C’est sûr… Un jour, il fera beau. Mieux vaut se dire ça en effet, quand on a un budget comme celui de la France, car jamais, dans l’Histoire moderne, la contrainte financière pesant sur un pays vivant très largement au-dessus de ses moyens n’a été aussi forte. Alors un jour… Ca ira mieux… En attendant, on évite d’insulter l’avenir… Comme le dit François-Xavier Pietri dans "La Tribune"… Voilà deux années en Une : le budget 2006, présenté hier par Thierry Breton, a pour principale caractéristique de s’inscrire dans la perspective de 2007… Il n’aura échappé à personne que cette année-là… On votera. Bien. Moins d’impôts, moins de déficits et plus de croissance… C’est Noël en septembre, nous dit "Libération"… Voilà le premier budget élaboré selon les nouvelles normes censées assurer une nouvelle transparence des attributions de crédit… Hélas, le gouvernement a gardé la vieille habitude de brouiller l’ensemble par le biais de prévisions de croissance parfaitement irréalistes... C’est devenu une habitude depuis 30 ans, écrit Gérard Dupuy : à la claire fontaine de la transparence, nous irons nous promener plus tard. Pour le reste : budget étriqué de colmatage, sans grande ambition, écrit Hervé Chabaud dans "L'Union"… Exercice de funambulisme, pour Gérard Noël dans "La Liberté de l’Est"… Ou encore : désespérante impression de surplace, pour Olivier Picard dans "Les Dernières Nouvelles d’Alsace"… Ce que le journal "Les Echos" traduit, dans son titre en Une, par "budget d’attente", avec cet avertissement de Dominique Seux… Difficile de convaincre que notre système de finances publiques n’est pas à bout de souffle et qu’une année blanche, sans réforme efficace, n’est pas une année perdue. Voilà pour le budget…. Evidemment, avec cette actualité, Thierry Breton, vous êtes dans tous les journaux ce matin, et notamment dans "Le Monde", avec ce portrait que le journal du soir tire de vous… "Le Monde" note d’abord que, contrairement à ce qui s’est passé avec votre prédécesseur Francis Mer, avec vous la greffe d’un acteur de la société civile a bien fonctionné… Un sénateur UMP vous reconnaît même un sens aiguisé de la politique… En revanche, Côté gouvernement "Le Monde" relève que vous êtes flanqué d'un ministre du Budget qui a conservé ses attributions de porte-parole du gouvernement... D'où ce titre : "Thierry Breton, un ministre de l'Economie sous surveillance". Et on nous explique que, tous les jours, vous passez au moins une heure à Matignon pour défendre vos dossiers... "Alors faut-il y voir le signe d'une intense collaboration avec le Premier ministre ou la preuve d'une mise sous tutelle ?", s'interroge "Le Monde". Côté politique, le même journal remarque que vous êtes isolé dans la majorité, et qu'on l'a vu lors des Journées parlementaires de l'UMP, où vous êtes apparu bien seul... Mais vous n'en avez cure, conclut "Le Monde"... Vous qui dites n'avoir aucune ambition politique après 2007. Enfin, on parle de vous dans "Le Point", pour ce qui concerne ce qu'on appelle le "principe coutumier"... L'hebdomadaire raconte comment vous avez mis fin à cette méthode qui consistait, pour vos prédécesseurs, à partir du ministère avec leur secrétaire ou leur chauffeur. "Le Point" raconte à quel point (si je puis dire) l'ancien ministre socialiste Michel Sapin a mal pris la chose... Même s'il se défend de ne pas protester contre ses avantages perdus... Non, dit l'ancien ministre socialiste... Pas du tout... C'est pour ma secrétaire que ça m'ennuie. Vous allez vous faire des amis, Thierry Breton... Autre journal, autre portrait... "Libération" et Philippe Douste-Blazy... Où l'on s'aperçoit que, là encore, les attaques les plus vives viennent de son propre camp... Comme ce sobriquet dont il est affublé : "Mickey d'Orsay"... "Oh !... Philippe est blindé... Tout ça lui glisse dessus", assure un de ses proches. En fait, le principal problème de Philippe Douste-Blazy, explique "Libé", c'est d'être visible. Il aurait bien aimé l'être à l'occasion du crash de l'avion de la West Caribbean, mais la Martinique n'étant pas l'étranger, c'était raté... Apprenant alors, un mois plus tard, le forfait de Jacques Chirac pour le Sommet de l'ONU, il pense avoir ses chances... Encore raté : il a dû faire tapisserie à côté de Dominique de Villepin, qui a monopolisé la parole pendant les conférences de presse. Cela dit, certains diplomates trouvent qu'il a déjà beaucoup appris, mais que le besoin de se montrer et l'angoisse de se faire oublier lui font encore commettre quelques bourdes. Polémique qui agace en haut lieu, où l'on voit un mauvais procès fait à un homme qui a toujours bien servi... le Président. Enfin ce titre de "Libération" : "Douste-Blazy : ministre des Affaires qui lui sont étrangères". Et puisque nous en sommes à regarder les titres... Juste un coup d'oeil sur notre feuilleton préféré : "Ségolène et les machos"... Au-delà du cas Ségolène Royal d'ailleurs... Cela inclut Michèle Alliot-Marie... Ce titre donc, du "Canard Enchaîné" : "Un seul slogan : Nanarchie vaincra !... Quoi de meuf ?" Avec ce dessin aussi : François Hollande et Ségolène Royal petit-déjeunent... Effaré, François lui dit : "Et tu annonces ça dans Match ?"... "Oui, mais moi, je n'ai pas posé en couverture avec MAM", répond Ségolène... Et toc ! Référence à la photo publiée par l'hebdomadaire au printemps dernier, où l'on voyait François Hollande et Nicolas Sarkozy, tous les deux tout sourire, en couverture, sous la bannière du "oui"... Une photo très touchante. A lire dans "Télérama" cette semaine, une enquête très fouillée sur la famine, qui n'intéressait pas le journal télévisé... Il s'agit du drame du Niger, où sévit la famine, triste révélateur de la mécanique médiatique. Dans son chapo, remarquablement synthétisé, l'envoyé spécial au Niger, Nicolas Delesalle, résume la situation... Pendant des mois, des ONG ont averti qu'une grave crise alimentaire allait frapper le pays. Mais il a fallu attendre que des enfants meurent pour que les chaînes se mobilisent, et que leurs images insoutenables déclenchent enfin les mécanismes d'aide... Une logique infernale. C'est en octobre 2004 que le Programme alimentaire mondial lance un premier appel à ses deux principaux bailleurs de fonds : l'Union européenne et la France... Or, dans l'indifférence générale, le système de sécurité alimentaire ne fonctionne pas... Les dirigeants nigériens sont focalisés sur la Présidentielle de décembre... Tandis que le tsunami en Asie magnétise l'aide internationale et les médias. Niger, connaît pas... En Occident, le silence persiste... Les bailleurs baillent. Nicolas Delesalle est en ligne avec nous... Bonjour... Heureusement, il y a eu deux déclics : un homme, Bernard Kouchner, et une télé, la BBC... * Et au bout du compte, est-ce qu'on sait combien d'enfants sont morts cette année, et les années précédentes... C'est donc à lire dans "Télérama", et c'est même la Une de l'hebdomadaire, sous le titre : "Famine au Niger recherche médias désespérément". Et puis, en écho à ce drame... Celui dont parle le journal "The Independent" de Londres... Il frappe le Malawi, au sud du continent africain... Même chose, la communauté internationale ne fait rien... Et le titre, lui aussi, en dit long : "Malawi : famine à l'écart des caméras". Oui, avec cette révélation dans "Le Parisien"... Un ancien directeur, qui a travaillé 8 ans au PSG, révèle au juge Van Ruymbeke l'existence d'un système opaque qui a permis pendant plusieurs années, et jusqu'à récemment, de payer des sur-salaires à des joueurs... 28 millions d'euros auraient ainsi échappé au fisc... L'équipementier Nike, toujours sous contrat avec le PSG, se retrouve au coeur de l'affaire. Maintenant, je ne sais pas si vous connaissez le magazine "So Foot"... Toujours facétieux... C'est vraiment un autre regard sur le football, comme en témoigne cet article, titré : "Pas si cons". Très généralement, et pas seulement aux "Guignols de l'Info", écrit François Bégodo, les footballeurs traînent une réputation de crétins complets. Pourtant, et techniquement, l'intelligence est placée au centre de la leçon de football... Alors il fallait éclaircir ce paradoxe : le foot est-il oui ou non un jeu de cons ? Puisque sa bêtise s'exprime essentiellement en interviews, on doit quand même aux footballeurs de nuancer le verdict. Existe-t-il un homme qui, même conférencier émérite, trouverait moyen de répondre intelligemment à des questions comme... "Alors, cette défaite, on imagine que vous êtes déçu"... Ou : "Alors, cette victoire, on imagine que vous êtes content"... Ou bien : "Alors, ce match nul, on imagine que vous êtes un peu déçu et un peu content"... Bref, ne pas oublier qu'il y a dans le journalisme de foot une tradition de la question stupide, dont la supposée connerie des footballeurs n'est que l'effet boomerang... écrit "So Foot"... d'ailleurs, c'est bien connu : Il n'y a que Jacques Vendroux qui pose des questions intelligentes. a demain.

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