C'est Emmanuel Macron, qui « fait monter le suspense » sur la forme de ses premiers vœux, titre le Figaro.

Fini la présentation ringarde d’un président tout seul à l’écran, selon le journal, qui estime que Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient tenté de renouveler l’exercice, mais s'y étaient « cassés les dents ». Pour notre président – « chantre du nouveau monde » - « le défi est de taille ». 

Seulement voilà, rien n’a filtré pour l’instant : ni l’heure, ni la forme, ni le lieu, ni la durée. « Il fera comme d’habitude, au feeling », confie un de ses proches au Figaro. Une chose est sûre, ce sera « en marche pour 2018 ». « Toujours tourné vers l’avenir, jamais vers le travail passé », explique Christophe Castaner. 

Emmanuel Macron entend « replacer toutes les réformes à venir dans leur ensemble ». Immigration, droit d’asile, baccalauréat, transport, assurance chômage, « elles forment un tout cohérent » et « l’opinion est mure » pour le changement. Pour Libération, il faut s’attendre surtout à un nouveau coup de com car avec Emmanuel Macron, « la communication coule à flot pendant les fêtes ». 

C’est le titre d’un cahier central du journal qui revient sur ce président qui avait « théorisé une parole rare et digne avant et après son élection », mais qui a « multiplié les interventions anecdotiques », écrit Dominique Albertini. Le journaliste cite en exemple sa conversation en direct avec Cyril Hanouna pour son anniversaire, ses interviews complaisantes à Niamey ou sur France 2, ou encore l'interview pseudo improvisée sur le contrôle des chômeurs, de ses vacances de ski dans les Pyrénées. 

Conclusion d’un spécialiste de la communication, Arnaud Mercier, dans les colonnes de Libé : « Le président utilise les medias mais garde le contrôle ».  

« Le macronisme, késako ? », s'interroge aussi L'Opinion, qui propose une série sur ce thème. C’est « un mélange d'européisme et de réalisme », explique Hubert Védrine dans le journal, qui retrace aussi « la folle année de François Bayrou passé par tous les sentiments ». Titre du dernier épisode « Bayrou : Matignon, un jour, peut-être ». 

1er janvier

La presse revient aussi ce matin sur ce qui va changer pour les Français au 1er janvier  Hausse de la CSG, hausse des amendes de stationnement, car les communes prennent la main, généralisation des chèques énergie pour 4 millions de ménages modestes. Libération note aussi que depuis 1986, les défunts séropositifs n’avaient pas le droit à des soins funéraires. C'est terminé en 2018, car la ministre de la Santé a levé cette interdiction. 

2018 rime aussi avec vaccin

Onze vaccins obligatoires pour les enfants, au lieu de trois jusqu’à présent. « Vaccination : les raisons d’un choix », titre en Une Le Figaro. Le journal rappelle que la France est le pays occidental où le taux de couverture est le plus faible. « Le scepticisme est contagieux », nous explique aussi Lucie Guimier, chercheuse qui a fait une thèse sur « la géographie de la résistance à la vaccination ». 

Elle a observé l’évolution territoriale du « vaccino-scepticisme », qui se propage « comme une épidémie », avec une rhétorique simpliste face à laquelle les arguments scientifiques ont du mal à faire le poids. Elle cite en exemple le sud de l’Ardèche, avec son histoire de résistance, de la percée du protestantisme au 16ème siècle, jusqu’aux maquis de la Seconde guerre mondiale. 

Dans son éditorial, Yves Tréard estime que cette contestation est symptomatique de notre  époque : « une société de défiance généralisée », qui feraient « se retourner dans leurs tombes Louis pasteur et les pères du BCG, Albert Calmette et Camille Guérin ». 

Avant 2018, il y a aussi dans la presse le bilan 2017

« Une année en photo », propose le Midi Libre. « Une année mouvementée », estime La Marseillaise. « Une année dans le rétro », titre La Croix, qui considère que 2017 s’achève sur « quelques notes désespérantes », avec son « cortège de conflits sans fin » ou « l’intenable croissance des inégalités sociales ».  

Libération propose une rétrospective en 24 pages, titrée « Balance ton 2017 ». « Balance ton porc, balance ta classe politique, balance tes menus sans viande, balance tes paradis fiscaux, balance ton mode de vie carbonée, en résumé balance ton vieux monde », écrit dans son éditorial Laurent Joffrin, qui se demande si 2017 n’a pas été une vraie année charnière avec l’amélioration de la condition féminine, l’affaire Weinstein, la défaite militaire de DAESH, le recul du chômage, la résilience de l’Europe face au populisme. « Les Français sont plus sages et tolérants qu’on le croit », écrit l'éditorialiste, qui reconnait que la victoire d’Emmanuel Macron est aussi « la défaite des démagogues et le recul du vieux monde ». 

Nuance quand même à la Une du journal Le Monde, qui rappelle que « l’Etat ne respecte pas la loi sur la parité » : les ministères de la Justice et des Armées sont sanctionnés pour ne pas avoir nommé assez de femmes. 

L’enterrement du vieux monde, ce sera demain soir, avec le réveillon de la Saint Sylvestre

Les journaux donnent déjà leurs consignes pour passer une bonne soirée. Tentez d'échapper aux épidémies de grippe et de gastro qui font rage et qui « gâcheront votre réveillon », conseille « L’Est Eclair ».   

Pour se rassurer aussi, dans le contexte de menace terroriste, plusieurs journaux comme Ouest France reviennent sur la mobilisation d’un dispositif sécuritaire assez massif : 140.000 personnels dans toute la France, plus de 10.000 policiers, gendarmes et secouristes dans la capitale. 

Attention aussi au retour, après la fête. « Terminez l’année 2017 entier », titre le Courrier Picard, tandis que Le Parisien rappelle qu'en Ile-de-France, une partie des transports publics fonctionnera toute la nuit. Libération donne un chiffre : 40 à 50 morts chaque année ce soir-là, à cause de l’alcool au volant. Prudence donc, ne jouez pas au malin ! 

D'autant que « l'ambiance bling bling, c’est terminée », explique Le Parisien, qui livre sur trois pages « les secrets d’un réveillon de champion ». « Chignon bohème », pour mesdames, « barbe courte », pour messieurs. Côté boisson, « osez les petites appellations ». Et pour la musique, conseil d'un DJ : « commencez léger avec de la funk et des tubes années 80 comme Madonna ou Mickael Jackson ». Pour créer l'osmose sur la piste de danse, « enchainez avec des sons soleil comme Collectif Métsissé ou Maitre Gims ». Et comme « tout est permis le 31 décembre », après un rock et une salsa, n’hésitez pas à lancer une bonne vieille Chenille. Le tube a 40 ans « mais fonctionne toujours » !

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