Bonjour... Ce délit est passible d'une amende de 7.500 euros et de 6 mois de prison... Je vous parle, là, du "délit d'outrage". Il consiste à porter atteinte à la dignité d'un représentant de l'autorité publique, ou à ses fonctions. Une protestation, une remarque appuyée, un regard insistant, un geste "interprété" face à un agent des forces de l'ordre par exemple : c'est le couperet. "Pour la fin du délit d'outrage" : voilà le titre du texte que le quotidien LIBERATION publie ce matin dans l'une de ses pages "rebonds". Les signataires sont poursuivis ou ont été condamnés pour outrage à policier, à gendarme, à CRS, à préfet... ou encore : "offense au président de la République". De 17.500 faits enregistrés en 1996, on est passé en 2007, à 31.731 : + 42% en 11 ans. Que disent les auteurs de la tribune accueillie par Libé ?... ...Extraits choisis : "Nous demandons que ce délit arriéré, obsolète, inique, soit chassé du code pénal, comme le furent jadis les délits d'offense à la morale religieuse, d'outrage aux bonnes moeurs (...) L'outrage participe à une pénalisation des rapports sociaux en sanctionnant la parole au détriment du dialogue démocratique". Le texte dénonce "le crime de lèse-majesté", et rappelle qu'un citoyen français "a été condamné à 30 euros d'amende avec sursis pour avoir, lors du passage d'un cortège présidentiel, brandi une pancarte estimée offensante pour la justice" : elle reprenait pourtant, mot pour mot, un propos du chef de l'Etat. Les signataires soulignent -je les cite- la "large part de responsabilité" de Nicolas Sarkozy "dans la prolifération des abus et des dérives scandaleuses qui mettent en cause la police dans la patrie dite des droits de l'homme". Quatre mots viennent conclure ce texte qui réclame "la fin du délit d'outrage"... Voici ces mots : "il y a urgence". ET à propos "d'urgence"..."Surtout, ne pas tomber malade pendant les fêtes !"... C'est le conseil et la résolution de Chantal Didier, dans L'EST REPUBLICAIN. Après la mort d'un enfant victime d'une erreur de perfusion, puis celle d'un quinquagénaire qui a succombé à des problèmes cardiaques faute de trouver une place en réanimation, plusieurs de vos journaux titrent ce matin sur "le malaise" qui affecte les hôpitaux publics de France. Très vite, on va du "malaise" à la "polémique"... C'est le cas dans le PARISIEN AUJOURD'HUI EN FRANCE, LE FIGARO, OUEST FRANCE, FRANCE SOIR... FRANCE SOIR qui lance en "Une" un "SOS Hôpitaux malades". Pour LE FIGARO, c'est "le fonctionnement des hôpitaux" qui est en "question". Le journal LA TRIBUNE se veut plus précis : "l'hôpital public souffre surtout de sa désorganisation". LIBERATION titre : "Les urgences plongées dans le coma". Dans LA CROIX, Florence Couret note que "les incidents de cette dernière semaine de décembre peuvent être perçus comme des signaux d'alerte, pas plus mais pas moins non plus. Fac aux enjeux de santé, l'Etat doit veiller à ne pas baisser la garde. Car il en va de l'hôpital comme de n'importe quel patient : à négliger les premiers symptômes, on laisse le mal s'aggraver". Pour Patrice Chabannet et le JOURNAL DE LA HAUTE MARNE, "à l'évidence, la France est malade de son secteur hospitalier. Roselyne Bachelot a pris bien des risques en mettant la polémique actuelle sur le dos d'un 'procès politicien sur le manque de moyens'. Yves Thréard, dans LE FIGARO, nous rappelle que le "zéro mort " n'existe pas en médecine... "Dans leur exigence de qualité de soins, les patients ne sont pas toujours cohérents" constate Jacques Camus, pour LA REPUBLIQUE DU CENTRE. Il ajoute : "ils ne sont pas les derniers à user et abuser du recours aux urgences aux dépens de cas prioritaires"... D'où ce constat : "notre système de santé, sous perfusion depuis trop longtemps, devra bien se soumettre à des réformes profondes. Par une vraie solidarité entre établissements hospitaliers. Et aussi par une solidarité entre malades". Sur ce chapitre, le mot de la fin revient à Jean-Pierre Bel... "Allo, Bachelot, bobo !" s'écrie l'éditorialiste de la NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST... "Les hôpitaux sont pleins. Les caisses sont vides (...) Quand la France réveillonne, les urgences ne sont pas à la fête (...) Problèmes de moyens, dénoncent les professionnels. Problèmes d'organisation, réfutent les pouvoirs publics. Et si c'était les deux ?"... ...Conclusion de mon confrère de la NR : "on n'a pas fini de revoir sur nos écrans l'incontournable duo Bachelot/Pelloux". ... et comme toujours, on réclame des sous quand il n'y en a pas... Celle qui gère nos sous, je vous le rappelle, c'est Christine Lagarde. La ministre de l'Economie et des Finances est aujourd'hui la "star" du "Best 2008" du FIGARO (bonjour les anglicismes !)... ...Invités à voter pour la "petite phrase politique" de l'année, les lecteurs du journal ont plébiscité la dame de Bercy, pour cette saillie verbale impérissable (tenez-vous bien) : "pour faire face à la hausse du prix du pétrole, je conseille aux Français de faire du vélo"... (on la refait ?)... Les Britanniques, pendant ce temps, n'ont pas le coeur à sourire. On leur prédit 600.000 chômeurs de plus l'an prochain et leur monnaie a perdu en 2008 plus de 30% de sa valeur... D'où cet article que LIBERATION consacre aux sujets de sa Très Gracieuse Majesté qui ont élu domicile en Dordogne... A cause de la forte érosion de la livre sterling, ces expatriés venus d'Outre-Manche, ne mènent plus, paraît-il, "la vie de château". C'est un dessin de Philippe Delestre ; il s'affiche en première page de L'EST REPUBLICAIN. ...On y voit les Rois Mages. Traversant les déserts à dos de dromadaires, Gaspard, Melchior et Baltazar ont suivi la lumière qui les a conduits en Palestine. Et là, arrivés à destination, au détour d'un mur que voient-ils ?... La lueur en question vient du feu qui résulte d'une guerre. Bien des journaux s'accordent sur le fait ce matin, le fait qu'"Israël veut briser le Hamas". Pour Hubert Coudurier, dans LE TELEGRAMME, "l'Etat hébreu semble désormais à la recherche d'une victoire militaire pour rétablir sa capacité de dissuasion, négocier un accord avec l'Autorité palestinienne en Cisjordanie, et empêcher l'Iran de lui imposer une parité stratégique dans la région en matière nucléaire. Cela risque, à contrario, de déclencher un embrasement général". Et le Hamas, que veut-il ?... ...Selon Jean Levallois, pour la PRESSE DE LA MANCHE, "le Hamas pense qu'en se présentant en victime, il va finir par entraîner la solidarité des pays arabes et celle des nations musulmanes, et donc les Iraniens, à s'engager dans le conflit en jetant tous leurs moyens dans la bataille". Pendant que LIBERATION nous alerte sur "les risques d'une contagion", l'éditorialiste de SUD-OUEST, Yves Harté nous prévient : "les bombes sur Gaza vont très vite modifier le futur calendrier présidentiel américain. Et si Barack Obama avait oublié de cocher les cases Téhéran et Tel Aviv comme passages obligés, cette guerre (...) le rappelle déjà à la cruelle réalité de l'histoire au Proche-Orient". De son côté, Xavier Panon, dans LA MONTAGNE, se demande si le successeur de George Bush "aura la volonté de jouer le rôle de magicien de la paix". Actuellement, plus d'un jeune israélien sur cinq trouve le moyen d'échapper au service militaire, pourtant obligatoire. Dans ce contexte, il est intéressant de lire l'éditorial du MONDE consacré en partie à "l'état" (on serait tenté de dire : "l'état d'âme") dans lequel se trouve aujourd'hui Israël. On y lit qu'au sein de l'Etat hébreu, "l'individualisme et le matérialisme font de rapides progrès au sein d'une jeunesse israélienne sans illusion sur un personnel politique discrédité par une série de scandales". L'article s'achève sur cette question : "Dans un pays en état de guerre permanent, qui sait si la menace la plus préoccupante ne vient pas de l'intérieur ?"... Comme le précise fort opportunément François Sergent dans LIBERATION : "On ne fait la paix qu'avec ses ennemis"... Et c'est le mot de la fin.

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