Bonjour... Eric : Décembre, on le sait, c'est le mois des rétrospectives... C'est aussi celui des palmarès... Voici venu le temps des bilans, en effet... Dans vos journaux, on distribue les bonnes et les mauvaises notes. L'hebdomadaire VSD publie le palmarès des 10 acteurs de télévision les plus quotés en France. Sur le podium : 3 femmes... Mimi Mathy et Véronique Genest sont premières ex-aequo avec en moyenne, 7 millions 700.000 téléspectateurs à chacune de leurs apparitions dans les séries que diffusent TF1. Pour chaque épisode diffusé, elles empochent 250.000€. Juste derrière elles, arrive Ingrid Chauvin. Le premier homme est Bernard Lecoq, 4ème ex-aequo avec Marine Delterme. Au monde des comédiens du petit écran, Le Canard Enchaîné préfère celui de la politique. Le journal satirique publie "le carnet de notes des ministres", tel que le voit Nicolas Sarkozy. Avant de quitter Paris pour le Maroc, le président de la République s'est paraît-il, "amusé, devant quelques-uns des dirigeants de la majorité, à distribuer les bons et les mauvais points" aux membres du gouvernement. Premier de la classe : le ministre de l'Education Luc Châtel, "celui en qui (le chef de l'Etat) voit le plus d'avenir". Christine Lagarde ?... "solide". Xavier Darcos : "un papy gentil et cultivé", décevant à l'Education "mais qui fait son job au Travail". D'Eric Besson, Nicolas Sarkozy aurait dit : "c'est l'épouvantail parfait. Au lieu de me taper dessus, on tape sur lui. Il fait parfaitement le boulot qu'il doit faire". Au fond de la classe, près du radiateur, le président désigne le ministre de la Relance Patrick Devedjian : "un désastre. Son bilan est catastrophique. Je ne sais pas quoi en faire". A propos de Valérie Pécresse, candidate à la présidence de la région Ile-de-France : "sa campagne est nulle. Elle est inexistante dans les médias. Elle n'écoute personne, sauf Copé". Sur le ministre de la Défense Hervé Morin : "il n'est pas au niveau. Mais il est maléable, et dans ma stratégie de premier tour pour 2012, il est indispensable". Bernard Kouchner ?... "insupportable et souvent maladroit, heureusement qu'il est totalement borduré". Jean-Louis Borloo ?... "hors classe, il fait de la mousse, on ne comprend rien à ce qu'il dit, mais il est quand même populaire. C'est une énigme". Un mot, enfin, sur le "chef de classe", le premier ministre François Fillon. Le concernant, Nicolas Sarkozy aurait eu ce commentaire : "quand il commence à trop se pousser du col, je lui tape gentiment sur le museau et tout rentre dans l'ordre". Les "chouchous" et les "nuls" du gouvernement vus de l'Elysée : c'est en page 2 du Canard Enchaîné. "Info" ou "intox" ?... Depuis un an, le quotidien Libération fait ses choux gras des petits et des gros mensonges que profèrent assez régulièrement les personnalités les plus en vue de la classe politique française. A l'occasion du premier anniversaire de sa rubrique "Désintox", le journal revient (c'est son titre de Une) sur "les plus beaux bobards de l'année". Si l'on en croit l'équipe de Laurent Joffrin, le roi du genre, c'est le chef de l'Etat en personne. En publiant un florilège des plus belles contre-vérités présidentielles de 2009, Libé lève un lièvre: très souvent, quand il veut justifier une mesure qui pourrait avoir du mal à passer en France, Nicolas Sarkozy pointe le doigt vers l'Allemagne en disant : "si ça se fait là-bas, pourquoi pas chez nous ?". L'ennui, qu'il s'agisse du bouclier fiscal ou de la baisse de la TVA dans la restauration, c'est que l'information donnée par le président de la République française à propos de nos voisins allemands est souvent incomplète ou carrément inexacte. A gauche, on n'est pas en reste. Les mensonges et les perles fusent avec autant d'aplomb qu'à droite. Libération rappelle le propos tenu par Ségolène Royal le 24 février au micro de nos confrères de France Info : "depuis que Nicolas Sarkozy est élu, les ministres ont vu leur salaire augmenter de 150%". Libération rectifie et précise que la présidente de Poitou-Charente a confondu l'inflation salariale du président avec celle des ministres et des secrétaires d'Etat dont les rémunérations, elles, "sont parfaitement stables depuis 2007". Eric : En plus d'être sacré "Roi du bobard" par Libération, Nicolas Sarkozy a ce matin un gros motif de contrariété... La contrariété vient cette fois du Conseil constitutionnel qui a décidé, comme le dit Le Courrier-Picard, de "passer à la trappe" la taxe carbone. La décision des Sages représente un déficit supplémentaire pour l'Etat en 2010 d'un milliard et demi. La raison de ce rejet ?... les membres du Conseil constitutionnel ont estimé qu'il y avait "rupture de l'égalité des Français devant l'impôt". Vos journaux précisent que "c'est la dérogation accordée aux industries les plus polluantes" qui a fait "tiquer" les Sages. Selon Le Figaro, "le texte du gouvernement prévoyait en effet d'épargner complètement le transport aérien et le transport routier de voyageurs, mais aussi les 1.000 sites industriels les plus gourmands en énergie, les plus émetteurs de CO2". Un peu partout dans la presse du jour, il est question d'un "camouflet" infligé au président de la République... "Immense camouflet" pour le quotidien économique Les Echos, "véritable camouflet" selon Libération... Ce mot, François Martin, de Midi-Libre, le reprend à son compte et nous dit que "le séjour au Maroc de Nicolas Sarkozy est gâché". Dans L'Alsace, Patrick Fluckiger évoque "un coup dur" pour Nicolas Sarkozy avant d'ajouter : "il achève l'année 2009 sur ce qui sera peut-être le plus grand échec de son quinquennat (...) Pour être vert, il doit être vert... de colère". L'éditorialiste de L'Alsace souligne au passage que dans le texte soumis au Conseil constitutionnel, 93% des émissions de CO2 d'origine industrielle étaient dispensés de la nouvelle taxe. Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne, considère que les Sages sanctionnent "le bricolage législatif d'un texte mal ficelé qui fait la part trop belle aux lobbyes". Pascal Jalabert, du quotidien régional Le Progrès, écrit que "la taxe carbone est devenue une usine à gaz, avec des soupapes ouvertes de tous les côtés pour évacuer la pression de tel lobby, de tel groupe de députés ou de sénateurs vigilants à ne pas fâcher leur cher électeur-payeur". La palme du meilleur titre revient ce matin à La Charente-Libre : "la taxe carbone... carbonisée". A lire, dans VSD, une enquête effectuée dans la ville de Bulder, première ville écolo des Etats-Unis. Bulder a été la première commune américaine à avoir imposé une taxe carbone à ses 95.000 habitants. Cette année, cette taxe a généré un million 800.000 dollars de recette. Objectif annoncé : la réduction des émissions de CO2 de 20% d'ici à 2012. Eric : après la décision du Conseil constitutionnel, nous échapperons donc à quelques hausses qui avaient été annoncées pour vendredi 1er janvier... ... En effet, nous échapperons (jusqu'à nouvel ordre) à la hausse du prix de l'essence, du gazol, du fioul, du gaz. François Fillon promet cependant de revenir à la charge fin janvier. A Matignon, on a un plan B. Tenez-vous-le pour dit : l'argent qui ne partira pas dans ces hausses ne sera pas dépensé ailleurs... Il viendra grossir l'épargne des ménages qui atteint son taux le plus élevé depuis 7 ans, depuis 2002. C'est ce qu'un spécialiste, dans les pages saumon du Figaro, appelle "l'épargne de précaution". Régis Bigot travaille pour le CREDOC qui scrupte en permanence les comportements des Français. Il nous rappelle que "les consommateurs sont aussi des salariés inquiets pour leur emploi". Ils vivent au quotiden la prudence de leurs employeurs qui remettent au lendemain investissements et dépenses. Pendant ce temps, la Bourse se porte bien. Comme l'écrit L'Humanité en première page : "les boursicoteurs ne connaissent pas la crise".... Comme si de rien n'était, les marchés financiers finissent 2009 sur une progression de plus de 20%". Conclusion de L'Huma : "les flambeurs pilotent toujours l'économie". Ils pilotent toujours l'économie, tout comme les banquiers qui menacent de quitter la City londonienne quand le gouvernement britannique veut taxer leurs bonus. C'est à lire dans Le Figaro-Economie. HSBC pourrait s'exiler à HongKong... Barclay's Bank envisage de déplacer son siège à Amsterdam ou à New York. Eric : Sans doute est-il aussi question de l'Iran, dans nos journaux ? Il est en effet question de l'Iran mais vos invités, Eric, en savent certainement autant que ce que publie ce matin la presse française. Les journalistes ont beaucoup de mal à couvrir les manifestations qui agitent le territoire iranien. Vous en avez parlé, voua aurez l'occasion d'y revenir. A ce propos, j'attire votre attention sur ce papier que publie VSD. L'hebdo invite ses lecteurs à le suivre au centre national d'entraînement commando de Montlouis et Collioure, dans les Pyrénées-Orientales, où les journalistes peuvent effectuer des stages de survie en zone de conflit. Il y a beaucoup de demandes, on n'en sort pas toujours intact. C'est parfois une façon de se tester avant de partir.

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