Fausses allégations du Trump sur le "vote frauduleux"? la presse continue de se jeter dessus sans barguigner...portrait de Steve Bannon, effet miroir de Patrick Buisson

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

L’opération de recomptage des voix commence aux Etats-unis, dans les Etats de Pennsylvanie, du Michigan et du Wisconsin…mais ce sont les accusations de fraude portées par Donald Trump qui créent la polémique

Et qui font rebondir le débat, comment la presse doit-elle traiter ce qui n’est ni plus ni moins qu’un mensonge proféré par le président élu ? Dimanche, furieux de constater qu’Hillary Clinton se joignait à la demande de recomptage des voix réclamée par le gauche américaine, Donald Trump s’énerve sur twitter et affirme que des « millions de personnes ont voté illégalement ». Sous-entendu, il aurait aussi remporté la victoire du suffrage populaire. Sur quelle foi, sur quelles preuves, sur quels indices ? Rien ! Mais ces allégations font de nouveau la Une de la presse. Michael Calderone pour le site américain du HUffington post balaie le champ médiatique: Cnn fait un breaking news en citant Trump, mais sans rien dire de la justesse ou non de ses déclarations, le Washington post les relaie également en Une, sans aucune prise de distance dans un premier temps, sans les contextualiser….« nous restons comme le chien de Pavlov à nous jeter sur n’importe quel os lancé par Trump » dit il. N’importe quel os qui relaie une vague conspiration du complot dont il serait la victime. Le journaliste met en regard les titres d’hier du Wall street Journal et ceux du New york times, le premier se veut neutre et ne fait que rapporter les propos de Trump, le second parle immédiatement « d’attaques sans fondement ». Les grands titres américains, secoués par les critiques dont ils ont été l’objet après l’élection de Trump, ne parviennent pas tous encore à trouver la bonne distance vis-à-vis de ce pourvoyeur d’info provoc, voire bidon qu’est le futur président des Etats unis. « Nous cherchons à rester neutres jusqu’à l’absurde » se désole un confrère du Wall Street Journal. Cerise sur le gâteau : il y a quelques heures, Donald trump, toujours via son compte twitter, vient de traiter de « mauvais journalistes » ceux qui ne trouvent pas de preuve à ce qu’il avance, faites votre boulot leur a-t-il lancé. Le métier se complique aux Etat-unis

Un homme justement a joué un rôle central dans l’élection de Trump, le patron du désormais célèbre site Breitbart News, Steve Bannon

Portrait ce matin dans le Figaro, de celui qui se voit comme « Cromwell chez les Tudor, l’inspirateur de la Réforme en Angleterre », portrait signé Philippe Gélie et qui peut-être vous parlera Patrick Buisson, au regard surtout de votre expérience passée auprès de Nicolas Sarkozy. Car Steve Bannon a été nommé futur conseiller spécial de Donald Trump et il entend, lui aussi, occuper cette position d’influence pour accomplir son grand œuvre, écrit Gélie, « l’extension du domaine de la colère ». « Personnage secret, convaincu d’être dans le sens de l’histoire en prophétisant la Révolte mondiale, celle qui va balayer dit il, les démocraties de l’europe à l’amérique, celle qui inclut le Ukip britannique, l’afd allemand et le Fn en France pour rallier la classe moyenne et les travailleurs fatigués de subir les diktats de Davos ». Quant aux excès en tout genre dont son site Breitbart News a été accusé, dérives extrémistes, conspirationnistes, racistes ou sexistes, Bannon n’y voit que l’effet de la myopie des élites libérales. Il revendique fièrement porter les couleurs d’un nationalisme blanc, opposé à l’immigration et au multiculturalisme. « Personnage atypique décrit Gélie, à la fois messianique et opportuniste, éminence grise, idéologue et agitateur». Bannon, ses mots, sa posture, petit effet de miroir avec vous ce matin Patrick Buisson

En France Hélène, vives tensions entre François Hollande et Manuel Valls…

« Atmosphère cordiale et studieuse » pour le déjeuner d’hier entre les 2 hommes a tenu à faire savoir l’Elysée. Bon, personne ne s’y laisse prendre ce matin. Le Courrier Picard en Une s’amuse de la « mésentente cordiale » entre le président et son premier ministre, le Figaro parle de « psychodrame au sommet », Libération en profite pour dresser le portrait d’une gauche Titanic..pas titanesque, Titanic comme le navire qui s’est pris un iceberg. Mais la question est de savoir qui hier, en jouant ensemble la fable de l’apaisement, qui a gagné ou perdu ? « Valls perd son bras de fer avec Hollande » analyse sans ambiguïté l’Opinion, le premier ministre assurant qu’il n’y aurait pas de crise institutionnelle à la tête de l’Etat, et excluant de se présenter contre le président, « il a de fait rendu les armes ». « Recul en rase campagne » pour Manuel Valls affirme aussi le Figaro, même si le titre de son édito « Le leader minimo », qui rappelle drôlement la Une de Libé d’hier qui consacrait Fillon leader maximo, vise explicitement François Hollande. François Hollande accuse Paul Henri du Limbert, « qui ajoute à son bilan déplorable une atmosphère insensée où l’on voit l’exécutif conspirer contre l’exécutif ». Une conspiration qui pour l’instant, laisse plutôt Valls sur le carreau semble t il. Dans les Echos, Cécile Cornudet voit déjà le premier ministre atteint « du syndrome de Rocard », ça tombe bien c’est son mentor. Un Rocard qui face à Mitterrand ne s’est jamais résolu à tuer le père. Comme lui, écrit elle, Valls a joué depuis un mois « la partition de l’empêchement sans arme. Brutus light d’abord en exprimant ses doutes sur une candidature Hollande, montée en puissance pour dire qu’il se tenait prêt, coup de force ce week end quand il affirme enfin qu’il n’exclut pas de se présenter contre Hollande. Et puis rétropédalage hier au nom du « sens de l’Etat ». Le sens de l’Etat est donc sauf, enfin « il est quand même parti en vacances le temps d’un week end » relève Hervé Favre de la Voix du Nord. Mais rien n’est perdu. Dans le Parisien, confidence à Tunis où il est en déplacement « Aujourd’hui, il y a un schéma, mais il y a d’autres possibilités qui existent » a confié Manuel Valls. Reddition ou retraite avisée et préparatoire ? On verra, Malek Boutih a bien dit à léa Salamé que l’histoire n’était pas terminée !

Puisqu’on parle de retraite, un homme fait en ce moment sa tournée d’adieux…et vous vous êtes régalée Hélène

« Poubelle la vie », c’est le titre du portrait que Sud ouest consacre à Louis Nicolin…Roi des ordures, il a fait prospérer la petite entreprise de ramassage des ordures léguée par son père jusqu’à devenir le numéro 3 français, mais surtout connu pour ses saillies footballitisco populacières, depuis qu’il a propulsé le club de foot de Montpellier de la sixième à la première division. Chantre de la beaufitude donc pour certains, dernière grande gueule d’un milieu bâillonné par d’hypnotiques éléments de langage pour d’autres, « Loulou 1er »est à déguster sous la plume de Sylvain Cottin…qui nous raconte tout de sa tournée des adieux, à l’occasion des 70 ans de son entreprise. Les salariés éboueurs qui couvrent leur patron riche à millions de compliments et de cadeaux, »eh oh je les paie pas non plus au smic » s’exclame t il, l’homme qui a envoyé paitre les francs maçons parce que vraiment il les a trouvés trop cons, celui qui signe sans barguigner des dizaines de chèques pour des petites associations caritatives, et qui dans le même temps, a beaucoup confondu mécénat et lobbying jusqu’à se retrouver sur le banc des accusés pour fausses factures et corruption d’élus. « grossier mais charmant personnage » conclut le journaliste

On termine en bref hélène

Une femme candidate au parlement européen, le saviez-vous ? il faut lire les Nouvelles news.fr: la député française, la centriste sylvie goulard se verrait bien succéder à Martin Schultz qui abandonnera son poste en janvier. 2 femmes seulement depuis 1979 ont occupé ce poste (S Veil, N Fontaine), alors mettez maintenant vos discours sur l’égalité hommes/femmes en pratique lance t elle à ses collègues. C’est pas gagné.

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