Allez... Ce matin, on commence la lecture de vos journaux par les pages Télé... Parce qu'il y a des matins où il faut saluer le petit écran... Quand la télé joue son rôle... son rôle d'éducateur civique... Quand elle fait prendre conscience... C'est ce soir, sur Canal+... une plongée dans le racisme ordinaire... "Dans la peau d'un Noir"... C'est un documentaire de Renaud Le Van Kim... Le journaliste et son équipe ont repris la démarche de l'écrivain John Griffin... Souvenez-vous... En 1959, il s'était fait passer pour un Noir durant 6 semaines, dans le sud des Etats-Unis : en Louisiane, en Alabama, ou encore au Mississippi... Le livre qu'il avait écrit sur cette expérience s'intitulait d'ailleurs, dans la traduction française : "Dans la peau d'un Noir"... Alors ce soir, ce sont deux familles françaises qui ont participé à l'expérience, explique Le Figaro... L'une Noire... Ketty, Romuald et leur fille Audrey... L'autre Blanche... Stéphanie, Laurent et leur fils Jonathan... "Une expérience inédite en France", souligne France Soir... "Inédite dans une France qui se prétend ouvertement antiraciste"... Enfin, ça, c'est pas si sûr... parce que, justement, ce documentaire montre les deux femmes noires... la mère de famille blanche a été maquillée... Et toutes les deux ont bien du mal à obtenir une bonne table en terrasse dans un restaurant des quartiers chics de Paris... Laurent, dans sa peau de Noir, va lui aussi se trouver confronté au racisme ordinaire... dans une agence d'intérim notamment... une agence qui avait accepté avec bienveillance son CV quand il était blanc... Le Parisien-Aujourd'hui en France retient un autre épisode... celui où Laurent, circulant en voiture tard dans la nuit, et toujours maquillé en faux père de famille noir... est contrôlé trois fois en deux heures par des policiers, avec des blagues très limites des représentants de l'ordre... Le Parisien-Aujourd'hui en France qui a, en fait, surtout apprécié les discussions à la fin de la journée... lors des séances de démaquillage... "De franches engueulades constructives, sur les préjugés des uns et des autres", note le journal... pour qui la bonne nouvelle de ce documentaire, "c'est l'émergence d'une parole libérée, sans tabous et sans dénis"... Sur grand écran également... prendre conscience de la réalité du monde... Libération en fait ses pages Evénement... La sortie de "Blood Diamond"... une grosse production hollywoodienne engagée contre le commerce illégal des pierres précieuses... "Hollywood noircit l'éclat du diamant", titre Libé... Et pourtant... "longtemps Hollywood a été le meilleur copain des diamantaires... Des "Mines du roi Salomon" à "Breakfast at Tiffany's", le diamant était alors l'objet de tous les désirs... Mais là, on change radicalement de registre"... Pierre Haski explique... "Les diamants sèment derrière eux la violence et la mort... Alors pas tous, certes... mais suffisamment pour que certaines des guerres civiles les plus meurtrières d'Afrique aient été financées et prolongées par ce juteux commerce illicite"... "Les diamants font partie de ces cadeaux empoisonnés de la nature qui rendent les hommes fous... Alors peut-être, conclut l'éditorialiste... peut-être que Leonardo di Caprio va, à lui tout seul, faire passer l'idée que les diamants ne sont décidément plus les "girls best friends", comme disait Marylin Monroe"... Et ça, eh bien, ça fait peur aux grands diamantaires de la planète... Pour preuve : eh bien, la chanteuse Beyoncé et l'actrice Jennifer Lopez se sont vu offrir 10.000 dollars chacune... ou plutôt 10.000 dollars à remettre à l'ONG de leur choix en Afrique... en échange du fait de porter ostensiblement des diamants lors de la soirée des Golden Globes la semaine dernière... Dans Le Figaro, Leonardo di Caprio... l'acteur vedette de "Blood Diamond"... explique... "Nous nous doutions bien qu'ils allaient réagir... C'est une industrie qui brasse des milliards de dollars... Mais je suis heureux qu'un film hollywoodien ait eu cet impact... C'est la preuve qu'il porte un message social, politique, et qu'il permet une prise de conscience"... "Voilà... C'était ça, des cigarettes"... Dans Le Monde... Pancho dessine un père et son fils dans un musée... le père montrant le paquet de clopes sous cloche à son enfant... un paquet, objet d'une civilisation disparue... celle des fumeurs... Depuis hier, vos journaux multiplient reportages et conseils... puisque demain soir, comme le dit Ouest-France, "on jette les cendriers"... Enfin, on les jette dans les lieux publics... Restaurants, cafés, boites de nuit ont encore un an de tabagisme autorisé... Et Le Figaro a comme une sorte de pitié... et fait la liste, ce matin, des lieux publics où les fumeurs seront tolérés... En même temps, ce n'est pas gagné pour tout le monde.... parce que ce sont les maisons de retraite, les hôpitaux de long séjour et les prisons... Dans ces lieux-là, la chambre ou la cellule est considérée comme un substitut de domicile, donc un lieu privé... Dans sa maison de retraite à Pantin, au nord-est de Paris, Marcelle, 80 ans, est une vieille dame presque aveugle, qui ronchonne... "Arrêter de fumer, c'est la nouvelle mode en France... Mais ça va pas m'arrêter... Même pendant la guerre, j'achetais des cigarettes au marché noir"... Alors, en dehors de la chambre de Marcelle... attention à la police !... La police anti-clope... Dans son dessin, en dernière page de L'Humanité, Babouse dessine ces policiers d'un nouveau genre, avec non pas des pistolets à la ceinture, mais des extincteurs... Cette "police des cigarettes" rend perplexe The Independent... Le quotidien londonien décrit des patrouilles reniflant les écoles, les bureaux, les usines et autres espaces publics français... Bon alors, ils se moquent, les Anglais... On a l'habitude... Mais au-delà de la moquerie, The Independent précise quand même que la Commission européenne appelle les 27 à interdire la cigarette dans les espaces publics... Et en Allemagne, où ce n'est pas encore le cas, Die Welt souligne que Berlin soutient cette interdiction radicale de fumer... Mais qu'entre droit du fumeur et protection du non-fumeur, c'est un débat sans fin... Alors donc la police anti-tabac... Et bientôt peut-être aussi la police scientifique des scooters... France Soir se réjouit... "Tous les propriétaires de scooters et autres deux-roues seront contents de l'apprendre... La police scientifique peut désormais être mise à disposition de simples affaires de vols... Bon d'accord, à une condition, de taille : il faut s'appeler Sarkozy"... Explication également dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, sous le titre : "Les grands moyens pour retrouver le scooter d'un fils Sarkozy"... Le 7 janvier, ce dernier s'est fait voler son deux-roues à Neuilly... Il l'avait garé sans anti-vol devant le domicile de sa mère, la première épouse du ministre-candidat... Une dizaine de jours plus tard, le scooter est retrouvé... Et fait rare, souligne le journal : un relevé d'empreintes et deux prélèvements d'ADN sont effectués... Ca, ça énerve France Soir... "Quelques milliers d'euros plus tard, deux mineurs et un majeur sont interpellés à Bobigny"... Ca énerve aussi, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, le responsable de la Fédération française des motards en colère... "Quand nous allons au commissariat, nous, le discours est radicalement différent... A chaque fois, on nous répète que nous n'avons aucune chance de retrouver notre deux-roues... Alors je suis content pour le fils de Monsieur Sarkozy... Mais je constate qu'il y a vraiment deux poids deux mesures"... Alors tout ça, vous allez me dire... ça n'élève pas le débat politique... Vous n'êtes pas tous seuls à le penser... Dans le journal suisse Le Courrier... l'éditorial de Benito Perez... Pour lui, en France, c'est "l'année du caniveau"... Le journaliste s'énerve de la place prise, dans la campagne électorale française, par les bourdes, les gaffes, les faux-pas de Ségolène Royal... "Des fadaises sur des pseudo-scandales aussitôt éventés... beaucoup de vent à la Une", constate notre confrère... Benito Perez qui ne comprend pas que les révélations du Canard Enchaîné, la semaine dernière, sur la note des Renseignements généraux concernant l'ex-dirigeant de Greenpeace Bruno Rebelle... aujourd'hui dans le staff de la candidate socialiste... n'aient pas eu plus de conséquences... "Aux Etats-Unis, écrit-il, lorsqu'un responsable gouvernemental avait été accusé d'espionner ses rivaux, cela avait donné le Watergate... En France, cela vaut trois entrefilets, vite enterrés sous des tombereaux d'ordures"...

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.