8H30, l’heure de la revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par l’évocation d’un souvenir, souvenir d’un ami…

Elle apparait toute frêle sur la photo, blondeur de petite fille, le regard qui s’évade, perdu. Perdue, parce qu’elle a perdu son homme, Bernard Maris, notre Bernard Maris aussi à nous à France Inter…Hélène Fresnel était sa dernière compagne ; et Libération nous propose un portrait sensible de cette jeune femme, journaliste qui a consacré un documentaire à son amoureux, « A la recherche de Bernard Maris » qui sera diffusé le 4 janvier sur Public Sénat et France 3. « Elle nous installe côté cuisine et nous sert du café dans des mugs Charlie Hebdo. Ca ne vous dérange pas ? elle demande. Va pour la tasse de Bernard. Il ne lui reste plus que ça à Hélène Fresnel, de la douceur, que ça en devient frappant. A l’écouter, on comprend vite, écrit la journaliste Cécile Walter, on comprend vite qu’une balle dans la tempe n’a pas suffi à arrêter les idées de son homme. Quant à la mort, elle est bien peu de choses à côté des sentiments de ceux qui restent et attendent dans le vide »…récit d’une idylle qui naît après des vies déjà bien remplies, un deuil pour Bernard, portrait en creux à travers elle, de celui qu’elle appelait son « professeur » ou « Bernardo ». Bernardo et ses questions « eh blondette, lui demandait il, qui suis-je socialement ? économiste ? je n’aime pas…Ecrivain ? je voudrais » raconte t elle…Récit d’un amour qui ne s’éteint pas malgré la mort…et c’est peut-être ce fil invisible qui relie ceux qui ont été assassinés le 7 janvier dernier à Charlie Hebdo, avoir aimé et été aimés si fort. Ca saute aux yeux en tout cas quand on lit également le témoignage de Maryse Wolinski dans les Inrrocks ou dans le Point qui font le compte rendu du livre qu’elle consacre à celui qui fut son amoureux pendant 47 ans: « Chérie, je vais à Charlie », titre de l’ouvrage à paraitre le 7 janvier, derniers mots aussi, qu’il lui a dit en partant, ce funeste 7 janvier 2015…Douleur, interrogations, colère parfois, mais surtout élan d’amour qui ne se tarit pas pour Maryse, pas plus que pour Hélène…Presqu’un an jour pour jour après la terrible tuerie, c’est assez joli de ne retenir que l’amour…

Après l’amour, la paix Hélène, dans la presse également ce matin…

L’espoir de paix en tout cas en Centrafrique où a lieu aujourd’hui le scrutin pour élire un président et des députés après 2 ans de guerre civile. « Avec un nouveau maitre, s’il est bien, tout ira mieux, on pourra rentrer chez nous » veulent croire dans le Figaro, Jean Pierre et Georgette, deux fervents chrétiens chassés de leur quartier en décembre 2013 par les musulmans de la coalition rebelle Séléka, et qui vivent depuis, dans un camp de réfugiés. « Je vais voter pour la paix » dit pareillement à leurs côtés leur frère d’infortune, Alexis, qui lui est musulman, et qui lui a fui la milice chrétienne des antibalakas… Calme ambiant,espoir commun..Mais c’est la dernière chance note un responsable des nations unies, en cas d’échec à donner à la Centrafrique un président légitime et accepté par tous, la guerre repartira pour des années ». Dans Libération, Patricia Huon relève que le vrai risque surviendra après l’annonce des résultats. « le climat est toujours volatil et le désarmement n’a pas eu lieu note un spécialiste…pour l’instant, chacun est persuadé que son candidat va l’emporter, mais après ?..Quel que soit le vainqueur du scrutin en tout cas, les défis seront immenses pour ce pays exsangue

Retour en France, avec toujours le débat sur la déchéance de nationalité

Paroles de binationaux dans la presse ce matin, paroles contrastées dans Aujourd’hui en France/le Parisien de ces français qui ont un double passeport. « Je rêve et je prie en français, confie Laure, une franco togolaise, les gens concernés par cette éventuelle mesure ne me ressemblent pas », elle ne se sentirait donc pas le moins du monde déclassée, si la constitution devait être modifiée en ce sens. Hedi, franco-tunisien, se dit lui stressé, déstabilisé par cette annonce. Et si le Fn arrivait au pouvoir ? craint il…il faut faire confiance aux institutions françaises lui rétorque sa femme… « Non, ça va créer des amalgames dit il, on en souffre déjà tellement nous, les magrébins » conclut il..

Et à la question soulevée depuis l’annonce de cette initiative présidentielle, au fait pourquoi ? Réponse de Riss à retrouver dans son édito de Charlie Hebdo ce mercredi… « la déchéance de nationalité, écrit il, c’est l’écartèlement de Damiens des temps modernes »..et de rappeler l’histoire de ce Damiens qui eut la mauvaise idée de vouloir donner quelques coups de canif à Louis XV, et qui pour prix de son crime, fut d’abord condamné à mort. Mais ça ne suffisait pas. Il fut aussi torturé en long, en large et en travers, écartelé par 4 chevaux sur la place de Grève…Dans les deux cas, dit Riss, il s’agit de trouver une réponse à la hauteur du symbole attaqué. Supplice public hier donc, déchéance de la nationalité aujourd’hui, cette sanction à caractère « hautement symbolique » comme le revendique Manuel Valls. « L’application de la loi ne suffit plus, il faut recourir à des émotions, des sentiments, pourtant mis de côté par le droit moderne, regrette Riss. En cela dit il, la déchéance de nationalité est une régression…. »

En attendant, « où t’es, Cambaoutai ?» entonne Libération sur l’air de Stromae, pour se demander où est passé le numéro 1 du parti socialiste depuis le début de la polémique le 23 décembre. « Au fil des commentaires constate Rachid Laïrèche, les mots durs et les fractures se multiplient au sein du ps et de la gauche en général sous le regard perdu des militants qui auraient bien besoin de quelques repères » « jean Christophe Cambadélis doit prendre la parole et vite dit le journaliste, sinon, au moment de sortir de sa cachette et d’ouvrir le son, il se retrouvera face à un champ de ruines »

Pas question de chercher Manuel Valls en revanche, en première ligne depuis plusieurs jours pour défendre la mesure, il est présent dans la presse ce matin pour faire montre de fermeté sur un tout autre sujet : la Corse. Guet-apens contre les pompiers, soit disant représailles racistes et anti musulmanes, « ces actes indignes meurtrissent la République » condamne le premier ministre, qui réfute par ailleurs tout procès en laxisme en Corse, « non dit il, la corse n’est pas une zone de non droit et l’Etat ne reculera jamais », et qui en profite par ailleurs pour lancer un petit message aux nouveaux dirigeants nationalistes et autonomistes de l’île. Premier du genre depuis leur victoire.« il n’y a qu’une seule nation assène t il, la nation française, qu’une langue officielle, le français, c’est pourtant bien en Corse que les deux dirigeants ont fait leur discours d’investiture au lendemain des régionales, il n’existe pas de prisonniers politiques en France rappelle t il également à ceux qui pourtant ont publiquement fait de ce sujet, un objet de discussion avec le pouvoir executif…

On termine Hélène avec un titre

FUCK ! pour le plaisir, Fuck, à La Une de Libération qui décidément est le meilleur pour enterrer les morts

Hommage à Lemmy Kilmister, l’emblématique leader de Motorhead. Chapeau vissé sur le crane, lunettes noires et téton arrogant, et cette question posée par David Carzon dans son édito : « difficile de définir ce qui fait qu’on bascule de bouseux à icône. Mais c’est la liberté absolue de Lemmy Kilmister qui sans doute explique qu’il était l’un des derniers représentants des légendes du rock »

Libé qui un peu méchamment pour le coup fait le parallèle avec notre Johnny Halliday national, ou bi national puisqu’il est né belge, Libé qui parle de trajectoire inverse entre Lemmy, devenu un mythe, et Johnny qui lui « a connu le succès très vite et qui ne cesse de courir depuis, derrière la consécration perpétuelle »…chacun ses icônes…

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