émanations atteignent de plein fouet François Fillon. Jusqu'au très solide François Baroin qu'on croyait édifié selon les plus efficaces normes antisismiques et qui se fissure lui aussi. Chacun redoute désormais une explosion de l'enceinte de confinement et que Nicolas Sarkozy le réacteur numéro 1 soit noyé sous la vague Marine. » Voilà comment Didier Pobel résume la journée d'hier sur son blog. Petites phrases assassines, tentative de recadrage avortée du président de la République. Pour vos journaux, c'est l'existence même de l'UMP qui est en jeu, tiraillée entre son aile droite et son aille centriste. C’est l’UMPotemkine, pour Rémi Godeau dans l'Est républicain. « Sarkozy appelle l'UMP à faire bloc », titre le Figaro, mais pour Libération, « Ca bastonne à droite». (Patrick Cohen) Au coeur de la fameuse identité française, les services publics. (Bruno Duvic) Malaise à tous les étages. Grève à la Poste, elle a perdu ses repères titre France Soir. Manifestation du monde de la justice malgré les moyens supplémentaires promis par le ministre Mercier dans Ouest France notamment. Sur la révolte du monde de la justice, joli coup de com’ ce matin dans Libération de l’Association des jeunes magistrats. A la rubrique « Messages personnels », page 21, elle publie une série de vraies-fausses petites annonces. 2 exemples : « Enfant de 3 ans cherche désespérément place en foyer pour cause de parents maltraitants. Pas de justice sans moyen » Ou encore : « Victime de braquage cherche audience pour juger ses agresseurs, si possible avant 23 heures. Pas de justice sans moyen » Au coeur de l'identité française aussi, il y a la bonne bouffe... Un nouveau magazine, « Grand Seigneur » est dans vos kiosques. Pas de recette ou de critique astronomique, dans cette revue. Elle parle de la table, de la nourriture de la chair comme enjeu de civilisation. C'est amusant et passionnant à la fois. Parmi les très nombreux articles de ce premier numéro, l'un est consacré à la Sarko-cuisine. L'actuel chef de l'Etat est le premier sous la Vème république qui ne soit pas adepte du bien-manger, des restaurants raffinés ou de la bonne grosse bouffe à la Chirac. « Grand Seigneur » parle même de Weigtwatcherisation des habitudes culinaires de la République. Dans cet article, témoignage d'un vieux routier du journalisme politique, Philippe Alexandre. Et au détour de l’interview, cette question : c’est quoi votre meilleur souvenir de bouffe présidentielle ? Réponse : Un banquet offert par Pompidou dans la galerie des Glaces de Versailles en l’honneur d’un dictateur indonésien. Il y avait 300 personnes, j’ai dû louer un habit en queue de pie… Je crois que je n’ai jamais aussi bien et autant mangé… » Bon appétit, messieurs les ministres intègres… A demain

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