Après le massacre de la synagogue de Pittsburgh, Libération et le Figaro disent les Etats-Unis déchirés. La Dépêche dit Damas en après-guerre festive. Splendide roman vrai en photo dans "6 mois" sur Maggie, 19 ans,2 enfants, dans l'Amérique pauvre. Des ordinateurs vont chauffer une résidence bordelaise, dit Sud-Ouest!

Capture écran
Capture écran © Paris Normandie

On parle de haine et de violence ce matin... 

La haine, au Brésil quand Jair Bolsonaro triomphe, dont le Monde dresse un portrait accablé. 

La haine, chez nous au hasard d'une brève de Paris Normandie: un jeune homosexuel aurait été roué de coups à Rouen la semaine dernière... Paris Normandie, sur son site, renvoie au magazine communautaire en ligne Gay Viking, auquel le jeune homme a parlé en premier... Et là, l'horreur devient minérale, dans les photographies d'un corps martyrisé et dans les mots du jeune homme, il avait suivi des inconnus pour faire la fête et dans la voiture, l'un d'eux s'est rué sur lui. « Des coups de poings au visage, sur le corps, partout. Ma tête rebondissait contre la vitre arrière comme une balle. Tarlouze, tafiole, tapette, sale pédé, ça faisait comme un bruit sourd et continu. Cette fois, c’était moi la victime dont on parlerait dans les journaux : un jeune homme tué à cause de son homosexualité. »   Mais Romain est vivant qui s'excuse de ne pas savoir se battre, il s'est réfugié dans une banque où il devait tirer de l'argent pour ses bourreaux. C'est dans Gay Viking, et en vidéo dans Paris-Normandie.

La haine d'où vient-elle? La question nous traverse après la mort de onze fidèles dans la synagogue Ets Haim, l'arbre de vie, de Pittsburgh aux Etats unis, tués par un homme qui haïssait les juifs, "ces enfants de Satan", disait-il sur le site Gad où la haine se promène, raconte Libération; il voulait aussi faire payer aux juifs le fait de soutenir les migrants. Dans le New York Times, la journaliste Bari Weiss, enfant de la communauté juive de Pittsburgh, revendique ce souci aux autres: on lisait samedi dans toutes les synagogues du monde une portion de l'ancien testament où Abraham et son épouse Sara accueillent des étrangers et leur lavent les pieds. "Nos tentes doivent demeurer ouvertes" écrit-elle.   

On met en cause dans Libération la brutalité qu'a provoqué l'élection de Donald Trump: "Il a légitimé toute cette haine que les gens n'osaient pas exprimer", dit  Karen, qui va divorcer parce que les disputes politiques sont devenues trop dures avec son mari, la politique est venue percuter l'intimité même des foyers... Le Figaro commence une série de reportages sur ces Etats-Unis en nouvelle guerre civile où les amitiés se brisent et où le compromis est devenu impossible.     

La haine, elle paralyse? Le Financial times raconte la peur qui saisit les voix dissidentes dans le monder arabe, après l'assassinat, sans doute par le pouvoir saoudien, du journaliste Jamal Khashoggi.

La haine, peut-on la surmonter? 

La Dépêche publie un reportage sur Damas qui veut "reprendre goût à la vie", Nedjman qui a vingt ans glougloute son narghilé, "l’œil noir rieur et conquérant sous le foulard", sa copine, elle, arbore une "épaisse chevelure aux reflets bleus punk".  Et dans l’arak, le houmous et le caviar d’aubergine, dans ces cafés où des écrans génats diffusent des images de football, naitrait l'après d'une guerre pas encore finie, dans la ville du bourreau Bachar el Assad.     

En France, le gouvernement voudrait apaiser la société  

Avec ce mot de Camus que cite le Figaro, "nous ne pouvons pas vivre en nous haïssant"; mais le Figaro ne parle pas ici des violences homophobes, mais d'un plaide pour la prudence, donc contre l'extension de la Procréation médicale assistée aux couples de femmes homosexuelles... Cette PMA  qui divise le pouvoir... Et le Président ne voudrait pas revivre les divisions du mariage pour tous.  

Est-ce le premier sujet du pays, quand l'Opinion pourfend l'Etat-providence épuisé, et combat la "funeste préoccupation du pouvoir d'achat", quand les contrats de 5 ou 15 ans, vont remplacer le statut des fonctionnaires, les Echos reviennent sur les annonces de Gérald Darmanin?  

Dans le Figaro, loin de la Une contre la PMA, le chroniqueur économique Jean-Pierre Robin  livre une analyse décapante, inspirée du livre d'une sociologue. Nous vivons écrit-il, le "retour de la troisième classe", ces wagons au siège en bois supprimés par la SNCF en 1956, mais leur principe revient avec le OuiGo, ce train low-cost, et au-delà. «Hôpital, soins dentaires, pompes funèbres, universités: partout le service public réinstaure une “troisième classe” réservée aux plus pauvres» , qui attendent plus longtemps, des services un peu moins bons, et nous voici revenus à l'ancien régime, quand apparaît un tiers-état, "un tout-venant", ces 80 % du peuple dispensés de payer la taxe d'habitation, "ce qui en fait de facto des prolétaires au sens premier du terme".  

Trois histoires de réparation pour finir... 

La première est technologique, dans Sud-Ouest qui raconte la future résidence Florestine à Bordeaux. Elle sera chauffée par  la seule énergie des ordinateurs. On le sait, les grands centres de calculs, les data centers, surchauffent et contribuent au réchauffement climatique, mais grâce à une start-up, Qarnot Computing, cette pollution calorifique va être domestiquée, des systèmes informatiques moulineront dans les appartements tout en chauffant le salon...   

Ensuite. Un roman vrai en photo, dans un magazine qui s'appelle 6 mois, une revue de grands reportages souvent juste et ici, sublime, dans l'histoire de Maggie. Une jeune femme, déjà mère de deux enfants à 19 ans, que la photographe Sara Naomi Lewkowicz a suivi tout en bas de l'Amérique la plus pauvre, avec Shane aux tatouages d'ancien taulard qui finit par la battre devant la photographe, puis dans les errances de la pauvreté et enfin avec un gentil garçon, la casquette à l'envers, qui lui refait un enfant. Et on comprend tout du dénuement et la tendresse des petites gens d'un grand pays égaré...  

Enfin, un homme qui dessine, Luz qui était de Charlie hebdo dont il raconte les belles années d'avant. Mais dans Libération, il dit avec vie comment il a survécu après janvier 2015 par sa femme, Camille Emmanuelle, journaliste spécialisée dans les questions de sexualité, elle l'emmène en reportage dans des sessions fétichistes mais surtout lui inspire ceci. «C’est l’amour fou. Elle est géniale. Tu as lu son livre ? Formidable ! Et son cul ? Il est magnifique, non ?»  Le reste leur appartient. 

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