« Tombolas et nougats pour l'homme qui a tué le simplet ». C'est un titre étrange qui attire l'attention ce matin page 8 de Libération. Quatre ans après la mort de Frédéric Badet, poignardé à mort, des habitants et la mairie rassemblent de l'argent afin d'aider l'agresseur à payer les dommages à la famille de la victime.

L'histoire se passe à Vezet en Haute Saône. Et elle est racontée par Ondine Millot.

Badet avait autant d'ennemis que d'habitants dans le village. La plupart des 180 ont d'ailleurs été interrogés lors de l'enquête. Le fait qu'il soit reconnu déficient mental, handicapé à 80% n'y changeait rien. Il volait des poules, des lapins, des outils et les gens n'en pouvaient plus. Charles Beau qui l'a tué, affirme s'être défendu dans la nuit, avec un homme qui était entré dans son cabanon au fond du jardin.

Pour l'avocat de la famille de la victime c'est l'histoire d'une peur collective contre les gens du voyage sédentarisés dans le village. Certains habitants du village reconnaissent avoir poussé un ouf de soulagement quand Badet est mort.

Et aujourd'hui, nombreux sont ceux qui achètent des nougats au supermarché, participent à la tombola pour venir en soutien au meurtrier qui lui aimerait bien qu'on l'oublie. La mairie de Vezet a même voté une subvention de 1.000 euros pour lui venir en aide.

Voilà qui donne à réfléchir.

Autre réflexion menée ce matin dans la presse : la situation à Alep en Syrie.

La famille de Nour a quitté Homs après la destruction de sa maison, la mort d'un oncle et de celle d'un cousin âgé de seulement 10 ans. Elle a fui Homs pour rejoindre Alep. Etre mort serait plus simple dit Nour. Parce que ce que nous avons trouvé ici, est horrible.

Michael Peel du Financial Times raconte ce matin, le destin de ces familles témoins de la violence qui se déchaîne en Syrie.

Que faire, sinon fuir ? Titre à sa Une Libération.

Hommes, femmes, enfants et vieillards s'entassent avec leurs sacs plastiques dans des cars, des taxis, sur des pick-up, pour s'éloigner le plus vite d'Alep où l'armée syrienne a lancé samedi, sa contre-offensive contre les rebelles.

Mais les réfugiés d'Alep explique Luc Mathieu dans Libé, n'ont pas de camp pour s'abriter. La vie en Syrie est devenue de plus en plus difficile. L'essence est rare.

L'eau courante a été coupée. Le pain commence à être rationné.

Samedi, ils étaient plusieurs centaines massés sous le soleil, à attendre l'ouverture de la seule boulangerie industrielle de la région. On s'y bouscule. On crie. Un gamin a même été giflé par son père parce qu'il a abandonné la file d'attente de plusieurs dizaines de mètres menant au comptoir.

La Syrie en est là ce matin.

Et Alep est devenu l'enjeu millénaire écrit Yves Harté dans Sud Ouest. Ce n'est pas une ville neutre. Pour les rebelles, c'est l'assurance d'une base arrière turque d'où proviennent notamment, les renforts, poursuit Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain.

Il est donc vital pour le Bachar Al Assad que la ville ne tombe pas définitivement aux mains des rebelles. Et plus encore que le régime syrien reprend Yves Harté de Sud-Ouest. Poutine et la Russie tremblent de perdre la main sur le port de Tartous, où sa flotte vient mouiller librement.

L'actualité est ainsi faite ce matin.

Elle mêle l'horreur d'une guerre qui ne dit pas son nom à la joie des médaillés d'or en natation d'hier soir.

Les Français crawlent sous l'or titre jeu de mots la Voix Du Nord à sa Une.

La France prend un bain d'or pour L'Indépendant.

Les Français nagent dans l'or pour La Dépêche Du Midi quand pour L'Equipe, ils marchent sur l'or.

Bref, tout est dit ou presque sur le relais masculin du 4 fois 100 et sur Camille Muffat, nos médaillés d'or d'hier soir.

On s'amusera du reportage chez les Manaudou dans la PROVENCE, Quand les autres médias encensent la performance de Camille Muffat. Manaudou la star déchue mais réaliste. Et Camille, la discrète et travailleuse qui n'a pas la médiatisation qu'elle mérite selon Rue 89.

Il faut l'aimer pourtant écrit Imanol Corcostequi. Permettons-nous dit-il, une métaphore foireuse. Comme un chien ressemble à son maître, un nageur ressemble à son entraîneur. Le dingo Philippe Lucas travaillait avec Manaudou la people.

C'est un coach sobre, mais très exigeant, au physique banal qui entraîne Muffat et Agnel les réservés. Ni elle, ni moi ne connaissons ses limites conclut Fabrice Pellerin.

Des limites,

Les hommes du 4 fois 100 n'en n'ont pas eu hier soir, pour battre les Américains.

Ce n'est pas comme si les Américains n'avaient pas bien nagé écrit le Chicago Tribune. C'est juste qu'Agnel a réalisé une performance impressionnante.

Diégo Torres d'El PAIS est sur la même ligne. Agnel était l'homme de la fin, le héros qui a brisé l'assaut des Etats Unis. Comme quoi conclu le journal espagnol,

Comme quoi, la bataille du relais du 4 fois 100 ne se limite pas au duel Américano-Australien annoncé depuis plusieurs mois. Il fallait juste voir les signaux menaçant en provenance de France et de Russie.

Des nageurs jeunes, avec un fort potentiel qui s'est révélé hier soir, par surprise, face à des équipes plus attendues.

Le succès de la natation française s'explique selon Fabrice Jouhaud dans L'Equipe.

C'est le fruit d'une politique et d'une action collective. Il fallait oser changer les règles après le zéro pointé d'Atlanta en 96. Il fallait avoir des convictions, une vision, un certain sens du risque et envisager des champions plutôt que des athlètes.

L'escrime tricolore pourrait en prendre de la graine. Page 21, La Croix s'interroge justement, sur son avenir. Il y a moins de sélectionnés qu'à Pékin. Même s'il y a toujours autant de licenciés, on a plusse de mal à sortir des garçons et des filles de très haut niveau reconnaît le président de la Fédération, Frédéric Piétruszka.

Et puis, après Flessel qui vit ses derniers jeux, il n'y aura plus de leader.

C'est sûr qu'après un soleil pareil, reprend Piétruszka, on va se retrouver dans l'ombre.

Laura Flessel qui du haut de ses 40 ans, est loin d'être favorite à l'épée aujourd'hui.

Pourtant, d'aucun prédisent que la guêpe peut encore piquer. D'ailleurs, elle le dit elle-même dans L'Equipe. Je suis la chieuse qui veut gagner.

Gagner d'accord, Mais en tout sincérité, pourquoi regarde t'on l'escrime alors qu'on n'y voit rien ?

C'est vrai souligne Olivier Monod sur le site Slate. C'est une expérience unique.

Deux silhouettes blanches qui s'adonnent à une danse bizarre d'attraction/répulsion.

Savoir si la lampe rouge ou verte va s'allumer devient notre seul centre d'intérêt.

Et pourtant, cinq minutes après l'assaut, on serait bien incapable de mettre des mots sur ce que l'on vient de voir.

Soyons honnête. Personne ne comprend rien à l'escrime. Même les connaisseurs l'affirment.

Selon le directeur marketing de la Fédé, Patrick Groc qui ne va pas se faire que des amis, il est impossible de voir les parades et les ripostes. Mais combien dit-il, combien de personnes qui regardent le rugby comprennent les règles ?

Certes, mais le néophyte est quand même capable d'apprécier une belle passe.

Pour rendre le sport plus attractif, certains ont imaginé colorer les lames, mettre un masque transparent aux athlètes. Mouais, bof,

On peut conseiller au téléspectateur résume Patrick Groc, de concentrer leur regard sur un tireur. Il sera plus à même de voir ses mouvements.

Sinon, conclut Olivier Monod de Slate, sinon, ben vous pouvez toujours attendre que la lampe rouge s'allume et exulter.

La revue de presse de Laetitia Gayet

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