C'est un « ronron que l'on entend pratiquement tous les matins, au réveil... Un flot rythmé d'informations rapides où reviennent régulièrement les mêmes mots... " Sarkozy, Sarkozy, Royal, Villepin, Sarkozy, Sarkozy... " Raphaëlle Bacqué, dans Le Monde, analyse... « Dans les états-majors des partis politiques, le doute a enfin commencé à s'insinuer : un candidat peut-il finir par exaspérer les électeurs à force d'envahir leur univers ?... Les Français peuvent-ils se déterminer en opposition à ce qu'ils perçoivent comme une manipulation des grands canaux d'information ?... Bref, l'élection peut-elle être perdue du simple fait de ce qu'il faut bien appeler une saturation médiatique ? » "La chose n'est pas tout à fait nouvelle, poursuit la journaliste... On a déjà connu 1995 et Edouard Balladur... 2005, et le référendum sur le projet de Constitution européenne… Mais le phénomène est en passe de prendre de l'ampleur... D'abord parce que le média de masse encore dominant, la télévision, imprègne largement l'impression générale que peut avoir l'opinion publique de l'information. Avec cet effet paradoxal : l'explosion des chaînes de télé n'a pas permis au champ de l'information de se diversifier... Ce sont les mêmes sujets qui semblent aujourd'hui ressassés jusqu'à l'écoeurement par des dizaines de canaux médiatiques supplémentaires... Qu'importe, donc, que les médias prennent position pour ou contre Nicolas Sarkozy... puisque c'est lui qui, incontestablement, occupe le plus les écrans... qu'importe qu'ils fassent la part belle à ses propos ou vilipendent sa politique... L'impression qui en résulte est qu'ils ne parlent que de lui... Et que la quantité a fini par masquer la diversité des jugements. Evidemment, la frénésie médiatique du ministre de l'Intérieur y est pour beaucoup, constate Raphaëlle Bacqué... Cependant, la machine n'est-elle pas en passe de le dévorer ?... C'est le secret espoir de ses adversaires, mais aussi la crainte d'une partie de ses amis... Car l'omniprésence médiatique agace, lasse, en un mot use. Et depuis plus de dix ans, le citoyen vote presque systématiquement "contre" le candidat dont on lui rebat les oreilles... Il sera intéressant d'observer comment Ségolène Royal va gérer ce phénomène… conclut Raphaëlle Bacqué… De plus en plus, lorsque la présidente de la région Poitou-Charentes se déplace, elle paraît, à son tour, engloutie dans une forêt de caméras. Alors dans les journaux... Pas de forêt de caméras bien sûr... Mais une forte présence, ce matin, de Ségolène Royal... Pour preuve, un "spécial Royal" dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Un "spécial Royal"... intitulé "La vraie nature de Ségolène"... Tout y est passé en revue... "Sa famille très spéciale"... Alors pas celle qu'elle a fondée : celle dont elle est issue... "Une vie de couple compliquée"... Le Parisien-Aujourd'hui en France passe aussi au crible "la méthode Poitou-Charentes"... avec les points forts de son action dans les domaines de l'éducation, de l'environnement, des transports... et les points faibles dans ceux du développement économique et du tourisme... Et évidemment, pour comprendre la vraie nature de Ségolène, on fait appel à un psy... C'est Serge Hefez qui analyse donc... Son couple avec François Hollande ?... "C'est un atout pour elle... C'est en phase avec une aspiration profonde des Français, qui admirent les couples qui tiennent dans les situations complexes"... Quant à Ségolène Royal ?... "C'est l'archétype de l'idéal féminin d'aujourd'hui... Une mère de famille nombreuse qui réussit sa vie professionnelle... Elle allieà la fois les qualités de femme, de mère et de guerrière"... Et que faire, face à la femme idéale ?... Renoncer... Se retirer... Les commentaires vont bon train, ce matin, sur le choix de Jospin... "Il n'y aura pas de troisième fois", écrit Bruno Dive dans Sud-Ouest... "Lionel Jospin n'est pas un grand fauve politique, de la race des Chirac ou des Mitterrand, qui ne renonçaient jamais, qui ne lâchaient rien, et qui ont fini par décrocher l'Elysée à leur troisième tentative"... "On ne versera pas de larmes à l'annonce du renoncement de Lionel Jospin... L'orchestration de son retour à la vie politique aura été aussi pitoyable que son départ"... Et Philippe Noireaux, dans L'Yonne Républicaine, poursuit... "En se drapant dans la posture de l'homme providentiel qu'il convient de prier, l'ancien Premier ministre a surtout prouvé qu'il était en complet décalage avec les aspirations de la population"... Et "il est décidément indécrottable, Lionel Jospin... constate Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées... lorsqu'il s'insurge contre la force des pressions exercées sur le PS et dans le PS, au nom de l'opinion... A l'entendre, il serait scandaleux que les 200.000 militants soient à l'unisson de leurs propres électeurs... Aux nouveaux militants qui se sont inscrits essentiellement pour soutenir Ségolène Royal, les anciens ont essayé de faire comprendre qu'un parti avait des traditions... Les nouveaux leur ont répondu qu'ils avaient justement adhéré pour le changement"... Alors, et maintenant ?... Eh bien maintenant, "Jospin a été clair", explique outre-Manche The Independent... "Il a quitté la course à la Présidentielle en attaquant Royal... Et il continuera à s'opposer à ce que la favorite de l'opinion dans les sondages devienne la première femme à représenter un parti de premier plan dans une élection présidentielle en France"... Et maintenant ?... Eh bien, "Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius se voient chacun en finaliste... celui qui réaliserait au deuxième tour la synthèse entre tous les adversaires de Ségolène Royal", écrit Hervé Favre dans La Voix du Nord... Et du coup... "Au suivant !", titre Libération... sur le thème : "A qui le tour ?"... Parce que "le tiercé final est en ordre de bataille", souligne le journal... "Il y a Laurent Fabius, le vainqueur du 29 mai... Dominique Strauss-Kahn, le social-libéral... et bien sûr Ségolène Royal, la favorite de l'opinion"... Favorite des sondages, oui... "Le PS sur la voie Royal", s'amuse Le Figaro... Saturation médiatique, vous avez dit ? Et dire que nous ne sommes qu'en pré-campagne !... Reste à espérer que les débats de fond, les discussions sur les programmes, feront monter l'intérêt... En tout cas, pas question de dire n'importe quoi... des fois que... Les candidats sont prévenus... "Présidentielle : les propositions seront chiffrées par des experts"... C'est Le Figaro qui l'explique... L'Institut de l'Entreprise lance une série de chiffrages pour passer au crible le coût des futurs programmes... Une cellule composée de trois professionnels des questions budgétaires, affichant des sensibilités politiques différentes... Ils resteront anonymes, afin de garantir leur indépendance... Tous les programmes et toutes les idées... y compris les ballons d'essai... seront ainsi passés à l'expertise... Les programmes du PS, de l'UMP, mais également du PC, des Verts, de l'UDF et du Front National... Pour l'instant, sur le site Internet de l'IDE, seules quelques propositions ont été regardées de près... Les experts attendent les programmes formels des candidats... Côté gros sous... On le sait : une campagne électorale, ça coûte cher... Comment faire entrer de l'argent dans les caisses des partis ?... L'exemple anglais, dans le Daily Telegraph... 50.000 livres... C'est le montant de l'addition d'un dîner avec Cameron... David Cameron, c'est le leader du parti conservateur... Et les hommes d'affaires qui veulent le rencontrer doivent intégrer un club... un club très privé, à 75.000 euros l'entrée... A ce prix... dîners réguliers et conversations téléphoniques individuelles... Et même si ça fait cher de la hot-line... déjà 70 hommes d'affaires ont rejoint le club du jeune politicien... Ce qui fait dire à ses supporters que l'argent quitte enfin les travaillistes... le parti au pouvoir, celui de Tony Blair... et que l'opposition a le vent en poupe... Royal... Cameron... Autre favori des sondages... sauf que lui, il devrait être réélu sans problème à la Présidence... C'est Lula, le Président du Brésil... "Il semble assuré d'une victoire... Les indicateurs économiques sont assez bons pour évacuer les difficultés", explique le Financial Times... Oui, confirme Les Echos... "Lula est porté par son bilan social... Son programme pilote pour lutter contre la pauvreté commence à porter ses fruits, et lui assure une forte popularité auprès des plus démunis"... "Lula a su concilier aide sociale et stabilité financière", analyse également La Croix ce matin... Alors, en dépit des scandales, de la persistance des inégalités, d'une croissance faible et de réformes en panne, ce sera "Lula quand même", explique Le Nouvel Observateur... "Lula est-il intouchable ?", se demande L'Express... "Les scandales et les attaques tous azimuts ne semblent pas l'atteindre... Il faut dire, souligne l'hebdomadaire, que Lula est sans doute l'homme politique brésilien le plus charismatique de sa génération"... "Charismatique"... Ce n'est pas véritablement l'avis des journalistes de O Estado de Sao Paulo... un quotidien brésilien... "Lula ?... Il n'a jamais fait preuve d'un charisme irrésistible... Et plus ça va, moins il en a... C'est même là que réside l'énigme... En fait, si Lula reste, c'est parce qu'il est inoffensif... C'est là sa grande qualité, jugent ces journalistes brésiliens... Chacun sait qu'avec lui, il n'y a aucun risque : ni politique, ni économique, ni social"... A quoi ressemblera l'homme politique du futur ?... On a bien du mal à le savoir... Pour la voiture, en revanche... vos journaux, ce matin, sont pleins d'imagination... "La mode automobile parisienne"... C'est le titre du quotidien allemand Die Welt, pour l'ouverture du Salon de l'Automobile, Porte de Versailles... Et une question taraude tous vos journaux... On la trouve par exemple dans le supplément de L'Humanité... "L'ère de l'après-pétrole a-t-elle vraiment commencé ?"... Et Le Monde constate... "Conscients que l'automobile a mangé son pain blanc, les constructeurs mettent à profit ce rendez-vous avec le public pour montrer leurs bonnes dispositions environnementales avec des véhicules "propres", techniquement au point mais non commercialisés, car encore loin de pouvoir assurer leur rentabilité". C’est ce que le mensuel Capital appelle « la course-poursuite des voitures propres »… Les constructeurs sont déjà en ordre de bataille… Une bataille où Toyota a tiré en premier… Sa voiture hybride s’est déjà vendue à 600.000 exemplaires… L’hybride devient aussi branché que l'iPod, admet l’un des concurrents de la firme japonaise… L’autre tendance, c’est le biocarburant… Et là, ce sont les Suédois qui devancent tout le monde, constate toujours Capital… Volvo roule à la betterave depuis 10 ans, note le mensuel… Ne pas oublier les Chinois… Eux, c’est sur le tout-électrique qu’ils misent, affirme Capital… 4.000 ingénieurs sont affectés au projet… dont des spécialistes de batteries pour téléphone mobile… Et de toute façon, propre ou pas, la voiture pour aller Porte de Versailles, vous l'oubliez... Vive le vélo ! Bonne fin de semaine. A lundi.

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