(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : l'actualité vue du ciel

(Bruno Duvic) Vu du ciel, sur la carte, c'est un tout petit point au sud de l'immense Chine. Le petit point fait la Une du Financial Times ce matin et il inquiète diablement la presse officielle chinoise.

Mouvement de révolte à Hong Kong, il couvait depuis plusieurs semaines, tisonné notamment dans les universités. Ce week-end, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue. Affrontements avec la police. Et Hong Kong se réveille ce matin avec une âme de rebelle.

The South china morning post sur son site Internet couvre l’événement minute par minute. C'est le début de l'après-midi à Hong Kong. Ce matin, beaucoup de rues étaient, ambiance dans cette cité habituellement dans la fièvre du business. Certaines rues étaient encore occupées par les manifestants. Des bacs de plante étaient posés sur les rails du tramway pour perturber la circulation. Les bus à l'arrêt, le retard pour les personnes qui se rendaient au travail, les attroupements sur les campus de certaines facs, les nombreuses écoles fermées, les commerçants qui hésitent à ouvrir leurs rideaux. Un symbole commence à circuler sur les réseaux sociaux pour illustrer cette révolte : un parapluie, comme ceux utilisés par les manifestants pour se protéger des gaz au poivre de la police.

Colère de la presse officielle chinoise. « Militants radicaux », « extrémistes politiques » écrivent The Global times et The China Daily .

Que se passe-t-il à Hong Kong ? Réponse dans Les Echos . Point de départ : le reniement d'une promesse faite par Pékin, l'élection du chef de l'exécutif au suffrage universel en 2017. Les électeurs auront le choix mais entre deux ou trois candidats choisis par Pékin. Au-delà, ce mouvement, baptisé « Occupy central » en référence à Occupy Wall Street, réclame une relance des réformes politiques. Cette histoire, raconte Gabriel Grésillon dans Les Echos , c'est une double opposition. Entre Hong Kong, qui se sent de moins en moins chinois dans son identité et Pékin qui veut faire taire les voix discordantes.

Opposition aussi entre une petite majorité de la population qui rêve de démocratie et des milieux d'affaires qui ne veulent pas se fâcher avec la puissante Chine.

Pour mémoire, depuis que la Grande Bretagne a rétrocédé Hong Kong à la Chine, c'est une région administrative du pays mais avec un statut spécial : un pays deux systèmes

En toile de fond : une Chine qui se raidit. A Hong Kong, certaines libertés commencent à être entamées, celle de la presse notamment, racontent Les Echos .

Raidissement aussi sur le continent. Dans Libération, Philippe Grangereau décrit sur deux pages le retour au silence en Chine. La pression de plus en plus forte sur les avocats, les militants, les opposants, les journalistes. Arrestation, intimidation. Objectif : que la société civile n'ait plus le moindre espace pour exister. Un proverbe dit qu'il faut tuer le poulet pour effrayer la basse-cour.

Ce matin, résume Pierre Haski sur Rue89 : « Le président Xi Jinping est confronté à un test politique. Tous les yeux chinois sont fixés sur Hong Kong, ce territoire à l'improbable profil de rebelle, avec ses tours arrogantes et sa place financière conquérante. »

Les pilotes d'Air France mettent fin à leur grève

La France vue du ciel d'Air France... Et les pilotes ont toujours aussi mauvaise presse. Philippe Lefébure racontait tout à l'heure dans l’Eco du jour sur France Inter, dans quelles conditions la fin de grève s'est décidée. Dans Le Figaro , Nicolas Baverez dénonce une fois de plus « le corporatisme aveugle des pilotes (…) exemplaire des rentes et des privilèges qui sont au cœur du décrochage économique de notre pays. »

Depuis le début, L'Humanité soutient le mouvement : « la grève a été utile », titre le journal ce matin. Utile dans la lutte contre la stratégie de la compagnie de montée en puissance du low cost qui concerne, à terme, l'ensemble des salariés.

Le monde vu des aéroports. Dans Le Figaro , une page entière sur la reconstruction qui se fait attendre à Gaza. Et comme symbole de cette Palestine qui vit depuis des années dans la poussière, l'aéroport de Gaza, à Rafah. Et dans le reportage de Cyrille Louis, cette image : les vestiges du salon VIP au milieu des sables. Parmi les gravats, des mosaïques ébréchées et un dôme couleur d'or.

L'actualité vue du ciel, comme un symbole encore, cette jeune femme, première pilote femme de l'armée de l'air des Emirats arabes unis. Elle a participé aux bombardements contre l'organisation Etat islamique en Syrie. Elle s'appelle Mariam Al Mansouri, elle a 35 ans. Gros succès sur les réseaux sociaux : ce tweet notamment : « Eh l'Etat islamique, vous êtes en train de vous faire bombarder par une femme, bonne journée ! »

Les bombes sur l'un des fiefs des terroristes en Syrie, Raqqa. Quel effet ? Pas lourd pour l'instant. Pour Libération , Luc Matthieu a recueilli les témoignages d'habitants de la ville. « Les djihadistes avaient disparu de la ville dès la mi-septembre. Ils étaient partout dans les rues et d'un seul coup, on ne les a plus vus. » Téléphone coupé à Raqqa, deux heures d'électricité par jours. Il reste quelques djihadistes tout de même. Par Skype, l'un des habitants décrit en direct à Luc Mathieu un bombardement un matin. « Ca y'est les djihadistes paniquent ! Ils tirent à la kalachnikov n’importe comment. » Il éclate de rire : « Un combattant est sorti de chez lui en hurlant, il vient de se réveiller, il a encore l'oreiller à la main.» Constat mi- satisfait mi- inquiet des personnes restées dans la ville : « C'est vrai que les bombardements ont fait fuir des djihadistes de Raqqa, mais ils sont ailleurs en Syrie. Et le risque, c'est que l'armée de Bachar el Assad remplisse le vide qu'ils ont laissé. »

De l'autre côté de la frontière, l'armée irakienne tente de se reconstituer pour faire face. Détail dans le New York Times édition international ce matin. L’état-major accorde l’amnistie aux combattants qui avaient déserté lors de la poussée du groupe Etat islamique ces derniers mois, s'ils acceptent de s'engager à nouveau dans l'armée.

Quoi d'autre dans la presse ?

Les sénatoriales en titre : « Une défaite de plus pour la gauche », à la Une du Figaro . « Hollande et Valls offrent le Sénat à la droite sur un plateau » pour L'Humanité . « Percée du FN et nouvelle claque pour le PS » dans Le Parisien . « La droite balaye sa chambre », titre Libération .

Et puis l'événement people du week-end, le mariage de George Clooney à Venise. L'avocate internationale Amal Alamuddin d'origine libanaise a fini par sortir le docteur George de son célibat. Cette jeune femme a le CV aussi long et impeccable que ses jambes. Puisque c'était à Venise, la presse italienne est sur l'affaire. Et il y a une pointe d'agacement dans le récit de la chroniqueuse de La Repubblica , qui a suivi les époux jusqu'au saut du lit après la nuit de noces : « La mariée n'avait pas une ombre sous les yeux, pas une mèche de travers après la nuit de noces. Combien de coiffeurs et de maquilleurs étaient cachés derrière les rideaux ? »

Ce mariage dit le père de la mariée, repris par The Hollywood Reporter , dans le contexte actuel, c'est une bonne nouvelle pour tout le moyen orient. Et de fait, la presse libanaise considère presque comme son gendre idéal désormais. The Daily Star à Beyrouth parle d’un « mariage qui captive le monde » et décrit le ballet des télés locales libanaises et des journaux qui ont fait de ce mariage une source de fierté patriotique. Et puis la mariée donne une belle image du Liban. Un de ses collègues avocat international la décrit ainsi : « Elle a un cerveau Rolls-Royce ». What else ?

A demain !

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