(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : « Apocalypse now »

Pour les cinéphiles, c'est un document de premier ordre : le carnet du tournage homérique d' « Apocalypse now » est enfin traduit en français. Eleanor Coppola, la femme, y raconte ce qu'elle appelle « le Vietnam » de son mari.

Le Point en publie cette semaine des extraits. Eleanor raconte le décor détruit par un typhon, la guerre civile aux Philippines pendant le tournage, l'acteur principal, Martin Sheen, victime d'une crise cardiaque, le montage de plus d'un an, le budget dépassé de plus de 14 millions de dollars... Au final, Palme d'or et monument du cinéma. Mais ce fut tellement dur que, sur le coup, pendant les scènes, elle avait du mal à distinguer la réalité de la fiction : "On aurait dit qu'une vraie guerre faisait rage."

Est-ce la réalité, est-ce qu'elle grossit le trait ? La presse déroule un film d'apocalypse ce matin.

En couverture du Point et du Nouvel Observateur , presque le même titre

« Un parfum de fin de règne », et « Les coulisses d'une fin de règne ». Il s'agit des affaires évidemment, "La Chute des hommes du président", comme le titre Libération .

Dernier développement : ce que Libé appelle "la mise en examen annoncée" du procureur de Nanterre Philippe Courroye pour la surveillance de journalistes du Monde dans l'affaire Bettencourt.

A retenir ce matin, la nouvelle charge de Mediapart : « Les documents qui prouvent le ‘lien’ entre Sarkozy et Takkiedine ». Très long article, documents de l'enquête à l'appui pour dire que de l'Arabie à la Syrie en passant par la Libye, l'intermédiaire est un proche du Président.

« La guerre est déclarée ». L'expression est employée à l'Elysée et reprise dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France . « On va répondre coup pour coup. On a été trop gentil », dit un proche du chef de l'Etat.

A lire la presse en cette fin de semaine, on se dit que jamais il ne sera réélu. Et pourtant... Dans l'édito du Point , Franz-Olivier Giesbert met en garde les perroquets, espèce qui répète et répète encore, "c'est la plus répandue dans le monde politico-médiatique. (...) Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour penser que la campagne présidentielle ne se déroulera pas comme prévu. (…) Il règne aujourd'hui, dans ce pays, un climat délétère et crépusculaire qui ne peut que réserver, demain, de mauvaises surprises."

Le budget 2012 permettra-t-il à la majorité de sortir de l'ornière ? Il est à la Une de beaucoup de quotidiens ce matin. Résumé des titres :

  • « Budget de rigueur sous pression électorale » pour La Croix . « La nécessité conduit à la vertu », commente Guillaume Goubert, dans l'éditorial.

  • C'est un « Effort sans précédent pour réduire le déficit », dixit Le Figaro .

  • Les Echos parlent tout de même du « choc de la dette ».

  • Avec ce budget, le président devient « Mister Taxman » selon La Tribune

  • Equation de ce budget : « rassurer les marchés sans désespérer l'électeur », synthétise Le Monde.

Dans ce contexte, se déroulait hier, le deuxième débat de la primaire socialiste

Et ce ne fut pas le Vietnam. Les éditorialistes ont plutôt apprécié la soirée, autrement plus intéressante que la précédente édition, selon Philippe Waucampt dans le Républicain Lorrain . « Il y a eu échange, confrontation, comparaison ». Mais « pas de faux pas dévastateur », ajoute François Martin dans Midi Libre .

Et le personnage central de la soirée, ce fut François Hollande. Plusieurs éditorialistes le déclarent gagnant.

"Avec les tonalités mitterrandiennes de 88, acrit Rémi Godeau dans L'Est républicain , Hollande s'est présenté apte à rassembler cette mini gauche plurielle avant de rassembler tout le pays. »

Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace l'a trouvé « un peu trop professeur, phraseur, un peu creux. »

Central aussi parce qu'il fut pris sous les feux croisés de ses rivaux, relève Libération .

La prestation de ses rivaux résumée en un mot par Le Parisien , cela donne

« Aubry efficace ; Baylet flingueur ; Montebourg cohérent ; Royal offensive et Valls pugnace. »

Le Figaro détaille le moment où il y eut un vrai débat, autour des licenciements. Ségolène Royal a plaidé pour le rétablissement de l'autorisation préalable de licenciement. Martine Aubry veut permettre aux salariés de saisir le Tribunal de commerce de ces questions. François Hollande a défendu des mesures de dissuasion financière pour rendre le licenciement très cher.

« Apocalypse now », en Grèce aussi

Dans Courrier International , un texte un peu dissonant dans le contexte actuel où beaucoup regardent les Grecs comme une bande de faignants - ça ne peut pas leur nuire de faire un peu plus d'efforts.

Courrier reprend un article du journal de Vienne Die Presse . Un juriste autrichien qui a une maison en Grèce détaille le quotidien des habitants d'Athènes. C'est titré "Vers un génocide financier", rien de moins.

Il rappelle quelque faits : les salaires et les retraites ont baissé de 30%, le salaire minimum est à 600 Euros, le fioul a augmenté de 100%, un tiers des commerces d'Athènes ont fermé leurs portes, de nombreux employés de l'Acropole ne sont plus payés depuis presque 2 ans, les taxes se multiplient, (150 Euros pour déposer une plainte au commissariat), les écoles publiques ne reçoivent plus de manuels depuis quelques mois… Que peut-on demander de plus aux Grecs ?

Le climat d'apocalypse actuel c'est aussi « haro sur l'Europe », impuissante et immobile. Pas tant que ça à en croire Jean Quatremer dans Libération . La solution fédéraliste gagne du terrain dans les capitales européennes.

Avancée vers plus de fédéralisme ? Un texte important voté hier au Parlement de Strasbourg passe relativement inaperçu. C’est un paquet législatif de six textes (le « six pack »). Il établit un contrôle beaucoup plus étroit de l'Europe sur les budgets nationaux. Ils seront examinés à Bruxelles avant leur adoption par les parlements nationaux, explique Jean Quatremer dans Libération . Et si les finances d'un Etat dérapent, un système quasi automatique d'avertissement et de sanctions financières est prévu.

Quoi d'autre dans la presse ?

On en parlé sur France Inter : la Une inquiétante de Sciences et avenir : « ces médicaments qui favorisent Alzheimer ». Etude d'un pharmacologue de Bordeaux qui met en cause une série d'anxiolytiques et de somnifères.

De quoi souffre la plus grande star du rugby de ces dernières années ? 5 jours que Jonah Lomu est hospitalisé à Auckland en pleine coupe du monde et aucune d'information. « Lomu secret médical », titre L’Equipe .

Une des plus grandes stars (vieillissante) du footballs, bientôt au PSG, peut-être : David Beckham. Le Parisien alimente le fantasme : « Paris courtise les Beckham ».

Moins glamour, Franck Ribery, le livre. C'est à la Une de France Soir , l’histoire d'un gars simple qui s'est perdu dans le tourbillon du star system, écrit VSD

Pour finir, retour à la politique, mais ce pourrait être une scène tirée d’un film de Billy Wilder.

Le Nouvel Observateur publie les bonnes feuilles d’un livre de Renaud Dely et Henri Vernet sur la violence en politique « Tous les coups sont permis ».

Les deux journalistes racontent notamment un détail du divorce de Pierrette et Jean-Marie Le Pen au milieu des années 80. Pierrette quitte le domicile conjugal :

« Pierrette s’est enfuie brutalement, sans rien ou presque. Dans l’urgence, elle a même oublié l’urne dans laquelle reposent les cendres de sa mère décédée. En revanche, par vengeance, elle a pensé à emporter l’œil de verre de rechange que le Pen conservait précieusement dans son coffre. Quelques semaines après la rupture, les deux belligérants doivent se livrer… à un troc cocasse, comme une parodie des échanges d’espions entre l’Est et l’Ouest à l’époque de la guerre froide. Dans une forêt de la région parisienne, Pierrette et Jean-Marie se retrouvent pour échanger l’œil de verre contre l’urne ».

Ce n’est plus « Apocalypse now », c’est une nouvelle version de « La légende des siècles » : l’œil était dans la tombe…

A demain !

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