Le Monde diplomatique raconte ce qui arrive à une ville quand on lui élague ses trains... Le Figaro raconte les cigognes qui prospèrent sur les décharges du Portugal. Corse-matin a raconté en février les trésors de la bibliothèque Fesch, que l'AFP et toute la presse découvrent deux mois plus tard!

On parle de Montluçon ce matin... 

Première commune du département de l'Allier, "au coeur du pays donc au centre de nulle part", nous dit le Monde diplomatique, qui lui consacre une enquête minutieuse, car Montluçon incarnerait ces villes moyennes que la France abandonne... Et c'est à lire ce matin, en ce nouveau jour de grève SNCF, quand l'opinion célèbre déjà la fin du service public à la française quand la croix raconte ces grévistes qui comptent leurs retenues de salaires... mais qui sur un quai de gare à Arras essaient de convaincre les usagers qu'ils se battent pour leurs trains régionaux... 

On lit justement dans le Diplo ce que la fin des trains fait à une ville... 

Car Montluçon fut choisie par l'Etat pour être la cité du train où Napoléon III était accueilli en 1864 sous un arc de triomphe de rails et d'essieux de wagons. Un siècle et demi passé, Montluçon est cette ville isolée à laquelle on a coupé les lignes ferroviaires. Vers Paris mais aussi vers Moulins et vers Ussel, et vers Bourges demain? 

Et tout en découle dans un tableau qui ne passe rien, ni le départ des boulangers et des médecins, ni les 3 euros 35 pour vivre dont disposent, chaque jour une fois payés le loyer et les charges, les plus pauvres des montluçonnais... 

On découvre dans le Diplo un mot local, « vezon », qui serait l'équivalent montluçonnais de la tristesse qu'inspire l'abandon mais aussi cette jolie phrase, il y a chez les habitants de Montluçon, "quelque chose qui résiste en silence et en raclant"...

Résister en raclant... Est-ce cela dont parle Philippe Martinez dans Libération, qui voudrait que les syndicats discutent au lieu de s'affronter... 

Racler ce qui reste? Ou bien rebondir.

Dans le Diplo encore, on entend un entrepreneur en biotechnologie, Frédéric Rodzyneck. "Un Montluçon-Paris plus long qu'un Paris-New-York, ça joue sur le moral... Allez expliquer à des clients canadiens qu'ils vont devoir faire le Raid Gauloises avant d'arriver à destination"...

Mais dans les archives de la Montagne, on en apprend plus sur cet homme leader des tests antidrogues, et qui a quitté Paris pour se relocaliser dans l’ancien restaurant chinois du 32 rue Danton à Montluçon. Il disait cela en mars dernier. "Ici, j’ai découvert des personnes qui connaissent la valeur d’un poste de travail. À Paris, les gens lâchent beaucoup plus facilement. » 

On racle. Pas le choix. 

Et La Montagne nourrit ce que décrit le Monde diplomatique... car c'est dans la presse locale que jour après jour on raconte les courages de ces villes. Dans la Montagne encore, on lit qu'on a manifesté samedi pour le train à Montluçon, 1000 personnes selon les organisateurs. Dans le Berry républicain... On lit que la motrice du Paris-Montluçon a pris feu vendredi dernier après-midi, vers 15 heures juste avant Saint-Florent-sur-Cher. Les 110 passagers à bord ont été transportés par autocar...

Des cigognes dans le Figaro.

Des cigognes qui raclent elles aussi ce qu'on leur laisse, cigognes gracieuses qui volent au-dessus d'un tas d'ordure, en photo dans le Figaro c'est dans la décharge d'Evora au Portugal... Et cette photo témoigne de la destruction du monde... 

Car les cigognes ne migrent plus l'hiver vers l'Afrique , elles restent en Europe où le réchauffement climatique les invitent à la paresse, elles restent au Portugal et, là, elles prospèrent sur les décharges à ciel ouvert qui parsèment le pays, où elles trouvent aussi bien des matériaux pour leurs nids que de la nourriture... 

Et voilà donc nos nids de cigognes ou s'entrelacent branches de sapin et sachets de courses…

Voilà donc une cigogne qui sur la décharge essaie d'avaler un morceau de sac plastique en décomposition.

Voilà des cigognes qui boivent des eaux polluées en en meurent et leur cadavre pourrit sur la décharge.

Mais voilà nos cigognes qui un jour seront affamées, si le Portugal supprime ses décharges. Commentaire du Figaro. "Nous avons déréglé leur comportement en n'endiguant pas le réchauffement climatique. Nous les avons ensuite rendues addicts à une junk food offerte sur un plateau du fait de notre incapacité à limiter nos quantités de déchets. Désormais, nous allons fermer ou couvrir leurs cantines." 

Ce que les animaux nous inspirent... Sud-Ouest racontent la mobilisation des Pyrénées contre le projet de Nicolas Hulot de lâcher deux ourses femelles dans les Pyrénées Atlantiques. On manifeste à Pau aujourd'hui... L'Humanité elle raconte la mort soudaine des coraux de l'ile d’Upolu, dans l'archipel des Samoa, devenus blancs par le passage de l'ouragan El Nino dopé par notre réchauffement...

Et l'Huma communiste raconte la même histoire de destruction que le Figaro... Les coraux, eux ne savent pas, comme les cigognes, racler ce que nous leur laissons de vie...

Un trésor corse pour finir... 

Trouvé dans une bibliothèque à Ajaccio, dans le Palais Fesch, modeste bibliothèque sauvée de l'abandon par la ville et une conservatrice, Vannina Schirinski, qui, entre autres trésors, a exhumé, "entre un bottin de Corse et un Marc Lévy, au milieu de vieux dentiers et de blattes", un " Thesaurum Hyeroglyphicorum" de 1610, ayant appartenu à Colbert. Le premier livre d'égyptologie de l'histoire, il n'en existe que 7 au monde....

Et ce n'est qu'un des miracles de la bibliothèque Fesch, j'en passe et vous lirez cette aventure dans la Provence mais pas seulement ce matin... Car c'est un article de l'Agence France Presse, repris ou adapté par nos journaux, qui annonce la bonne nouvelle à la France...

Mais... La France a pris du retard car l'épopée de la bibliothèque et de ces trésors venus pour certains de l'oncle de Napoléon, le cardinal Fesch... Cette épopée avait été racontée avec verve et détails en février, par Corse matin, aux premières loges... L'article est en ligne. Nous avons, media nationaux, deux mois de retard sur la presse locale. J'aime beaucoup cette idée... 

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.