Grâce à lui, le chômage a quasiment disparu dans l’État du Dakota du Nord. Il a généré des centaines de milliers d'emploi aux États-Unis et réduit la dépendance énergétique du pays. En France, un rapport de deux députés, un UMP, un PS, propose cette semaine de relancer la recherche à son sujet.

Mais le gaz de schiste est un "mirage" titre cette semaine Le Parisien magazine .

Mirage mon beau mirage... Dans le Sud Est, dans le bassin parisien, la France disposerait de la deuxième réserve de l'Union européenne. Sur le papier, c'est plus de 200 ans de notre consommation de pétrole.

gaz de schiste
gaz de schiste © Radio France / MaxPPP

Pourquoi un mirage alors ?

  • parce que tout cela est théorique. On ne fait qu'évaluer les réserves, on ne les connait pas exactement. Et quand bien même elles seraient faramineuses, les techniques d'extraction ne permettent à l'heure actuelle d'en récupérer qu'une petite partie.

  • en France, impossible de lancer des campagnes de forage aussi vastes qu'en Amérique. La densité de population, en particulier, l'empêche. Du coup, les créations d'emplois espérées se chiffrent en milliers et non en centaines de millier.

  • l'environnement évidemment. En octobre dernier, le Conseil constitutionnel a confirmé l'interdiction de cette technique qui consiste à fissurer les roches. Utilisation massive d'eau, risque de fuites.

On peut retourner ces arguments pour dire qu'ils justifient qu'on poursuive la recherche, pour que l'exploitation soit plus efficace et plus propre. C'est le sens d'un article de L’Opinion ce matin. Le débat sur l'exploitation des gaz de schiste reste idéologique, déplore le quotidien.

Cela dit, même aux États-Unis "La fête est finie"

C'est en tout cas le titre d'un article du Monde, signé Jean-Michel Bezat. Les volumes extraits de la roche ne progressent plus. « Dans le Texas et l'Ohio, on met la pédale douce », reconnaît, par exemple, le PDG de Total.

Pas de préoccupation écolo derrière ces propos. Mais la production s'est tellement développée ces dernières années que les prix se sont effondrés. L’exploitation du gaz de schiste, qui nécessite de très lourds investissements, n'est plus systématiquement rentable. « Nous sommes en train d'y laisser notre chemise », déclarait le patron d'Exxon Mobile l'année dernière.

Il est beaucoup trop tôt pour parler de déclin. Mais déjà les compagnies réorientent leurs investissements vers le pétrole de schiste ou le gaz liquide.

A propos d'environnement et de pollution, on lira, dans Le Monde encore, un reportage sur la ville de Sao Paulo, ce monstre urbain aux plus de sept millions de véhicules immatriculés. Tous ne roulent pas en même temps. En 2011, la pollution atmosphérique à Sao Paulo a tué plus de personne que le cancer du sein, les accidents de la route et le Sida réunis.

Le Sida en France. Alerte lancée à la Une de La Marseillaise . Pour la première fois depuis 2006, l'épidémie repart à la hausse en région PACA.

Autre alerte lancée dans Libération . « La santé préoccupante des associations de lutte contre le Sida ». Baisse des financements publics et du montant des collectes.

Avant d'en venir à la courbe du chômage, beaucoup moins grave, mais ça nous a quand même occupé un moment. C'était à la 107ème minute

 Zidane / Materazzi
Zidane / Materazzi © Maxppp

Le coup de boule de Zidane à Materazzi en finale de la coupe du monde 2006. Carton rouge. Et pourtant l'arbitre n'avait rien vu, il était à l'autre bout du terrain. Les juges de touche non plus. C'est le quatrième arbitre, près des bancs de touche qui l'a alerté. Tout cela on le savait. Ce que l'on ne savait pas c'est ce qui s'est passé dans la tête de l'arbitre central.

Finale d'une coupe du monde, vous vous apprêtez à expulser une star, sans avoir vu directement ce qu'elle a fait, et vous imaginez les réactions sur le terrain et en dehors. Comment éviter que tout parte en vrille ?

L'arbitre argentin, Monsieur Elizondo, raconte dans une interview au magazine de foot britannique The blizzard . « Je suis allé voir (non pas le 4ème arbitre, mais) un des juges de touches. Je savais qu'il n'avait rien vu. Mais si vous allez voir le quatrième arbitre, tout le monde comprend que c'est lui qui va vous aider (sous entendu, peut être en se basant sur la vidéo, ce qu'il n'a pas le droit de faire). Au juge de touche, je dis juste "restons concentrés". Je me retourne et je sors le carton rouge. C'était une sorte de feinte. »

L'interview ne dit pas si ce fameux 4ème arbitre a utilisé ou non la vidéo. The blizzard ne publie pour l'instant que des extraits d'interview, repris notamment sur slate.fr . Plus de détail peut être sur cette affaire capitale le 2 décembre.

A la Une de La Dépêche du midi : « Hollande peut le faire »

Il peut le faire, inverser la courbe du chômage. 20.000 chômeurs de moins au mois d'octobre. « L'inversion c'est maintenant », titre Libération . Dans la presse ce matin, vous retrouvez le débat classique. Cette baisse, qui repose sur des emplois aidés, est-elle une vraie baisse ? « Les chiffres sont évidemment trompeurs », écrit l'édito du Figaro . « La boite à outils présidentielle constitue le fondement de l'amélioration, répond Libé . Le gouvernement a désormais des chiffres objectifs pour défendre sa politique. »

Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut plusieurs mois de baisse pour parler d'inversion.

La presse s'attarde aussi sur la bourde de communication du président hier matin. A Aubervilliers, avec une formule alambiquée ("la baisse du chômage prendra le temps nécessaire"), François Hollande a semblé revenir sur sa promesse d'inverser la courbe avant la fin de l'année. Il a corrigé ensuite.

Mais dans Les Echos , Cécile Cornudet y voit le symptôme d'un système politico-médiatique qui ne tourne par rond.

« Le déplacement d'Aubervilliers avait été décidé au débotté, le président s'exprimait avant la publication des chiffres, la presse interprète mal, elle s'enflamme sur Twitter. Tout le monde s'est pris les pieds dans le tempo. C'est l'histoire d'un système qui ne compte plus en secondes mais en nanosecondes et même en anticipations d'événements à venir. C'est toute la difficulté pour le président : comment concilier objectif de long terme et urgence médiatique ? »

« Les cons ça ose tout c'est même à ca qu'on les reconnaît ». Au XIIIème siècle, St Thomas d'Aquin avait écrit exactement la même chose : « Tous les imbéciles, et ceux qui ne se servent pas de leur discernement, ont toutes les audaces. »

Il faut distinguer la bonne de la mauvaise audace, nous dit Roger Pol Droit. La bonne qui incite à l'action. La mauvaise qui amène à se lancer dans une aventure dans laquelle on est quasiment certain d'échouer. Ca c'est de la connerie pure et simple.

Et les cons, y'en a ! En économie, dans l'industrie, la finance, les médias, la culture. Mais comme le dit le proverbe, il ne sont pas forcément méchants. Qu’est-ce qu’un con ?

Affiche du film "Les Tontons flingueurs" - 1963
Affiche du film "Les Tontons flingueurs" - 1963 © radio-france / Jean-François Siry

Roger Pol Droit reprend les mots d'un économiste cette fois ci, Carlo Cippola, auteur des « Lois fondamentales de la stupidité humaine ».

« L'individu stupide a pour caractéristique de nuire aux autres, mais gratuitement, sans aucun profit pour lui même, sans même toujours s'en rendre compte. Et sa capacité de nuisance augmente à proportion des pouvoirs qu'il détient. »

Dit autrement : un con puissant est plus nuisible qu'un simple con.

Conclusion de Roger-Pol Droit : « Si l'on en tirait toutes les conséquences, le monde serait différent »

Bon week-end !

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