Presse-Océan célèbre la solidarité autour d'un camp de réfugiés, une jungle au coeur de nantes. L'Obs raconte les agressions sexuelles dans les écoles de musique, où il faut "passer sous le piano". Pour Mediapart, un scandale sanitaire couve en Bretagne, où des vaches sont empoisonnées par des antibioiiques.

On parle des albanais ce matin dans la presse…

Des albanais dont on ignore s’ils sont des individus de chair et d’espérance OU une catégorie statistique qui nous menace puisque « la France est débordée par les demandes d’asile », titre du Figaro,  et parmi ces demandeurs d'asile, les albanais, que Gérard Collomb veut réduire, albanais liés aux mafias, au proxénétisme, au trafic de drogue, un demandeur d’asile, fabriquait de l’héroïne dans son logement social de la région lyonnaise dit le Figaro… 

Oui mais. Dans l’Indépendant, on parle d’Amarilda qui a seize ans et qui vient de passer brillamment son brevet des collèges et pour laquelle on se mobilise à Perpignan, car Amarilda Mitaj est expulsable avec son frère Kevin et ses parents Kastriot et Marjane: la famille Mitaj, des gens que l’on connait, Les Mitaj qui n’émargent pas à la mafia, mais qui au contraire sont venus chez nous en 2016 pour échapper à un clan mafieux qui les menaçait, un jeune du clan avait importuné Amarilda dans la rue, son papa l’avait défendue, il s’était fait tirer dessus… 

Et voilà une fracture française entre la POLITIQUE du Figaro et la PROXIMITE  de l'indépendant... On redoute les migrants en général, on les accueille localement. L'indépendant fait sa Une sur l'évèque de Perpignan qui soutient Almarilda, le Figaro dans son éditorial peste contre une vieille vertu chrétienne, la charité, qui en matière de migrants serait une charité mal ordonnée...  

A propos de vertu chrétienne. Ouest-France décrit ainsi Nantes,  "terre modelée par l'héritage catholique, aux fortes convictions humanistes" et c'est au nom de cet héritage que des nantais se mobiliseraient auprès de quelques 400 réfugiés érythréens installés dans des tentes square Daviais... Ils ont du mérite comprend on. Une jungle au coeur de Nantes où flotte l'odeur d'urine car les migrants urinent sur des bottes de paille posées près de la Fnac, il y a  des rats, de la gale, de la tuberculose, lis-je dans Ouest France,  aussi dans le Figaro... 

Et pourtant, sur deux pages, Presse-Océan, le journal local, n'a pas un mot ce matin sur ces nuisances mais célèbre ces habitants qui nourrissent les réfugiés, qui les hébergent parfois. Vue de près, la France a une bonne tête... 

En même temps...  Sur le site du Parisien, je lis que hier matin à l'aube, à paris, dans le XVIIIe arrondissement, rue des Poissonniers, des habitants s'étaient rassemblés pour empêcher l'arrivée de migrants dans un ancien gymnase devenu centre d'accueil...  il est « hors de question d’amener ces migrants sur un site où habitent des familles » dit Brahmi. Il ne faut rien généraliser. 

Des agressions sexuelles dans des écoles de musique... 

Que raconte l'Obs sous ce titre, "silence on viole au conservatoire" et Léa qui avait seize ans quand son vieux professeur de 66 ans à l'école normale de musique de paris lui a passé la main sous le pull...  Les parents de la jeune fille voulaient lui casser la figure,  elle les en a empêché. Le satyre était un musicien célèbre et influent et elel comptait sur lui pour intégrer  le conservatoire national supérieur de musique... Et Léa a attendu deux ans pour porter plainte, après trop de chantages  et de perversions imposées par le vieux maestro, qui a été condamné, finalement, à... quatre mois de prison avec sursis...

C'est l'envers du monde des virtuoses, un monde de silence et de cynisme, où l'on sait que tel enseignant bat la mesure sur les fesses de ses élèves, et chez tel autre, pour y arriver, il faut "passer sous le piano"... 

L'article de l'Obs semble presque témoigner du monde ancien... il arrive un an après l'affaire Weinstein. mais les violences ne zappent pas , ni les petites humiliations... La joueuse de tennis Alizée Cornet, c'est dans le Monde, a été sanctionnée à l'US Open pour avoir retiré son tee-shirt qu'elle avait enfilé à l'envers et c'était trop pour le tournoi où -il fait caniculaire à New York nous raconte l'Equipe - ces messieurs, eux, se rafraichissent torses nus entre deux échanges...

Il y a plus grave... Dans Var Matin, une jeune femme de 23 ans raconte son calvaire; elle s'appelle Laura Prioul, elle a été violée il y a deux ans à paris, et elle accuse un homme Saad Lamjarred, vedette de la chanson marocaine qui vient d'être mis en examen pour un autre "viol aggravé". Et Laura raconte qu'après avoir accusé la vedette... elle a subi des insultes, des menaces de mort, des menaces de viol... 

« Quel conseil donneriez-vous à la personne qui a porté plainte à Saint-Tropez ? » lui demande Var Matin...

« J’espère que son nom ne sera pas révélé », répond-elle... 

Libération célèbre les femmes qui s'engagent dans la littérature policière, la croix compte sur les femmes pour sortir l'église du cléricalisme et de ses mensonges.  Il faut avoir du courage pour être une femme. Pas seulement...

Et on trouve d'autres histoires de courage dans les journaux...

Qui rafraichissent, en ce jour où le monde d'en haut a la belle vie, quand Libération ou la croix dissèquent l'influence des lobbys et un ancien premier ministre, Manuel Valls, file à la une de Paris match un amour légitime et en maillot de bain avec une millionnaire espagnole qui l'accompagnerait sur le chemin de la mairie de barcelone...

Lisons donc le simple courage de deux jeunes gens obèses qui se contentent de vivre, à Valenciennes , en dépit du regard des autres, et que la Voix du Nord accompagne dans leur pérégrinations, dans un monde inventé pour les heureux de la norme.

Lisons dans la Charente libre le simple courage des employés de Indiscrète, une entreprise de lingerie dans la vienne, qui se battent pour sauver leur usine... Leur patron s'est suicidé cet été après une mise en redressement judiciaire, il ne supportait pas l'idée de devoir licencier à nouveau...

Lisons aussi... Dans Mediapart, le courage trahi  de Christophe Thomas,  producteur de viande et de lait, à Mousteru, Cotes d'Armor... auquel une coopérative a livré, par erreur  et sans l'avertir, des granulés pour lapin contenant des antibiotiques. Ses bêtes sont tombées malades, saignements et diarrhées et un scandale sanitaire couve, assure Mediapart car une partie de la production de Christophe est parti sur le marché... Il n'y est, cet homme, pour rien. 

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