La fin du bottin

Notre bon vieil annuaire "qui trônait sur le guéridon, près du téléphone gris à cadran"...  Nos doigts qui glissent le long des noms inscrits pour s'arrêter enfin sur le bon...  C'est terminé.  La dernière livraison des Pages blanches vient de s'achever...  Les Pages Jaunes suivront, dans une année.  Et c'est le Figaro qui nous raconte leur histoire ce matin.  L'homme qui a inventé le bottin s'appelait ... Bottin.  Forcément.  Sébastien. Ancien abbé devenu entrepreneur après la Révolution Française.  C'est lui qui imagine le premier annuaire en 1796.  Il se développe et sert petit à petit à retrouver un ami.  A repérer un commerce.  Ou à tout autre chose s'amuse le Figaro.  Posé sur la tête, il aidait "les jeunes danseuses à se fabriquer un port altier".  Un coup de bottin pouvait aussi "aider à obtenir des aveux en garde à vue".  Il a même servi à isoler une toiture.  Certains se souviennent aussi de jeux de gamins, dans des cabines téléphoniques, elles aussi disparues: composer un numéro au hasard et raconter des histoires. En 2007, 57 millions d'annuaires, pages jaunes et blanches, étaient encore distribués.  Mais le bottin a ensuite décliné. Grignoté petit à petit par le net.   Aujourd'hui, ses derniers exemplaires se vendent déjà sur cette toile qui lui a fait la peau.  _"Neuf" ! "Collector"! "Sans limite de temps" !  _10-35-50 euros sur des sites de petites annonces.    

Vieux téléphone et papier de retour dans les hôpitaux

C'était en novembre dernier, au CHU de Rouen, et c'est le Journal La Croix qui revient sur cet épisode.   En ce mois de novembre donc, les visiteurs de l’hôpital sont accueillis "par un message incongru scotché sur la porte d'entrée".  "Système informatique défaillant. Délais très importants. Tous les ordinateurs du CHU sont touchés".  La veille, une cyberattaque mettait hors service le net, les logiciels et les dossiers de patients.  La paralysie est quasi totale. Une rançon est demandée pour récupérer les données.   "Il a fallu attendre dix jours pour pouvoir envoyer à nouveau des emails... et cinq de plus pour utiliser Internet".  Comment faire?  Le téléphone donc.  Le papier.  Il a aussi fallu faire sans Le Vidal, cette bible des médecins.  Personne n'a réussi à mettre la main sur un exemplaire imprimé : "aujourd'hui, tout le monde se sert de l'application".  L'exemple est violent.  Mais ce genre d'attaques devient fréquent (attaques multipliées par trois entre 2017 et 2018) et les hôpitaux restent mal protégés développe La Croix.  Etats, grands groupes pharmaceutiques, et autres entreprises sont intéressés par ces données qui permettraient de bâtir une stratégie économique. 

A quoi ressemblera notre avenir?

Le Huffington Post ne répond pas à cette question ce matin.  Mais le site a retrouvé des documents vieux de 100 ans où nos ancêtres imaginaient l'an 2020.  Une pièce de théâtre qui racontait l'histoire d'un certain Benjamin Pirouette, longtemps endormi et réveillé donc, en 2020. Il découvre des policiers armés d'objets qui ressemblent étrangement à des tasers. Un téléphone équipé d'une caméra permet de se voir en conversant. Des escalators plats ont squatté le bitume de Paris.  Et ce sont les femmes qui demandent la main de leurs hommes.    

Gabriel Matzneff en Une de Libération

L'écrivain est photographié en noir et blanc en Une.  Avec ce mot en rouge : pédophilie. En dessous, cette phrase : "connu pour ses écrits racontant ses ébats avec des enfants et des adolescents, l'écrivain n'a jamais été inquiété".  Le mot "ébats" fait réagir les féministes sur les réseaux ce matin. Comment peut on parler d'ébats?  A l'intérieur du journal, un édito de Laurent Joffrin. Passionnant. Qui raconte que Libération à cette époque accueillait en son sein un certain nombre de militants qui revendiquaient leur goût pour les relations sexuelles avec des enfants et qui pensaient qu'il fallait dépénaliser ces comportements au nom de la libération sexuelle.   

Ceux qui ne font pas grève 

Le Journal le Parisien Aujourd'hui en France choisit de donner la parole ce matin en Une aux conducteurs de trains, de métro, de bus, aux agents d’accueil qui ne font pas grève contre la réforme des retraites. Pas grève, ou plutôt pour la plupart... plus grève.  "Ils sont de plus en plus nombreux à reprendre le travail... pourquoi?" A cause de l'argent.  "Je gagne 2000 euros net. Je paye 700 euros de loyer".  "Tenir un mois, je ne peux pas" raconte Eric, conducteur de train en région parisienne.  Il a fait grève une semaine. Mais aujourd'hui il conduit et certains collègues le traitent de jaune.  "Je n'écoute pas", dit il.   Parmi ceux qui n'ont pas fait grève du tout, l'argument financier revient aussi.  "La grève c'est pour les riches" lance Karim en Seine-Saint-Denis.  Il est père de 4 enfants.  Endetté.  Et interdit bancaire.  Il ne pense pas à l'avenir, à sa retraite : seulement à la fin du mois.

"L'essentiel, c'est de participer" : histoire d'une expression

Saviez-vous que cette expression célèbre n'a jamais été prononcée par qui l'on croit ?  Elle est historiquement attribuée à Pierre de Coubertin, fondateur du Comité international Olympique.  Sauf que non, en fait !  Il n'a jamais dit ça, raconte l'Equipe.  L'homme qui s'en est approché le plus est Évêque : Ethelbert Talbot.  En plein jeux de Londres, en 1908, agacé par les rivalités exacerbées et les contestations de résultats, il monte en chaire et sermonne : "Les Jeux en eux-mêmes sont meilleurs que la course et le prix".  Dans l'assistance, Pierre de Coubertin écoute.  Un peu plus tard, lors d'un dîner officiel, il relaie : "l'important dans ces olympiades c'est moins d'y gagner que d'y prendre part".  "L'essentiel ce n'est pas d'avoir vaincu mais de s'être bien battu".  Ce qui deviendra donc pour l'histoire et la légende "L'essentiel c'est de participer".  Des propos, écrit l'Equipe, des propos attribués au seul baron français qui ne les a donc pas réellement prononcés.

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