(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : reviens Germaine !

(Bruno Duvic) Eh oui, elle est morte Germaine, elle avait 88 ans. Son vrai nom c'était Maggy Dussauchoy. Cela faisait au moins 30 ans qu'elle surveillait la cuisson des pâtes. Germaine, la figure des publicités Lustucru nous a quittés lundi. Il faut éplucher le carnet de Libération et du Monde pour apprendre la nouvelle...

Alors, reviens Germaine ! Des œufs fêlés, y'en a plein la presse ce matin.

Et d'abord : touche pas à la poule aux œufs d'or ! Dans Le Nouvel Observateur , enquête d'Odile Benyahia-Kouider sur la bataille des 75%. Comment les élites fortunées font le siège de François Hollande pour qu'il revienne sur cette promesse de taxer un peu plus les revenus au delà d'un million d'Euros.

Depuis le mois de mai, ils demandent à rencontrer le président, cet été les SMS ont crépité.

Dès son retour, le chef de l'Etat recevait 12 grands patrons à déjeuner. Rencontre bien vite rebaptisée "Hollande et les 12 apôtres".

C'est qu'ils n'y vont pas avec le dos de la cuiller d'argent, pour dénoncer la mesure : « Les 75% c'est du viol » dit l'un.

Un autre fait référence à la révocation de l'édit de Nantes. « Quand Louis XIV a interdit le protestantisme, les horlogers sont partis à Genève, les artisans qualifiés à Berlin ou Amsterdam et les officiers de la marine royale en Angleterre. Voilà ce que l'on risque aujourd'hui. »

Les grandes fortunes, nouveaux huguenots des années 2010.

On plaisante, on plaisante, mais le lobbying et les menaces de départ à l'étranger ont en partie porté : la taxe touchera moins de monde que prévu et sera provisoire. Et les footballeurs et les artistes en sont exonérés, parce que ce sont des créateurs aux revenus aléatoires.

Il faut dire qu'à gauche, le soutien à cette mesure relève de l'œuf mollé. Emmanuel Macron, le secrétaire général adjoint de l'Elysée, naguère associé chez Rothschild, écrivait au mois de mai dernier : "les 75% c'est Cuba, sans le soleil".

Cela dit, le président n'ira sans doute pas plus loin dans les concessions : il dit entendre le concert des pleureuses, mais aussi une autre petite musique qui l'accuse de mollesse.

Petite musique qui relève de la symphonie.

Et même du hard-rock.

A la Une de Valeurs actuelles : « Déjà dans le mur ? »

A la Une du Point : « On se réveille ? »

Selon Sylvie-Pierre Brossolette, le président est revenu de vacances en secouant son monde : « il faut des décisions, de l'action, de la rapidité. »

Message reçu par Michel Sapin, ministre du Travail : en manchette de La Dépêche du midi , cette citation : « Agir pour l'emploi, vite ! »

Le Point poursuit le procès de l'action et de la méthode du gouvernement. « Ayrault est en panne d'autorité, écrit Michel Revol. (...) Quelques ministres ont un accès direct au chef de l'Etat. Souvent Matignon est tenu à l'écart des grandes décisions. »

Alors on dira, toutes ces critiques viennent de la presse de droite. He bien pas seulement. On a pu lire cette semaine des éditos critiques dans Libération .

Et ce matin, Le Figaro et L'Humanité cassent des œufs de concert. En se déplaçant pour l'ouverture des universités d'étés du Medef, le Premier Ministre a mécontenté tout le monde.

Devant les patrons, il n'a pas prononcé le mot clé : flexibilité. Dans Libération , une chef d'entreprise peste sur le temps perdu : "dire que j'ai décalé une réunion pour venir écouter ce vide intersidéral.

Pas d'annonce... Il faut lire l'interview de Pierre Moscovici dans Les Echos ce matin pour apprendre que les biens professionnels ne seront pas intégrés dans le calcul de l'ISF.

Mais pour L'Humanité , ce vide c'était déjà trop : « le message de confiance adressée aux patrons est assez loin de la thématique de campagne 'mon adversaire c'est la finance » écrit Paule Masson.

Synthèse à la Une du Figaro. « Ayrault déçoit les patrons... et la CGT ». La CGT qui appelle à la mobilisation le 9 octobre.

Pour retrouver les faveurs de l'opinion, la majorité mise sur la réforme de l'école. L'école à la Une de beaucoup de journaux à quelques jours de la rentrée.

« Hollande materne l'école », titre Libération . « Ecole, ce que le ministre veut changer » ajoute Ouest France .

Dans La Provence , l'appel d'une élue de Marseille

Les quartiers chauds de Marseille en proie à la guerre des gangs. « Il faut envoyer l'armée dans les cités ! » Ce n'est pas un élu de la Droite populaire qui parle mais Samia Ghali, sénatrice-maire PS de Marseille. Elle a lancé un premier appel dans Le Parisien dimanche. Elle le réitère dans les colonnes de La Provence .

"Les autorités ne mesurent pas la gravité de la situation. La vérité, c’est qu’aujourd’hui, le premier employeur des jeunes dans certaines cités, c’est le trafic de stupéfiants.

(…) Face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n’y a que l’armée qui puisse intervenir. Pour désarmer

les dealers d’abord. Et pour bloquer l’accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir.

Je ne supporte pas ces pseudo-gaucho-intello-bobo qui vous disent que fumer un chichon, ce n’est pas grave. J’ai vu des mères pleurer en demandant à la police d’arrêter leurs enfants qui se droguaient. On ne peut s’indigner le jour de l’existence des trafics et aller le soir acheter du cannabis ou de la coke dans les quartiers nord."

Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?

Quand Roselyne Bachelot met les pieds dans le plat. L'ancienne ministre défend le mariage gay dans le Huffington Post . Elle retrace l'histoire de l’institution-mariage pour en arriver à la conclusion suivante.

« Le mariage aujourd'hui, c'est la proclamation devant la société d'un lien amoureux et d'une volonté de vivre ensemble.

Tout ce qui justifiait de réserver le mariage aux seuls couples de sexes différents a volé en éclats. Il est temps d'ouvrir une nouvelle page de nos libertés. »

Le tour de passe-passe de François Fillon. Entre son départ de Matignon et son élection à l'assemblée, il a créé sa société de consulting. « A la lettre il respecte la loi sur les conflits d'intérêts. A défaut d'avoir respecté l'esprit de la loi. » C'est à lire sur Rue89 .

Terminons par un voyage en terre inconnue. Alors qu'une équipe du muséum d'histoire naturelle part en mission dans l'un des coins les plus reculés de Madagascar, Le Parisien-Aujourd’hui en France consacre une page aux territoires encore vierges de toute empreinte humaine.

Ils sont en Patagonie, au cœur de la Guyane, sur des îles au large du Chili, dans l'Himalaya ou les Andes. Peu à peu les scientifiques les explorent et découvrent de nouvelles espèces. Des poissons sans yeux en Guinée, des crocodiles nains oranges dans des grottes du Gabon ou encore un crabe hirsute sur les Galapagos.

Pas touche, espèce rare ! Dommage, Germaine, un bon plat de pâtes au crabe hirsute, c'est tentant...

A demain

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