(Patrick Cohen)

A la Une ce matin, "Mais que fait la police ?"

(Bruno Duvic)

Question posée à Marseille, on y revient dans un instant, arrêtons nous d'abord sur l'enquête du Monde à ce sujet.

Pour couvrir au plus près du terrain la campagne électorale à venir, le quotidien a élu domicile pour toute l'année, auprès des habitants de huit villes comme autant de reflets de la France en 2011-2012. Cela va de la cité pavillonnaire à la cité tout court en passant par la ville moyenne, celle de banlieue, celle de campagne ou encore la métropole.

Les journalistes tiennent un blog et régulièrement, ils publieront le fruit de leurs enquêtes dans le journal. Nom de l'opération "Une année en France".

(Patrick Cohen)

Premier sujet abordé, la police : mais où est-elle ?

(Bruno Duvic)

La question est posée par Michel 75 ans, à la Courneuve. Il a été agressé en décembre, il n'a pas vu l'ombre d'un flic. Même chose pour cette commerçante de Sucy-en-Brie dévalisée en octobre dernier.

D'ailleurs à Sucy, il n'y a plus de commissariat, il a déménagé. Ce n'est pas une exception. Et pourtant partout, le climat se tend, même à Mézères, 150 habitants en Haute Loire.

Pas de vrai problème d'insécurité dans la commune mais depuis vingt ans maintenant, on n'y organise plus de bal. Peur des fins de soirée qui dérapent et des bagarres alcoolisées. Avant, dit le président du comité des fêtes, cela se réglait à coups de baffes, aujourd'hui, ça peut se faire à coups de fusils.

Insécurité ou sentiment d'insécurité. Partout, Benoit Hopquin et les journalistes d'une année en France ont saisi la même demande. Celle d'une police au jour le jour, de proximité aurait-on dit autrefois. Cette police qui peut intervenir si ça se passe mal, mais surtout qui est là pour discuter, sermonner un gamin qui grille un feu rouge à vélo, jeter un coup d'œil dans le quartier. Bref prévenir, avant que le climat ne se dégrade.

(Patrick Cohen)

Et donc, où est la police ?

(Bruno Duvic)

Dans un article distinct, Le Monde s'attaque à la question des effectifs de policiers qu'ils soient de proximité ou pas et de gendarmes.

Selon Laurent Borredon, sur huit ans, les économies budgétaires ont bien entrainé une baisse des effectifs qui a effacé les augmentations du ministre de l'Intérieur Sarkozy en 2003. Mais cette baisse est légère. La question est celle de la présence des policiers sur le terrain.

Sur un peu moins de 150.000 policiers, en moyenne seulement 4.000 patrouillent dans les rues. Cette faiblesse là a longtemps été niée, elle pourrait être au cœur des échanges droite-gauche dans les mois à venir.

(Patrick Cohen)

Que fait la police ? Question posée à Marseille en particulier .

(Bruno Duvic)

"Sécurité à Marseille, un enjeu national", titre La Provence .

Après la série de faits divers cet été, Claude Guéant installait hier le nouveau préfet de police dans la ville et Martine Aubry s'est invitée le même jour dans la cité phocéenne.

Pour les éditorialistes, c'est "Bien joué, mais..."

"Martine Aubry a le souci de ne pas laisser à la droite le monopole de la loi et de l'ordre", écrit André Schelcht dansL'Alsace . "Le coup de communication est bien vu", pour Hervé Favre dans La voix du Nord .

Elle défie Sarkozy mais aussi « Hollande un peu mou du genou sur ces dossiers », ajoute François Martin dans MidiLibre ".

Mais c'est en faisant des propositions sérieuses que le PS deviendra crédible dans ce domaine", estime Bruno Dive dans Sud-Ouest . Surtout que les Bouches du Rhône, c'est un département où le PS, dans d'autres dossiers n'est pas franchement exemplaire. C'est l'affaire Guérini qu'évoquent Daniel Ruiz dans La Montagne et Patrice Chabanet dans Le journal de la Haute-Marne .

Dans le traitement que la presse fait de ce mano-a-mano, on relèvera le tour de passe-passe à la Une du Figaro . Ce n'est pas Martine Aubry qui critique Claude Guéant, c'est "Guéant qui attaque la gauche sur son bilan".

(Patrick Cohen)

Rentrée difficile décidément à Marseille.

(Bruno Duvic)

Même l'OM a des ratés, 4 matches de championnat de foot, aucune victoire et l'entraineur Didier Deschamps qui avait la cote dans la presse, commence à être critiqué. Deschamps, pourquoi il coince, c'est la Une de L'Equipe .

Dans L'Equipe également, l'histoire de Ricardo, ancien joueur et coach du PSG et de Bordeaux. Il est dans le coma artificiel après une hémorragie cérébrale en plein match dimanche à Rio où il est aujourd'hui entraineur. Une ambulance est venue se garer devant le banc de touche. Le patient est encore dans un état grave disent les médecins, il faut attendre trois jours pour en savoir plus.

(Patrick Cohen)

Quoi d'autre dans la presse ?

(Bruno Duvic)

La peur que les bactéries soient de plus en plus résistantes aux antibiotiques. A la Une du Parisien-Aujourd'hui-en-France , "Alerte à la bactérie tueuse". On parle même de super-bactérie, elle s'appelle Klebsiella Pneumoniae. Elle résiste aux médicaments et elle est à l'origine de 3 décès cet été à l'hôpital Jacques Cartier de Massy, dans l'Essone.

"L'austérité nuit gravement à la solidarité". Manchette de L’Humanité ce matin. Selon L'Humanité , le secteur de l'aide aux personnes va perdre 10.000 emplois cette année. Et la réforme de la dépendance est reportée au nom des économies.

Affaires de famille et affaires tout court. Vous avez aimé Les Bettencourt, vous allez adorer les Takieddine. L'homme d'affaires soupçonné d'avoir joué les intermédiaires dans les ventes de sous-marin au Pakistan se sépare de se femme et ça se passe mal. Son épouse est prête à parler aujourd'hui au juge Van Ruynbecke. C'est à lire dans Libération. Et le siteMediapart met en ligne les documents Takieddine accumulé au fil de ses enquêtes.

Allez, un peu de douceur pour terminer : une berceuse (extrait de La Berceuse , de__ Bénabar)

Benabar, la Berceuse , c'était il y a quelques années, l'histoire d'un père qui, sur un ton très doux, dit les pires horreurs à son bébé qui ne s'endort pas. Avis à Benabar et tous les autres, un livre peut vous aider :Libération y consacre deux pages. Seule la version américaine existe pour l'instant.

Elle se présente comme un ouvrage pour enfants avec de jolis dessins de bébés, d'animaux et de peluches. Mais le titre est pour adultes : "Go the fuck to sleep ! (Endors-toi, bordel !)".

A chaque page, à côté des dessins, quelques lignes racontent que la grenouille a fait son dernier saut, que le lion ronfle paisiblement, alors toi bébé, endors-toi et fissa !

Les blogs chrétiens et les parents coincés hurlent au scandale, mais le succès est là. 200.000 exemplaires vendus, une version audio avec la voix de Samuel L. Jackson et un film déjà prévu.

Se défouler avec un livre c'est peut-être la moins mauvaise des solutions. Dans la chanson de Bénabar, le papa excédé finissait par céder à la vengeance et jouer de la trompette au bébé à peine endormi.

A demain !

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