Patrick Cohen : En politique et à l'école, ça sent la rentrée... Bruno Duvic : Evidemment qu'on la ressent cette rentrée des classes ! Même le gris de la météo nous ramène au cuir sombre des cartables et à cette odeur d'encaustique fraîche qui a marqué nos sens. Voilà comment débute l'édito de L'Union de Reims ce matin. Alors pour la rentrée des classes, on attendra jeudi quand même. La rentrée politique à gauche, c'était ce week-end. Après le discours de Martine Aubry à La Rochelle, le Parti socialiste sent-il l'encaustique fraîche ? A-t-il le cuir tanné pour le combat de 2012 ? C'est le débat du jour dans la presse. "Un autre PS est-il possible ?" se demande Libération. Premier constat dressé par Jacques Guyon dans La Charente-Libre, la photo d'unité. Hier, c'est côte-à-côte que Martine Aubry est Ségolène Royal ont quitté la scène. Unité fragile. C'est peut-être "l'union avant les gnons" titre encore Libération. Mais beaucoup d'éditorialistes donnent quitus aux socialistes sur ce point. On a suffisamment dénoncé leurs divisions pour ne pas souligner cette camaraderie au moins affichée. "L'union, d'accord, mais pour faire quoi ?" se demande Michel Lépinay dans Paris-Normandie. Une autre France est possible dit Martine Aubry. Mais de quelle France parle-t-elle se demande Yves Tréhard dans Le Figaro. Celle des 35 Heures, des ratés de l'intégration dus à des années de laisser-aller, de la retraite à 60 ans ? Le PS n'a aucun programme renchérit Eric Leboucher sur "slate.fr". Et il insiste : "je dis bien aucun". Le socialisme est idéologiquement "à poil". Et la première raison, c'est son côté "bobo", bisounours, la conviction que le monde va mal à cause des méchants, les banquiers, Sarkozy, les riches, et qu'il suffit de rétablir les impôts et la morale. Il faut donc passer de l'antisarkozysme à la quête d'un projet. C'est la Une de L'Humanité ce matin qui parle aussi de la rentrée du Parti communiste, de Jean-Luc Mélenchon et d'Olivier Besancenot. Pour L'Huma, la gauche est "requinquée à la rentrée". Sondages encourageants, pouvoir affaibli, unité affichée, une ébauche de programme tout de même : il y a une embellie. Mais dans ce que Martine Aubry a appelé "la République abimée" par Nicolas Sarkozy, le PS a désormais un devoir d'invention pour Jean-Pierre Bédéï dans La Dépêche-du-Midi. Pour convaincre et durer, conclut Michel Urvoy dans Ouest-France, il faudra une gauche très... adroite. Ca sent la rentrée. Les éditorialistes politiques ont déjà écrit leur première composition. Mais dans les classes, il y a toujours un professeur pour vous dire qu'il faut relativiser ce qui se passe chez nous et regarder ailleurs. Patrick Cohen : Alors direction le Pakistan... Bruno Duvic : "Le Pakistan avalé par les eaux" titre Le Figaro. La carte publiée par le journal est impressionnante. Les zones inondées couvrent la moitié du pays. C'est le plus vaste lac du monde dit la directrice de l'organisation OXFAM à Islamabad. Sa superficie est égale à celle de la Belgique, de l'Autriche et de la Suisse réunies. Il y a urgence au Pakistan ! Le Pakistan et les territoires palestiniens. Les négociations qui vont reprendre cette semaine à Washington soulèvent une poussière d'espoir. Le quotidien La Croix saisit cette actualité pour publier une série d'articles sur le thème "vivre en Palestine". Et aussi surprenant, voire choquant, que cela puisse paraître, ça commence comme-ça... MUSIQUE : BONEY M Fin juillet, la ville de Ramallah s'est offert un concert de Boney M. Du kitsch, du disco et des boules à facette à quelques mètres du mausolée de Yasser Arafat. "Ramallah, écrit Karim Lebhour, c'est la bulle des fêtards Palestiniens". Ces derniers mois, cinq ou six bars ont ouvert leurs portes. Fièvre consumériste dans une économie à 8% de croissance l'an dernier, en Cisjordanie. Les gens ont envie d'oublier la situation politique. Bien sûr, dès que vous sortez de la ville, vous tombez immédiatement sur un barrage. "Mais ce n'est pas parce que nous vivons sous occupation que nous devons nous asseoir et pleurer" dit une habitante. Ramallah est une bulle. A Naplouse ou Hébron, par exemple, jamais on ne vous servira d'alcool. Ici, la majorité des habitants sont originaires de l'extérieur, les clans et les grandes familles ont moins de poids qu'ailleurs. Chacun sait bien que la région peut s'enflammer à tout instant, mais il faut vivre avec cette incertitude. Patrick Cohen : Après les nuits festives de Ramallah, retour en classe... La rentrée dans la presse, suite et fin... Bruno Duvic : Des tout-petits aux très grands... Dans les écoles maternelles de Marseille, les enfants de moins de trois ans seront placés en liste d'attente. On ne les acceptera que s'il reste de la place une fois intégrés les petits de trois ans et plus. "Rue89" exhume une lettre de l'Inspecteur d'Académie des Bouches-du-Rhône datée du 14 juin. Peut-être pas de place donc, pour les enfants de deux ans et demi. Un syndicaliste y voit la conséquence des coupes dans les effectifs d'enseignants. L'Inspecteur d'Académie assure que c'est une règle qui s'applique tous les ans. Les parents des bouts-de-chou en liste d'attente ne sauront que jeudi, après la rentrée, s'ils doivent rappeler la nounou. Les très grands, les étudiants, eux, sont à la Une du Parisien. Selon une enquête du quotidien, dans un contexte de pénurie de logements, les bailleurs et propriétaires de logements leur imposent très souvent des contrats abusifs. Allez pour finir... pour les hommes politiques, les étudiants et les enfants qui s'apprêtent à faire leur rentrée la boule au ventre, Le Figaro publie une collection de mots d'excuses adressés par des parents d'élèves à un enseignant de la région parisienne. Il en a fait un livre. Je vous en cite un seul qui peut servir à tout le monde et en toute circonstance : "Veuillez ne pas trop accabler mon fils pour ses mauvaises notes. Einstein était lui-même un piètre élève. Merci de votre compréhension". Patrick Cohen, je vous le donne celui-ci...

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