Je voudrais vous présenter la personne idéale... Le Président que souhaitent les Français.. Celui qui réunirait toutes les qualités... Le must, en quelque sorte. Alors autant vous dire que, pour l'instant, il n'a ni nom ni visage... C'est donc un portrait-robot que nous propose "Le Figaro", sur la base d'un sondage SOFRES réalisé mardi et mercredi derniers auprès de 1.000 personnes. Le procédé pourrait paraître artificiel, mais vous allez le voir, il met au jour quelques révélations intéressantes. Ainsi, ce chef d'Etat attendu est âgé de 50 ans...C'est une femme plutôt qu'un homme, même si 63% des Français ne font pas de ce critère une élément de choix déterminant... Il n'empêche... On souhaite également qu'il ait le même niveau de vie que la moyenne des Français, qui lui demandent par ailleurs d'être actif en politique intérieure plutôt que de se comporter en arbitre au-dessus de la mêlée. On le veut d'abord honnête, à l'écoute des autres, possédant un esprit de décision, polyglotte, intelligent, déterminé et pratiquant le franc-parler. Maintenant, marié ou pas... peu importe, mais attention aux relations extra-conjugales... 17% n'apprécient pas... Quant à l'homosexualité, elle présente un handicap pour 22% des sondés... Tout comme la religion musulmane qui, pour 38%, serait de nature à dissuader de voter pour lui, ou pour elle... Proportion qui atteint les 49% chez les électeurs UMP-UDF. Enfin, il n'est pas déterminant qu'il ait été désigné par un parti politique, ni qu'il ait été Premier ministre. Voyez que ce sondage, aussi acrobatique soit-il, contient quelques enseignements intéressants... Le premier d'entre eux, c'est ce besoin de modernité ressenti par les Français... C'est aussi... Et malgré le climat de rejet de la politique... Leur attente, très forte, à l'occasion de la Présidentielle... Reste à chacun des candidats déclarés, ou en passe de l'être, de tirer les conclusions de tout ça... En tout cas, il leur faudra proposer d'autres solutions que celles qui ont été mises en place jusqu'à maintenant, concernant par exemple la banlieue... Parce que, trois mois après les violences de l'automne, c'est cette fois l'Institut CSA qui est allé sonder les Français... "Sondage explosif", titre "Le Parisien", qui publie cette enquête... 86% craignent un retour des violences... 82 ne croient pas aux solutions proposées, comme je vous le disais à l'instant.. Un "non" franc et massif... Et 72% ne font pas confiance aux politiques. "On n'est jamais à l'abri", comme le dit Jean-Francois Copé, porte-parole du gouvernement et maire de Meaux... Oui, la poudrière est toujours là, commente de son coté Manuel Valls, maire PS de la ville d'Evry. Vous pourrez lire aussi dans "Le Parisien" le témoignage de quelques émeutiers... Trois mois après, donc... Comme celui de Mathieu, 16 ans, qui a jeté de l'alcool dans une cabine téléphonique déjà en feu, et qui aujourd'hui n'arrive pas à expliquer son geste... Ryad, en revanche, condamné à 2 mois de prison ferme, claironne qu'il est fier d'avoir fait peur aux flics... Alors que Sofiane raconte comment lui et ses copains sont allés acheter 8 bouteilles d'alcool à brûler au supermarché, comme on achète des armes... Parce qu'ils s'étaient préparés pour aller cramer des voitures... Dans une rue, raconte-t-il, on a aspergé toutes celles qui s'y trouvaient... Résultat : huit mois de prison ferme... Un mois par bouteille. Alors à la question, trois mois après : "Pourquoi avoir fait ça ?"... Réponse : "C'était un devoir, je me serais reproché de ne rien faire". "D'ailleurs, si je n'avais pas été arrêté, je n'aurais pas regretté ce que j'ai fait... Je le regrette parce que j'ai été pris, parce que je connais la prison, et c'est pour ça que je ne le referai pas... Mais seulement pour ça". Oui, mais pourquoi ces violences ?... Tout a été dit sur ce point... Les hypothèses les plus sérieuses ont été avancées... Mais il y en a une, assez politiquement incorrecte, mais pas forcément fantaisiste, qu'avance le journal "Technikart"... Ce news-magazine "culture et société"... Cette hypothèse, c'est la pénurie de haschich. Quelques semaines avant les émeutes de banlieue, observe "Technikart", la résine est devenue rare, les prix ont connu une hausse vertigineuse... Difficile de croire que cette situation n'a pas joué un rôle important dans les violences, affirme le journal... D'ailleurs, au coeur des quartiers, certains n'hésitent pas à l'affirmer : ces derniers mois, sur le terrain, les jeunes avaient les crocs... Beaucoup n'avaient rien à fumer, et la tension était palpable... "Que voulez-vous, explique un usager-revendeur, quand le gâteau est de plus en plus petit, les rapports se durcissent". Maintenant, c'est un policier qui parle, et qui dit sans détour : "s'il y a aujourd'hui en France une paix sociale relative, c'est grâce au cannabis"... Le même policier explique que les kilos de résine qui transitent sous son nez sont comme de précieux adjoints de sécurité". "C'est vrai, répond l'économiste Nasser Lalam, cette pénurie a pu constituer un facteur dans la crise des banlieues... Le cannabis permet d'occuper les jeunes, dans une période et sur des sites où dominent l'ennui et le chômage... Mais attention : la résine renforce l'enfermement social et géographique... Le haschich, c'est l'assommoir des banlieues". Alors, si on veut aller plus loin encore, on peut se poser la question du pourquoi de la pénurie... Eh bien, le mensuel "Technikart" rappelle qu'un mouvement de fond s'est amorcé au Maroc, où l'éradication du cannabis se poursuit... Des milliers d'hectares ont déjà été arrachés... Mais il n'y a pas que cela : les douanes françaises s'activent... On leur demande des résultats... Et un jour, les résultats sont arrivés... La pénurie s'est déclenchée tout d'un coup... "T'imagines le choc, raconte ce consommateur de banlieue, sur les nerfs"... A l'entendre, le temps où le "marocain" coulait à flots fait presque figure de paradis perdu. Attaque d'Indien, si j'ose dire... Dans tous les journaux, aujourd'hui, vous verrez, inscrit en gros, le nom d'Arcelor, victime d'une OPA hostile lancée par l'Indien Mittal Steel... Hier, Arcelor a rejeté le projet de fusion dans cette guerre de l'acier... "Arcelor barre la route au raid de l'Indien Mittal", titre "La Tribune"... "L'acier français dans la fournaise boursière", écrit de son côté "L'Humanité", qui avertit que des milliers d'emplois sont menacés... "Hold-up indien sur l'acier", estime "France Soir" qui, en page intérieure, titre dans le même esprit : "Main basse sur l'acier européen"... Avec ce commentaire de Serge Faubert : "Où est-il donc, ce patriotisme économique dont le gouvernement nous rebat les oreilles, Thierry Breton en tête ?"... "Il est là", répond l'intéressé, qui accorde une interview au journal "Les Echos"... "Le gouvernement exprime les plus grandes réserves sur la démarche de Mittal", affirme le ministre des Finances... "Sur le fond, comme sur la méthode, cette OPA révèle une incompréhension des règles de l'économie moderne... Alors, je le dis sans détour : on ne peut pas procéder de la sorte". Thierry Breton devrait le dire à Monsieur Mittal aujourd'hui même... Lequel répond, dans "Les Echos", que l'histoire de son groupe s'est toujours faite avec les salariés... Et qui précise qu'il croit à cette fusion, parce qu'elle connaîtra une forte croissance, qui profitera à tous les actionnaires. Oui, un vrai décalage avec les pays européens, qui ont adopté, le 11 janvier dernier, des recommandations pour un retour progressif à la vie en milieu libre... Une leçon pour la France, constate "Libération", où la durée des peines ne cesse de s'allonger, alors que décroissent les libérations conditionnelles. Or, insiste un directeur de prison, on peut considérer qu'au-delà de 15 ans, une peine n'a plus de sens. C'est ce que "Libération" appelle "L'autre peine de mort"... Il est vrai que 10 condamnés à perpétuité, incarcérés à Clairvaux, viennent de rédiger une lettre, rendue publique, dans laquelle ils disent : "A quoi servent les peines de sûreté qu'on nous inflige, quand une fois leur durée dûment purgée, on n'a aucun espoir de recouvrer la liberté... Ne nous reste-il pas mieux à trouver, plus rapidement dans la mort, notre liberté ?". Ironie du désespoir... Oui, écrit Jean-Michel Helwig... Depuis 81, la mort physique, exécutée par l'Etat, a disparu... Mais c'est une mort lente que laisse accomplir l'Etat. Et puis, il y a ce détail qui tue, concernant les signataires de l'appel de Clairvaux... Ils ont demandé si leur lettre avait eu des répercussions... Il fallait bien qu'ils posent la question, puisqu'ils ont été privés de journaux. L'état des prisons françaises : une sorte d'Etat d'exception... Probablement la raison pour laquelle on va bientôt parler des nouvelles règles pénitentiaires adoptées par le Conseil de l'Europe le 11 janvier... "C'est une date très importante, précise Pierre-Victor Tournier, spécialiste des politiques pénales... Mais je constate que, pour le ministère français de la Justice, c'est un non-événement... Très peu d'écho, il a fait comme si ça n'existait pas". Alors, si pour une fois, un ou une candidate osait le contre-courant, en faisant des prisons grande peine nationale... Oui, mais ça, ce n'était pas dans le portrait-robot du Président attendu, dont je vous parlais tout à l'heure. Bonne journée... A demain...

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