Allez, raconte-moi, dis-moi qui dit quoi. Nous sommes dans les premiers jours de septembre à l'hôpital du Val-de-Grâce... Jacques Chirac vient d'être victime d'un accident cérébral... Revenu à lui, il s'ennuie, déjà, et s'inquiète. Et c'est à son grognard préféré, Jean-Louis Debré, qu'il pose la question, qu'il demande des nouvelles de la vraie vie... Celle du monde extérieur, celle de la politique... Sa vie depuis toujours. C'est "Le Monde" qui rapporte la scène, et qui donne la réponse à la question de Jacques Chirac... En ce début septembre, on dit que le chef de l'Etat ne peut pas lire un dossier, qu'il a un hématome au visage, des troubles de la parole... "Qui dit ça ? Des noms !", réclame Jacques Chirac. Le vieux guerrier veut savoir, explique Béatrice Gurrey... Il saura... Il se souviendra. Alors Jacques chirac donne cet ordre à Jean-Louis Debré : "Quand on te demande si tu m'as parlé, ne réponds pas". Depuis... Depuis, Jacques Chirac semble avoir perdu la main... Le pouvoir est passé de l'autre côté de la Seine... à Matignon... De toute façon, témoigne un député de l'UMP dans le journal "Le Monde" : "Pour moi, Chirac est mort avant"... Il est mort en direct à la télé quand il est apparu si décalé devant les jeunes, lors du débat sur la Constitution européenne. Ambiance. Et puis il y a eu la crise des banlieues... dernier révélateur... Jacques Chirac est intervenu... Oui, mais trop tard, estime Béatrice Gurrey... D'ou la réponse de l'un de ses proches, à qui l'on demande si le Président va solliciter un troisième mandat... "Enfin... réfléchissez !" Histoire de ne pas dire brutalement "non". Voilà. Difficile, dans ces conditions, de souhaiter un joyeux anniversaire au Président.. Sauf que... Comme le souligne Jacques Gantié dans "Nice Matin" : "Jacques Chirac est peut-être hors sujet, décalé, voire inaudible... mais pas hors jeu... pas encore"... Ce serait oublier qu'il est, comme François Mitterrand, de la race des grands animaux politiques... Et ceux-là.... quand sonne l'hallali, sont loin d'être morts. Maintenant, il y a le poids des années, qui n'est pas la façon la plus élégante d'aborder le problème... Hier pourtant, un journaliste lui a posé la question...Réponse du Président : "Je vous laisse le soin de porter un jugement". Alors en attendant... En attendant quoi ?... Un proche explique à Frédéric Gerchal, du "Parisien", que le Président fonctionne comme avant, l'oreille vissée au téléphone, capable de vous réveiller de bonne heure pour vous demander une note ou un avis, sur tel ou tel sujet. L'âge du capitaine... Ce n'est pas vraiment le problème, estime "Libération"...Non, c'est plutôt la longévité politique de Jacques Chirac qui est épinglée... Situation qualifiée d'exception bien française... Renaud Dely nous rappelle ainsi que cet homme, Président de la République depuis un peu plus de 10 ans, était déjà Premier ministre il y a 31 ans.. Mais oui..Et qu'à l'époque, étaient au pouvoir les Mao, Brejnev, Gerald Ford ou Helmut Schmidt... Des personnages de livre d'histoire... C'est peut-être pour cela aussi que sa fin de règne semble interminable, conclut "Libé". "Eh bien, qu'on lui foute la paix pendant encore un an", demande Jean-Louis Debré... Propos rapportés dans "Libé"... "Qu'on le laisse finir dignement son mandat, sans l'emmerder tous les jours". Enfin, "France Soir", facétieux, montre un bébé en Une... Sous le titre : "Il y a 73 ans... Chirac"... Avec, en page intérieure, "ce monde qui le vit naître"... Avec, à l'appui, les Unes du "Petit Journal" et de "L'Eclaireur de l'Est", en ce 29 novembre 1932... Et on s'aperçoit qu'on parlait déjà du chômage. "Ce 29 novembre 1932, conclut 'France Soir' : le chef de l'Etat poussait son premier cri". C'est aujourd'hui que le gouvernement présente ses projets en matière d'immigration... Sous le signe de la vigilance... Par les mesures qu'il va dévoiler, le gouvernement français tente d'apporter des réponses à un problème mondial, explique "Le Figaro", qui met l'accent sur la question des mariages d'immigrés conclus à l'étranger, et sur l'accès au marché du travail des étrangers qui font leurs études en France. La politique de l'immigration : "immigrés, boucs émissaires", proteste "L'Humanité"... "Attention : manipulation !", écrit Maurice Ulrich dans son édito... L'immigration est instrumentalisée... C'était jusqu'alors le fond de commerce du FN... Repris par le ministre de l'Intérieur, il est partagé par le gouvernement, conclut Ulrich. En parallèle, Nicolas Sarkozy sera entendu cet après-midi au Sénat sur l'immigration clandestine... Nicolas Sarkozy qui, par ailleurs, prépare une loi pour lutter contre les violences en groupe... Ce qui lui vaut une photo en Une de "Libé", et surtout ce titre : "Sarkozy ressort la loi anticasseurs"... Il profite de la crise dans les banlieues pour tenter de revenir à cette loi abrogée par la gauche en 81. "Non, répond 'Le Figaro', le ministre entend restaurer l'autorité des familles... Que des policiers ou des gendarmes puissent patrouiller dans n'importe quelle cité sans être considérés comme des intrus". Enfin, de leur côté, certains élus s'inquiètent des messages délivrés par les chanteurs de rap... Dossier abordé par "Le Parisien", qui donne la parole, justement, à ces chanteurs... Eux affirment qu'ils ne font que dépeindre la misère et la souffrance des cités, même quand ils disent, comme Fabe : "La vie est une manif, la France une vitre, et moi le pavé"... Et les rappeurs se justifient ainsi : "La brutalité de nos textes... Elle est au-dessous de la réalité". Pour autant, des stars du rap comme Disiz la Peste ou Doc Gynéco, le disent : "Oui, le rap peut être dangereux... Il profite du mal pour faire encore plus de mal"... "Quand il est jeune et qu'il écoute ces chansons, ça va fortement l'inciter à la violence", explique Doc Gynéco... "Mais ce n'est pas une raison pour l'interdire", ajoute Disiz la Peste. Oui, et "Le Figaro" aborde le sujet aujourd'hui, sous l'angle de la religion... L'Eglise catholique, pour être précis... Avec cet article de Sophie de Ravinel, qui nous rappelle que le père Gérard Beneteau s'exprimera avec sa traditionnelle liberté de parole et d'action sur "Pink TV" jeudi soir, pour un plateau consacré à la lutte contre le SIDA. Parce que, dans l'Eglise de France, des voix, isolées certes mais qu'on entend quand même, redoutent que la position du Vatican, qui interdit l'ordination des homosexuels, crée une exclusion, bien sûr... Alors ils protestent, avec des paroles, et donc des actes. On sait que le SIDA ne touche pas que les homosexuels... Mais certains prêtres ou évêques profitent de cette Journée de lutte contre la maladie pour faire de la résistance face au Vatican. Sophie de Ravinel, bonjour... Parmi ces voix qu'on entend, il y a donc celle du père Beneteau... Rappelez-nous qui est cet homme... Concernant l'instruction du Saint-Siège à l'encontre des homosexuels, il y a cette phrase, reçue comme une allusion déplacée... "L'instruction romaine justifie sa position parce que, dit-elle, elle est rendue urgente par la situation actuelle"... Qu'est-ce que ça veut dire ? Absolument, et tous les jours... C'est la course en voiture. Il se trouve que les journalistes d'"Auto Plus" les ont suivis pendant trois semaines dans leurs déplacements officiels... Et voilà le tableau : feux rouges grillés, voies de bus empruntées, excès de vitesse, accident d'un motard d'escorte surpris par les acrobaties ministérielles... Le speed, il est vrai, c'est une seconde nature chez les dirigeants politiques... Un état d'urgence permanent... Mais enfin, si on devait leur enlever des points sur leur permis... En trois semaines donc : Nicolas Sarkozy en aurait perdu 40... Dominique de Villepin, 75.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.