Le Monde raconte des milices qui aux Pays-Bas terrorisent les pédophiles, et désormais ont tué. Le Figaro raconte un japonais qui a passé 48 ans en prison. La Croix et Libération racontent comment les pays riches accaparent le vaccin anti-covid. La Charente libre rencontre un maçon retraité qui lit les hiéroglyphes.

On parle de couleurs!

Et de la simple beauté d'un paysage de France qu'un journal nous offre à sa Une, aussi loin que possible des actualités, notre terre dessine des bandes de couleurs, un champ d'ocre brune fraichement labouré tombe comme une vague sur une prairie verte piquetée de  jaune, et derrière cette rencontre le paysage se dégrade sur des tons verts et bleus, un arbre solitaire veille la scène et l'Yonne républicaine titre ainsi son cadeau, "une invitation à la poésie"... 

Nous sommes en Bourgogne entre deux petites régions, la Puysaie et Forterre, qu'un photographe amateur nommé Daniel Salem immortalise depuis dix ans, il flaire les petites lumières du soir et les nuages jolis, je vois dans le journal des tournesols alanguis et de tendres brumes et je le vois lui, retraité ambitieux qui  veut faire un livre de ses photos ce livre sera jure-t-il une poésie, il voudrait qu'il soit écrit par une jeune guide de 25 ans, Salomé Brugneaux... Il me vient à l'esprit que ces noms qui chantent la bourgogne, Salem et Salomé, viennent de l'orient, de l'arabe et de l'hébreu, et signifient paix. 

Nous la méritons bien cette paix dans un monde taché de peurs et de laideurs. 

Libération et la Croix racontent comment les pays le plus riches se sont accaparés des milliards de doses de vaccins anti-covid 19... Un mécanisme international nommé Covax est censé répartir les vaccins et conjurer le risque d'un monde à deux vitesses vaccinales, mais il a été contourné par l'impatience des riches, les pays européens ne l'ont pas rejoint comme clients et ont passé des accords directs avec les laboratoires pharmaceutiques, grand gagnants de la crise et chez les pauvres les vaccinations attendront souvent 2022 ou plus...

Au Pays-Bas des milices piègent dénoncent harcèlent violentent terrorisent et viennent de tuer au nom de la morale, et des enfants qu'il faut protéger, le Monde raconte un Etat dépassé par les PedoJagers, les chasseurs de pédophiles, ils sont des milliers qui sur internet se font passer pour des enfants ou des adolescents et fixent rendez-vous à des adultes, qui se retrouvent filmés, battus et exposés, "Nous détruisons mentalement ces pédophiles, Nous téléphonons à son employeur, son club sportif, nous diffusons sa photo et nous veillons à ce qu’il soit tellement connu qu’il ne puisse plus se rendre au supermarché", disent les chasseurs. A Arnhem, un septuagénaire a été renversé de son vélo par des jeuens qui l'attendaient, il en est mort. 

Au Japon, nous dit le Figaro, un homme a passé 48 ans en prison. Iwao Hakamada était un jeune boxeur, en 1968, quand il fut condamné à mort pour un meurtre sordide, après avoir avoué sous la torture, l'Etat n'osa jamais exécuter la peine et un de ses juges trop jeune qui n'avait pas osé s'opposer à ses collègues implacables, quitta la magistrature et de honte sombra dans l'alcool, avant de se confesser... Iwao Hakamada est sorti de prison; il est désormais un personnage populaire, le héros d'un manga, son frère et sa soeur l'accompagnent sur la route d'une ré"vision judiciaire, ces vieillards qui veulent durer assez longtemps pour connaitre la justice, ils sont beaux comme un champ en Bourgogne.

En France, on révise un fait divers...

Et ce n'est pas la justice qui a failli mais une petit monde de journalistes, de syndicalistes policiers et de politiques, qui le week-end dernier ont rallumé nos feux identitaires. Les Dernières nouvelles d'Alsace puis l'Agence france presse ont affirmé qu'à Belfort, un jeune homme, musulman, avait été attiré dans un guet-apens et puis tabassé parce qu'il était le fils d'une policière et qu'il fêtait Noel; sur twitter, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et d'autres avaient protesté avec indignation... Mais  le procureur de Belfort a démenti cette version hâtive de l'histoire et déploré des  « articles et dépêches publiés sans vérification auprès du parquet", et dénoncé aussi « les réactions exacerbées » de « personnalités politiques ». Libération encore et surtout Arrêt sur images et Mediapart racontent comment une querelle de deux garçons est passée des onomatopées qu'on échange sur internet aux coups, et comment des journalistes se sont contentés de sources syndicales liées à la maman du perdant de la bagarre... Cela arrive et cela arrive aussi qu'un manque de prudence fasse du bruit. « J’ose espérer que (Gérald Darmanin) ne s’est pas basé que sur mon papier pour faire son tweet, mais qu’il a quand même vérifié » dit à Mediapart le journaliste des DNA qui a lancé l'affaire; Ouest France et d'autres journaux ont publié des articles pour corriger les erreurs initiales, y aura-t-il un tweet ministériel de démenti? 

Il y a me direz vous des choses plus graves qu'une nouvelle hâtive. Dans l'Opinion, un grand journaliste spécialiste et ami de la chose militaire, Jean-Dominique Mechet appelle par leurs prénoms, Quentin Dorian et Tanerii, les trois soldats qui viennent de mourir au Mali, il dit Merchet que nous finirons par partir, comme les américains quittent l'Afghanistan, que les occidentaux ne savent plus gagner ces guerres et que le temps des expéditions militaires est révolu et qu'un jour, nos dirigeants renonceront à leurs rêve de grandeur, mais ce sera trop tard pour Quentin, Dorian et Tanerii...

On parle enfin d'un inventeur...

Que j'ai trouvé dans la Charente libre  comme on trouve un ami, c'est une consolation de lecteurs que ces rencontres, qui nous rachètent de la laideur. 

Il se nomme Louis Segré, un jeune ingénieur, et  au lieu-dit de Gamory, il fabrique des vélos dont le cadre est en bambou, ce qui est à pédaler plus confortable, il vous expliquera , il a commencé à la blague pour son épouse et lui et en fait maintenant commerce, il lui faut un mois pour construire un biclou de bambou vendu 4000 euros ce sont des objets pour la vie... 

A Boistizon, dans la Charente libre encore, je rencontre Marcel Pagnoux  84 ans, qui n'a jamais passé son certificat d'études et a trimé toute sa vie, 12 métiers 13 misères, à la ferme et puis carreleur charpentier couvreur maçon, là il bossait bien...  Un jour sa fille ainée lui a offert un livre«les hiéroglyphes à la portée de tous», et une passion est venue, nourrie de deux voyages en Egypte et d'une une mémoire infaillible, Marcel lit l'égyptien antique et figuratif et même l’écrit: dans la petite pièce où il pétrit son pain, il a dessiné lui-même en hiéroglyphes cette phrase: « Vive le bon pain, vive le bon vin »... 

L'aimez-vous... 

On lit ce matin, dans Libération notamment de belles choses sur désormais feu Pierre Cardin, qui jeune lis je était si beau que chacun voulait coucher avec lui. On lit aussi dans un très riche hors-série  de Midi libre des merveilles parfois épicées sur Georges Brassens ses vols de jeunesse ses poésies ses femmes plus âgées que lui, et dont 2021 sera l'année du centenaire. Georges je le parie eut aimé notre Marcel. 

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