.Le football de Céline Sciamma, grande cinéaste et star de la coupe Bernard Tapine, le Monde. Des pieds-nickelés orpailleurs dans la Dépêche. Marianne regrette les "salauds de pauvres". Philippe de Villiers en ses affres créatrices dans Ouest-France. Les Prokofiev, compositeurs de grand-père en petit-fils, le Figaro.

On parle de caractère...

Le caractère d'imprimerie qui est la passion baroque du magazine des Echos, le personnage du jour s'appelle donc Helvetica, elle est, sobre et droite, la star de la typographie depuis plus de 60 ans... Elle fut inventée en suisse à Munchestein où naitrait également Roger Federer, quelle chance a cette ville, à la fonderie Haas, et Helvetica fut en 1957 un soulagement après des décennies de caractères alourdis d'empâtements, Helvetica était propre lisible linéaire en angles droits et s'inspirait du Bauhaus, l'école cubique d'architecture, et ce fut jusque dans le Métro de New York une révolution nette. Mais l'esthétique est ingrate et Helvetica est accusée désormais d'être aseptisée... Alors elle se réinvente. Un quinquagénaire, Charles Nix, tombé dans l'écriture depuis son jeune âge, fils d'un imprimeur et d'une calligraphe et qui à quatre ans imprimait les bulletins paroissiaux, a passé deux ans à redessiner 40.000 caractères, et repenser les espaces pour qu'Helvetica soit telle cet ex abandonnée dont on redécouvre le charme, ainsi badinent les échos. Je lis que Helvetica Now, c'est son nom, va mieux s'adapter aux écrans de smartphones, il s'agissait de ça? Mais quel hommage aux caractères qui portent nos mots, nos espoirs, nos combats et nos hontes.

La Croix nous accuse à la Une. L'Europe rechigne à sauver les migrants, ce sont les manoeuvres dilatoires aux frontières du droit, un droit mou, un droit tordu des Etats européens, pour entraver les ONG et bloquer leurs bateaux. Le Mare Jorno, qui va pouvoir débarquer en Sicile 26 femmes et 22 enfants, venait de reprendre la mer après avoir été mis sous séquestre deux mois... Le Un raconte aussi les migrants qui sombrent comme dans « un trou dans l’eau »,  et cette Méditerranée où flottent aussi bien les rafiots des réfugiés que des yachts pour milliardaires. Mais d'autres yachts sont affrétés par des passeurs habiles pour des migrants fortunés, qui payent 10.000 dollars pour échapper aux radars.  La lutte des classes partout. Le footballeur Xavi, autrefois star de Barcelone, avait offert son yacht il y a trois ans à une ONG de secours aux migrants. Il est des hommes qui rachètent leur espèce et leur jeu. 

On revient dans Nice-Matin sur les cris homophobes des stades que des arbitres n'admettent plus; à Nice où l'on a vu des banderoles moquant « la pédale » et un football « plus gay », un supporter plaide l'humour et la colère, non pas contre les gays, mais contre les instances du football qui briment les tribunes populaires où l'alcool est interdit ,quand dans les loges on rince les nantis. On crierait des insanités contre la décence imposée d'en haut? On redoute une escalade de provocations dans des journaux progressistes, la Marseillaise mais aussi Le Monde où un sociologue constate que les politiques de bonnes intentions ne savent pas grand chose des supporters qu'ils veulent amender. 

Foot et homosexualité peuvent faire beau ménage si on a du talent. Le Monde sur son site et dans son magazine livre un portrait élégant d'une grande cinéaste et icône gay, Celine Sciamma, dont le dernier film, « Portrait de la jeune fille en feu », serait selon son amie écrivaine Virginie Despentes « un film lesbien absolu », mais on apprend au passage que Sciamma avec d'autres amies militantes aime le foot et y joue dans des équipes de filles, telles « les Gouines Amann », dans un tournoi amateur baptisé « la coupe Bernard Tapine ». 

Une nostalgie de cinéma dans Marianne...

Qui regrette le temps des « salauds de pauvres », ce cri lancé par Gabin dans la Traversée de Paris, quand le cinéma ne se pétrissait pas que de bonnes intentions  et l'on pouvait, « Affreux sales et méchants », montrer de la laideur de la saleté dans les classes populaires, le Père Noel aussi était une ordure... Marianne se fatigue de l'angélisme édifiant qu'illustrerait "Vie Scolaire" de Grand corps malade... C'est un peu vrai un peu faux et titillant à lire... Fera-t-on un lien avec nos polémiques, si les supporters pauvres, par nature sont vus comme des salauds? 

Dans la vraie vie, chacun fait comme il peut. La Dépêche raconte des pieds-nickelés qui ont inventé tout seul un gigantesque trafic d'or dans le Sud de la France... ils allaient dans des carrières solliciter des entreprises d'extractions de pierres, et leurs demandaient s'ils pouvaient poser des tapis de crible dans leurs exploitations, pour récupérer des petits matériaux rejetés par les machines, et dans ces matériaux venaient  des poussières d'or, qu'ils allaient ensuite, dans un atelier à Casteljaloux, transformer en lingots, en bijoux, qu'une échoppe en aAndorre mettait sur le marché... Tout ceci n'est pas légal et nos orpailleurs sont en prison, de bien braves garçons pourtant qui régalaient les personnels des carrières de blocs de foie gras pour avoir bon accueil...  

Le Dauphiné nous alerte sur la fin probable des glaciers, et les paysages des alpes qu'on menace en les visitant. Ouest-France me raconte Yann, quiia passé l'été seul sur une ile bretonne au large du Finistère a protéger les sternes, des oiseaux menacés, et a tant aimé cette solitude de garde ornithologique qu'il veut repartir. Ouest-France encore nous dit les affres de la création de Philippe de Villiers quand il compose les spectacles de son Puy-du-Fou, il crache de l’eau pour figurer les cracheurs de feu du Moyen-âge, et il est plus attachant dans cette ébulltion que dans sa politique. Ouest france est imprimé en Helvetica. 

Et une histoire de famille dans le Figaro...

Qui célèbre cet été les transmissions et les dynasties et qui ce matin nous invite à cela:

(SON PROKOFIEV PIERRE ET LE LOUP)

Evidemment Pierre et le Loup, 1936 du grand Serge Prokofiev... Et bien hérédité, son petit-fils, Prokofiev également, Gabriel, a suivi ses traces et est compositeur, cela donne ceci

(SON GABRIEL PROKOFIEV)

Est-ce semblable? Mais cet homme jeune mixe également, dans une boite de nuit où l'électro alterne avec le classique.  Au-delà des curiosités de la transmission, l'article du Figaro se lit passionnément par ce qu'il nous rappelle de l'Union soviétique et des traumatismes jamais guéris:, Gabriel compose en pensant à son père dévasté enfant quand sa mère, fut arrêtée par le KGB après avoir été abandonnée par son compositeur de mari. Serge Prokofiev surnommait ses garçons Opus 1 et opus 2, ainsi l'auteur de Pierre dévorait ses enfants.

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