Crédibilité,exemplarité des politiques? c'est pas gagné...

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On s’interrogeait il y a quelques instants avec notre invité sur le rapport des français à la politique, de quoi rebondir sur le sujet ce matin dans la presse…

2 exemples piochés au hasard ou presque…qui donnent du grain à moudre à ce que votre enquête met en lumière, notamment la défiance des citoyens vis-à-vis sinon de LA politique, des politiques. 2 exemples qui interrogent leur sincérité et leur exemplarité

1.Le budget 2017, présenté hier par le ministre de l’économie. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il provoque doute et scepticisme …

« C’est presque une tradition politique, reconnait Cécile Cornudet dans les Echos, le dernier budget d’un quinquennat devient le premier tract électoral d’un président candidat à sa réélection. » Jusque là, pas de problème. Le problème en l’espèce explique t elle, c’est que ce tract électoral comporte un double message, recto verso, il ne tranche pas. De gauche, sur une face, réformateur sur l’autre, aboutissant à une synthèse fragile qui ne peut s’opérer qu’au prix d’un pari pour le moins optimiste sur 2017. François Hollande voit l’économie repartir. Demain sera mieux qu’aujourd’hui pense t il, comme si sa parole était auto réalisatrice, mais non, il n’existe pas de parole magique » conclut elle. C’est évidemment la crédibilité de ce budget qui est en cause.

Mais il y a plus sévère encore…ce que l’Opinion dénonce avec force, c’est ce que Nicolas Beytout appelle « la politique du cause toujours ». Le haut conseil des finances publiques juge optimiste la prévision de croissance retenue par le gouvernement, improbable, la réduction du déficit public, « Michel Sapin s’en fiche comme de ses premières chaussettes roses » s’offusque Beytout. « Pour le moins préoccupant assène t il, quand ce haut conseil a été installé pour être une autorité indépendante pour surveiller et crédibiliser la trajectoire des finances publics. Ce devrait être un honneur pour le politique de la respecter. Au lieu de cela, le gouvernement au mieux l’ignore, au pire la dénonce. Signe d’un pouvoir faible » conclut il.

« Filouteries et cavaleries » dénonce à son tour Gaetan de Capele à la Une du Figaro, pour ce « chef-d’oeuvre de prestidigitation » ; les candidats à la primaire de droite surfent évidemment sur les critiques du haut conseil pour déjà, jouer le coup de l’héritage nous explique les Echos…quitte à passer sous silence le fait qu’à leur tour ils prévoient tous de creuser le déficit en cas de victoire. Médiocre jeu de rôle de part et d’autres. A 7 mois de la présidentielle, on n’en a sans doute pas fini avec les surenchères ou volte-face. Le Parisien affirme ce matin que le gouvernement veut donner un coup de barre à gauche en remettant sur le métier ce à quoi il avait renoncé il y a quelques semaines seulement, la taxation des cdd et le déplafonnement des cotisations chômage sur les gros salaires…Sincérité, crédibilité des politiques disait on…

Vous nous parliez d’un 2ème exemple hélène ?

Concernant l’exemplarité cette fois. C’est Marianne ce matin qui mène la charge contre celui qui la piétinerait, le candidat Nicolas Sarkozy. Une double page avec pas moins de 15 photos des proches de l’ex président cernés par la justice : de claude guéant à bernard Squarcini, de Patrick Balkany à pAtrick Buisson et tant d’autres. Cernés donc, pas tous condamnés. Mais pour Renaud Dély, « contrairement au proverbe chinois qui veut que le poisson pourrisse par la tête, dans la Sarkozye, dit il, c’est par la queue qu’il pourrit, tout un banc de poissons pris dans les filets de la justice. Il accuse le premier de ces poissons Nicolas Sarkozy en personne, d’être lancé dans une course de vitesse pour échapper à la justice, qui en réalité met en péril dit il, la solidité même de notre équilibre démocratique »

Pour sortir de cette défiance, y a peut- être une solution. Pas celles que vous retenez dans votre enquête, mais celle que la Revue des 2 mondes ausculte dans son numéro d’octobre : et si on s’en remettait à un Roi ? En août dernier, un sondage montrait que 17% des français seraient favorables à ce que la fonction de chef d’état soit occupée par un roi. Un vrai, pas notre « monarque républicain » de la Vème république ! Du coup historiens et intellectuels s’interrogent sur cette nostalgie qui en dit long sur le manque de verticalité, d’incarnation, de sens et peut être même de sacré de notre système institutionnel actuel. Peut-être pas La solution, le roi, mais un passionnant numéro

On poursuit Hélène avec un livre, une enquête et une belle interview

Une du Point, « Libérez votre cerveau ! », seuls les esprits malicieux y verront une allusion aux actuels embarras de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de celui qui se présente comme le manipulateur de son cerveau d’hier Patrick Buisson, mais la Une du Point c’est aussi l’annonce du livre choc d’un autre candidat, François Fillon : « Vaincre le totalitarisme islamique ». 150 pages pour exposer son plan d’action, et peut être tenter d’imprimer un peu les esprits aussi, lui qui est à la peine dans les sondages. « la France est menacée dans son identité, son mode de vie, sa liberté d’expression affirme François Fillon, par un adversaire qui s’est déployé sourdement chez nous dit il. Il n’y a pas de problème religieux en France, mais oui il y a un problème lié à l’Islam ».Solutions cash à la clef, il reprend notamment l’idée de la déchéance de nationalité des djihadistes français qui doivent être interdits de retour sur notre sol. »

Une enquête à lire sur le site les Jours sur un groupe qui pourrait bien être un champion de l’évasion fiscale. Ah mince, il est français…il s’agit d’Engie, ex GDF-Suez, détenu à 33% par l’Etat. Engie épinglé il y a quelques jours par la commission européenne qui a annoncé une enquête sur le traitement fiscal accordé par le Luxembourg à plusieurs de ses filiales. Enquête fouillée de Nicolas Cori qui a mis au jour pas moins de 26 filiales au Luxembourg de la multinationale, dont l’objectif principal explique t il est bien de diminuer au final sa charge fiscale…Pour l’instant, on est très loin des sommes évoquées pour Apple, mais la commission européenne n’en est qu’au début de son enquête…celle des Jours va peut être lui faciliter le travail

« Moi je suis président, mais lui est le Boss » avait déclaré Barack Obama. Le Boss, Springsteen est à la Une de l’Obs cette semaine. Entretien exclusif mené par Antoine de Caunes et François Armanet à l’occasion de la sortie de son autobiographie. Springsteen qui se confie sur la dépression qui le poursuit et qui a grandement influencé sa musique, Springsteen qui parle de l’amérique d’aujourd’hui, « de ce capitalisme devenu fou, aux dépens de ceux qui ont bâti ce pays de leurs mains, ces écarts de richesse grandissants qui ne cessent depuis 30 ans d’aggraver la situation et les réponses tellement simplistes de Trump aujourd’hui, Springsteen qui raconte aussi comment le racisme est profondément ancré dans la société américaine, d’ailleurs la haine d’une partie des blancs d’amérique contre Obama se résume à ça, dit il, ils ne veulent pas d’un président noir. Lui salue un Grand président, Paroles d’un Boss engagé dans la vie de la cité… Et puis un scoop, Le Boss pourrait bientôt être juré au festival de Cannes ! il a dit oui à Thierry Frémeaux son délégué général. Bon, il n’a pas dit quand…

Vous terminez par un appel à candidature

TF1 cherche des cerveaux ! Disponibles évidemment. Petite annonce à lire dans le Parisien. TF1 cherche en effet la personne la plus intelligente de France. Ok,c’est pour un jeu, pas pour l’élection présidentielle, mais avis aux amateurs…

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