(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : le flux et le reflux

(Bruno Duvic) A l'heure où le chômage ne cesse d'augmenter, une nouvelle vague de départ est annoncée à la Société Générale. Là où l'histoire racontée ce matin par Libération sort de l'ordinaire, c'est que ces départs sont volontaires et massifs.

Le 2 avril dernier, le pôle financement et investissement du groupe a lancé un plan de sauvegarde de l'emploi. Les nouvelles règles internationales adoptées après le krach de 2008 obligent les banques à renforcer leur fonds propres. Elles veulent donc diminuer la masse salariale.

Le plan prévoit la suppression de 880 emplois. 2 mille salariés ont déjà manifesté leur volonté de partir. D'abord parce que les conditions proposées pour laisser son bureau relèvent du jackpot : 50.000 Euros d'indemnités minimum. Mais aussi parce que l'ambiance au pôle financement et investissement n'est plus ce qu'elle était il y a quelques temps. Salariés et syndicats pointent les pressions, le stress et les perspectives de carrière nulles.

La banque en est réduite à retenir ses employés...

Dans la campagne électorale, les meetings et interviews se succèdent par vagues...

Et quand les vagues se retirent, elle laisse parfois des saletés sur la plage... Dans la presse ce matin, c'est l'heure des affaires pas très glorieuses.

Y-a-t-il eu un financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy par le régime du colonel Kadhafi ?

Les accusations de Mediapart ce week-end ont déclenché l'indignation dans l'équipe de Nicolas Sarkozy. "Infamie" dit le candidat. Mediapart est une "officine financée par de riches amis de François Hollande" ajoute François Fillon.

Le journal en ligne se défend sous la plume de son directeur Edwy Plenel ce matin. "Le sarkozysme n'aime décidément pas l'indépendance des médias. (...) Les journalistes de Mediapart sont ses principaux actionnaires."

Sur le fonds et à propos du document issu des services secrets libyens qui accuse, Plenel écrit que "tout concourt à attester de son authenticité".

Il pose dont une longue question au président candidat : "Selon des documents et témoignages réunis par Mediapart , des sommes importantes - jusqu'à 50 millions d'Euros - auraient été versées en 2007 à votre entourage par le régime de Mouammar Kadhafi. Seriez-vous favorable à l'ouverture d'enquêtes judiciaires sur ces soupçons ?"

A gauche, l'invité surprise de l'entre deux tours se nomme Dominique Strauss Kahn

"Invité surprise", c'est le titre du Parisien qui revient sur la soirée anniversaire de Julien Dray samedi Paris. Une partie du gratin socialiste y était. Parmi les invités, D.S.K., qui a fait fuir certains convives.

Dans Le Parisien, vous avez tous les détails sur le déroulement de cette soirée, les Strauss-Kahn sont arrivés les premiers dans ce bar qui était autrefois un sex-shop rue St Denis. Ils sont repartis à 23h30.

Entretemps, Manuel Valls a salué l'ancien patron du FMI. Pierre Moscovici ne l'a pas vu. Dans Le Figaro Ségolène Royal dit s'être sentie piégée, elle a très vite quitté les lieux.

A la sortie, Dominique Strauss-Kahn a provoqué un petit mouvement de foule, photographies, autographes. Dans le Parisien, on le voit hilare sur une de ces images.

Au passage, c'est son droit le plus strict et le plus élémentaire, mais, comme le titre le journal, ce "Dîner de con exaspère les socialistes". Le Parisien évoque la colère de François Hollande qui aurait passé un savon à Julien Dray.

Par ailleurs, Le Figaro a pu consulter le procès verbal de l'audition de Dominique Strauss-Kahn et à Lille le 26 mars dans l'affaire du Carlton. On y trouve une confirmation : malgré les questions pressantes des magistrats, il assure qu'il ne savait pas que les jeunes femmes fournies pas le réseau du Carlton étaient des prostituées.

D.S.K. invité de l'entre deux tours, également parce que c'est demain que l'on saura s'il y aura ou non un procès civil à New York.

D'autres échos de campagne

Nicolas Sarkozy, interview dans les journaux du groupe Nice Matin à deux jours du débat face à son adversaire : M. Hollande, "sortez de l'ambiguïté, de l'esquive et d'une forme d'hypocrisie".

Il reste donc aux deux finalistes "Une semaine pour convaincre", comme le titre Le Télégramme .

Semaine marquée par les défilés du Premier mai demain. Le muguet sera "un brin plus politique cette année" écrit Sud Ouest .

A la veille de ce rendez-vous, le modéré François Chérèque, à la tête de la CFDT, accorde une interview au lance-flamme à Libération . "Le discours de Nicolas Sarkozy n'est plus supportable". Et il dénonce lui aussi en faisant référence à l'histoire le meeting organisé par le candidat au Trocadéro : "chaque fois qu'il y a eu une mainmise du politique sur cette fête (du premier mai), c'était dans un contexte anti-démocratique". Et de citer aussi bien els anciens pays de l'Est que la France de l'Occupation.

"- Appelez-vous, comme la CGT, à battre le président sortant" lui demande Libération ...

Malgré le titre de l'interview, il répond : "Ce serait une erreur"

En tout cas L'Humanité est prête pour le Premier mai. Dans les premières pages, la parole est donnée essentiellement à des syndicalistes qui donnent leurs exigences. Dans les grands groupes secoués par la crise : "Nous exigeons des réponses de PSA sur notre avenir (...) une réappropriation publique de la Poste".

Autres exigences : "sauver les lycées professionnels, et remettre le travail au centre du débat politique."

Les syndicats français doivent regarder avec envie les négociations en ce moment en Allemagne. C'est encore dans Libération. Le puissant syndicat IG Metall demande 6.5% de hausse de salaire, avec de bonnes chances d'en obtenir 4. Ce qui fait débat c'est une autre revendication : la consultation des salariés avant tout recours à des intérimaires dans les entreprises...

Et l'Europe est toujours au cœur de l'actualité

En première page des Echos : "L'aggravation de la crise en Espagne incite l'Europe à agir". Le quotidien rappelle que son confrère espagnol El Pais évoquait hier un plan Marshall européen de 200 millions d'investissements.

Et puis dans La Croix , quand l'un des sites antiques les plus célèbres d'Italie devient le symbole du changement dans le pays. Pompéi, sous Berlusconi, c'est un trésor de l'Humanité qui s'effritait chaque année un peu plus. Mario Monti lance un grand projet Pompéi pour sauver le site. 105 millions d'Euros malgré la crise. L'Europe finance à hauteur de 40%. Mais parmi les conditions posées et contrôlées de très près. Que pas un centime d'Euro n'aille à la Mafia.

De très grosses vagues pour finir…

On ne parle pas souvent de surf dans cette revue de presse... L'une des légendes du surf, Laird Hamilton, accorde une longue et belle interview à L'Equipe .

Le garçon, qui vit à Hawaï, a 48 ans, autant dire le 3ème âge dans sa discipline. Il ne compte plus les luxations et déchirures musculaires. Le dernier accident c'était sur une vaguelette d'une quinzaine de mètres. La jambe a cassé sans autre forme de procès.

Record : une vague d'une trentaine de mètres. Pas de photo, les photographes ont renoncé à le suivre. L'un d'entre eux a failli se noyer.

" - C'est comment quand on chute ?, demande L'Equipe .

  • Vous allez au plus profond de l'océan, là où il fait tout noir. Vous ne savez plus distinguer le haut du bas, vous ne pensez à rien ou alors à survivre."

Mais quand la vague est bonne, "c'est la sensation de vivre le moment présent le plus intensément possible".

Laird Hamilton, comme beaucoup de surfeurs a une sensibilité écolo prononcée. Il parle de "l'architecte divin".

Il ajoute en rigolant : "regardez ce que j'ai fait, et je suis toujours là. C'est impossible pour moi de ne pas croire en Dieu."

A demain !

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