Bruno: Sans surprise, c'est l'Euro qui est en vedette de la presse ce matin.

Oui, c'est l'avant dernier jour de 2011. Et nos confréres de la presse écrite qui ont déjà déployés tant de rétros, peaufinent leurs derniers éditoriaux et beaucoup se penchent sur la monnaie européenne. Elle aura dix ans demain à minuit.

Vous vous souvenez de la chanson de Souchon: "j'ai dix ans"...C'est le titre de l'éditorial de Guillaume Courbet dans la Croix qui se souvient: "La première chose dont il faut se souvenir, c'est l'efficacité avec laquelle l'opération fut menée. En France et dans toute l'Europe. Plus de 300 millions d'Europeens concernés et pas une anicroche sérieuse. Pour un départ ce fut un beau départ s'extasie Guillaume Courbet. La suite a t'elle été à la hauteur ?

Et là, l'éditorialiste justifie le titre de Une: l'Euro coté pile, l'Euro coté face.

Les Européens se sont accoutumés à la monnaie européenne. Sans enthousiasme.

Bruno Vouters aussi se souvient dans la Voix du Nord.

En 2001, le 31 décembre, à la télévision, le président Jacques Chirac égène à qui mieux mieux les vertus de l'Euro. Hélas. En dix ans, les gains sont bien modestes!

Prix plus bas et choix multiples ? Le jeu de la concurrence a tourné court

Davantage de croissance et d'emploi ? Amère désillusion

Stabilité financière? hélas on en est revenu.

Mais à qui la faute ? Rever, fallait pas ! S'exclame Bruno Vouters.

Ah non, Dix ans, c'est pas la fête ! renchérit le journal l'Humanité. L'Euro fête ses dix ans de hold-up de la démocratie.

"La crise qui affecte la zone Euro écrit Jean Paul Piérot dans l'Huma, pose fondamentalement le problème d'une réorientation, d'une refondation de la construction européenne qui affranchisse l'Union de l'emprise des marchés financiers, qui replace la souveraineté populaire au centre du système." Et si l'euro devenait un instrument de la transformation sociale se demande par ailleurs l'Humanité.

Je reviens à l'edito de la Croix. Guillaume Goubert estime que "la zone Euro a eu un effet fortement protecteur. Sans elles, les bourrasques financières qui se sont succédé ces dernières années auraient fait grimper les taux d'interet beaucoup plus tot et beaucoup plus haut. Le paradoxe, c'est que cet effet protecteur a permis à certains pays de s'abandonner au laxisme financier, ce qui est une explication importante de la crise actuelle".

Attention prévient Yves Thréard dans le Figaro: "la tourmente financière que nous traversons est improprement appelée crise de l'Euro. Or c'est d'un problème de gouvernance que souffre l'Union. L'Euro en fait les frais, bouc émissaire désigné d'une construction européenne brouillonne qui met souvent la charrue avant les boeufs. "

Aujourd'hui les Européens ne se lanceraient plus dans un montage aussi naif, sans règle communes en matière de fiscalité et de gouvernance économique affirme Patrick Fluckiger dans l'Alsace. Ils n'accepteraient plus la Grèce qui a triché pour entrer dans la zone Euro, ce que les banquiers centraux et les technocrates de Bruxelles savaient parfaitement. Le problème, c'est qu'on ne refait pas l'histoire conclut l'editorialiste...

Les Echos qui consacrent plusieurs pages à ces dix ans d'Euros nous disent que les candidats à l'adhésion ne se bousculent pas en Europe de l'Est. Et puis, en bas de page, un sigle nous rappelle quelque chose: l'ECU, des années 70/80. le premier nom de la monnaie unique, l'ancêtre de l'Euro. Et bien, si l'on en croit un courtier japonais, Nomura, en cas d'abandon forcé de l'Euro par l'Italie ou l'Espagne, l'ECU, unité de compte européenne qui est un panier de devise pourrait sauver les meubles...

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.