Trump, comment les démocraties finissent, Fllon aime sa femme, Hamon gagnant à gauche, mais à part ça?

La revue de presse, bonjour hélène Jouan. Vous commencez ce matin par les réactions, après la décision de Donald Trump d’interdire l’entrée aux Etats-unis de citoyens et réfugiés de 7 pays majoritairement musulmans

C’est un dessin de presse que vous avez peut-être vu ce week-end, qui s’affiche à la Une du New York Times Magazine, un homme repeint en bleu tout le globe, pour ne laisser, seuls au monde, que les Etats-unis d’Amérique

C’est un article intitulé, « Comment les démocraties finissent », écrit par Eric Leser, publié sur le site Slate.fr. Un article…flippant. Un article qui dès le départ assume un parallèle : « la première semaine de pouvoir de Trump ressemble à la façon dont Hitler devenu chancelier, a rapidement aligné l’appareil d’état sur l’idéologie nazie ». « La comparaison peut sembler outrancière convient Léser, les contextes sont différents, elle n’en reste pas moins pertinente »démontre t il. Contrôle des communications des fonctionnaires fédéraux, publication hebdomadaire d’une liste de crimes commis par des immigrés en situation irrégulière, pression sur l’agence fédérale de l’environnement pour bannir tout ce qui démontre la réalité du réchauffement climatique, « muslim ban ». La liste n’est pas exhaustive. Mais « tout est fait pour que le paysage politique américain soit aligné avec la vision du monde et la réalité alternative du nouveau président. Certes les institutions américaines sont sans doute plus solides que celles de la république de Weimar dans les années 30. Mais ce que nous vivons en ce moment, Ce n’est pas Bizness as usual comme l’écrit George Soros, une alternance comme une autre. Peut-être sommes nous en train de passer à une société ouverte, à une société fermée, telles que décrites par le philosophe Karl Popper, on passe d’une politique de l’intérêt général à une société où les dirigeants manipulent le peuple dans leur propre intérêt. Depuis une semaine, c’est peut-être ce qui se joue…comment les démocraties finissent

Week-end politique en France…retour d’abord sur le meeting de François Fillon

« Non, François, tu n’es pas tout seul » lui a dit hier Valérie Pécresse, le quotidien Sud-Ouest reprend la phrase pleine page, et ça nous rappelle presque, le Jeff de Brel, « non, jeff t’es pas tout seul, mais arrête de chialer comme ça » Cette chanson qui arrache des larmes aux cœurs de pierre…

Pas tout seul François Fillon porte de la Villette hier pour ce qui aurait dû être son meeting de lancement de campagne, Sa porte de Versailles à lui, pour ceux qui se souviennent de Nicolas Sarkozy en 2007, ou son Bourget à lui, en référence à François Hollande. Du premier on avait retenu, « j’ai changé, et…je suis un petit français de sang mêlé », du deuxième, « mon ennemi c’est la finance », de François Fillon hier on retiendra donc, « J’aime Pénélope »…Patrick ? ça aurait pu donner comme slogan ? (« mon ennemi c’est la finance, mon amour, c’est pénélope »)

Libération parle ce matin « d’une cérémonie de couronnement qui avait des allures de sauve-qui-peut », à l’inverse, le Figaro, qui ce week-end s’interrogeait sur les plans alternatifs à la candidature Fillon, redresse la barre et n’a finalement trouvé au meeting de la Villette, que des sympathisants outrés par le traitement infligé à François Fillon « c’est tellement écoeurant que ça nous renforce dans notre soutien » disent en chœur Norbert et Josiane venus d’Albi. Dans L’Opinion, Ludovic Vigogne et Caroline Vigoureux sont plus nuancés: « à 15H02, c’est un candidat en sursis qui pénètre dans le Hall B… A 17H31, Fillon re descend de la tribune, finalement, ce meeting lui aura donné de l’oxygène » écrivent les journalistes. Mais pour combien de temps ? Nouvelles révélations parait il, dès mercredi dans le Canard Enchainé, et de mauvais sondages à venir « on est tous dans l’attente de ce qui va sortir, on a un genou à terre, il ne faut pas qu’on tire sur le 2ème » glisse un des collaborateurs du candidat.

Révélations, quelles révélations? Le Parisien s’intéresse en tout cas ce matin à un homme qui se tait, et » c’est embarrassant pour Fillon » dit le journal. « C’est le principal employeur de Pénélope Fillon, celui qui l’a salariée le plus longtemps, qui lui a accordé selon le Canard, les plus grosses rémunérations : Marc Joulaud, actuel maire de Sablé sur Sarthe reste désespérément muet raconte Timothé Boutry. Pas la moindre apparition publique dans sa ville, compte twitter en berne depuis le 23 janvier. « Il fait le mort dit un habitant » »il préfère se taire plutôt que de ne pas dire la vérité, mais il doit toute sa carrière politique à Fillon » croit savoir un autre. Bon, ben, on va attendre le Canard mercredi…

Hier, à gauche, c’est donc Benoit Hamon qui est sorti vainqueur de la primaire

Vous en parlez depuis 8H20…Petit coup d’œil sur la presse étrangère pour voir comment on parle du candidat de gauche, toujours instructif, un panorama de la presse auquel s’est notamment livré le site de Courrier International. "Les socialistes se rangent derrière le petit homme aux grandes idées » titre le britanniques Times, l’espagnol El Pais surnomme le nouveau candidat de la gauche, « l’Astérix européen », (décidément ils ont tous un pb avec sa taille !). Après Syriza en Grèce, podemos en Espagne et Corbyn aux Etats unis, c’est donc au tour de la France d’avoir une gauche prenant un virage radical dit il. Le Los Angelès Times le présente comme le « French Bernie Sanders ».

On notera aussi les commentaires parfois elliptiques mais très explicites venus de ses amis frondeurs, après l’élimination de Manuel Valls, le huffington post n’a d’ailleurs pas pu s’empêcher de titrer Manu Ciao …Commentaire donc du député Pouria Amirshahi ; « HI Hi Hi Hi ». Ravissement donc, mais en réalité, pas grand monde ne rigole, car a-t-il vraiment gagné Benoit Hamon ? A lire, la presse internationale, nationale et régionale, on en douterait presque.

En tout cas, aucun état de grâce « Une gauche de gauche » dit Libération en Une, oui mais « maintenant le plus dur commence » prévient Grégoire Biseau, « tout reste à faire » l’Humanité ne fait pas dans le détail ! « Il est le champion d’une gauche fragmentée » pour le Courrier de l’Ouest, fragmentée évidemment entre la tentation Mélenchon et la fuite d’un certains nombres d’électeurs voire d’élus chez Macron. Pour le journal de gauche allemand, la Suddeutsche-Zeitung, « maintenant que l’opération des primaires est terminée, on peut le dire, le patient est mort », Die Welt l’assure également : « la victoire d’Hamon conduit les socialistes à la défaite ». R.I.P allemand, donc pour Hamon et les socialistes. La presse française est un peu plus prudente, et reprend les mots, prophétiques de manuel Valls « Rien n’est jamais écrit », les jeux ne sont pas faits prévient cécile Cornudet dans les Echos

Ah au fait, des nouvelles du dernier président socialiste connu? Oui un tweet à 21h36 de François Hollande : « félicitations à cette formidable équipe de France de nouveau championne du monde ». Evidemment, le président félicite les Experts, devenus les Immortels d’ailleurs ce matin dans le Parisien. « Il était au théâtre pour le premier débat, dans le désert chilien pour le 1er tour rappelle le Figaro, et hier donc à Bercy pour la finale de hand ». Normalement, François Hollande n’a plus d’alibi à chercher avant…avant le premier tour de la présidentielle

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.