"La haine nourrit la haine"

Bienvenue dans un pays de "Fraternité". Un seul mot en Une du Parisien/Aujourd'hui en France ce matin, mais c'est un mot résolument porteur d'espoir.

"L'heure est venue de se serrer les coudes", lit-on en page 2 : le quotidien met à l'honneur ceux qui disent "non à la barbarie", 4 jours après l'assassinat du père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray.

Images donc de dignitaires chrétiens et musulmans unis dans la prière, hier dans la commune normande et édito résolument optimiste de Frédéric Vézard :

"Les psychopates en chef de Daesh espéraient allumer la mèche d'une guerre des religions Ils ont échoué, ce qui constitue la plus belle et la plus douce des vengeances.".

Dans Médiapart, reportage de Marine Turchi avec ce titre en forme de constat: "Dans les villes FN, les attentats ont conforté la banalisation de la parole raciste".

Dans les conversations, à la sortie des commerces ou du centre de loisirs, à Hénin-Beaumont, Fréjus, Béziers, ou Hayange des citoyens vigilants notent la libération des paroles de haine et d'amalgame contre les musulmans mais heureusement, tout ça reste à l'état de mot pour le moment: "Nous ne sommes pas à l'abri d'un dérapage", dit un jeune biterrois effaré par la violence de ce qu'il lit sur les sites identitaires en ligne.

On craint clairement d'une "radicalisation de l'extrême droite Et dans ce contexte, nous dit le militant de la Ligue des Droits de l'Homme, "le maire de Béziers Robert Ménard tient le rôle d'un pompier pyromane, soufflant sur les braises, et prenant le parti des citoyens les plus réactionnaires et les plus racistes". Conclusion de l'association "Hayange, plus belle ma ville", en Moselle: "Daesh ,c'est le meilleur carburant du Front national, la haine nourrit la haine".

Un concordat ?

"Réformer l'Islam", question posée ce matin en Une par l'Echo de Haute-Vienne et reprise par Le Figaro et Le Monde. Dans son édition du week-end le quotidien du soir a posé la question à Manuel Valls évoque une interdiction temporaire des financements étrangers pour les lieux de culte musulman il faut "un concordat à durée déterminée avec l'islam", précise même le député de gauche Olivier Falorni dans le Figaro

Un concordat, sur le modèle de ce qui existe en Alsace et en Moselle, c'est quand l'Etat passe un accord avec les cultes, et finance leurs activités pour mieux les encadrer

L'idée avait été prêtée à Bernard Cazeneuve mercredi par le Canard Enchaîné le ministre de l'Intérieur avait démenti de telles intentions mais elles reviennent, donc, dans la bouche d'Olivier Falorni "Il faut sortir de l'hypocrisie" nous dit l'élu charentais "Aujourd'hui, les collectivités locales participent, de façon détournée, au financement des mosquées Il faut l'assumer, il faut qu'on ait des imams qui parlent français, qui prêchent en français et qui s'inscrivent dans les principes républicains". Et Olivier Falorni de souligner que dans "concordat, il y a concorde, une idée de confiance réciproque il ajoute ensuite, dans concordat il y a aussi "contrôle".

"L'Empire"

Et c'est le 23e épisode de cette série, cette obsession des Jours sur le patron de Vivendi/Universal et donc du groupe Canal.

Le breton, analyse un fin connaisseur, "écrit sa saga et il faut que chaque épisode soit épique. C’est un vrai bon méchant de série comme on aime les détester, un JR Ewing, dont nous sommes heureux de rappeler la devise : On ne s’énerve pas, on se venge. Il ne s’est pas énervé, Bolloré : il s’est vengé.

Vengé de qui, me direz-vous. Réponse de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts :

De ceux qui l’ont pris pour un baltringue. avec sa chaîne en forme de citrouille qu’il allait transformer en carrosse rutilant. Ces arrogants, ces prix Nobel

Performances physiques

Vous vous souvenez peut-être de cette polémique, en novembre quand Le Figaro Magazine avait publié un article élogieux sur son directeur Guillaume Tabard, fier coureur de fond à l'assaut du Marathon de New-York voyage et article payé par l'équipementier Asics qui avait trouvé là un élégant placement de produit.

Difficile de ne pas y penser donc en lisant le dernier Paris-Match.

L'hebdo a dépêché son téméraire directeur du service politique, Bruno Jeudy, sur l'ultra-trail du Lavarédo, dans les Dolomites 120 kilomètres et 6000 mètres de dénivelé, de quoi faire passer Guillaume Tabard pour un coureur du dimanche

Et l'on lit donc, le souffle court le récit à la première personne de ce défi à la force humaine

Bruno Jeudy ne nous cache rien de ces "soucis gastriques", vertiges et nausées qui auront raison de son enthousiasme après, tout de même, 9 heures de course.

Mais notre grand éditorialiste aura tout de même, trouvé le temps de poser, pour la photo, en position de course et ça permet à Paris Match de détailler 'la panoplie idéale du trailer", tenue et matériel estimés à 1200 euros tout de même.

Et pas la peine de trop zoomer sur les images pour se rendre compte qu'un logo revient souvent celui d'une marque française, un nom qui commence par S et finit par Alomon On coupe la poire en deux, en se disant qu'il ne peut s'agir que d'une coïncidence.

Instant Devos

Enfin, la voix et les mots de Raymond Devos pour saluer avec Télérama les 10 ans de sa disparition.

Raymond Devos, "à la fois acrobate, musicien, conteur, clown, comédien et mime. Une virtuosité que l'artiste minimisait: "Ce n'est pas une question de talent, mais d'âme". En l'occurrence celle d'un poète capable de transcender la situation la plus ordinaire en délire onirique la plus douloureuse en fable sur-réaliste". Quand on parle de Devos le choix des mots est essentiel, et Télérama a choisi pour lui rendre hommage, ceux de Dany Boon, de Stéphane de Groodt et d'Alexis Vizorek. Mais Raymond Devos n'a pas laissé d'héritier, constate Télérama. Il faut dire que l'art est difficile, beaucoup s'y sont cassé les dents. Le maître lui-même le résumait ainsi "quand on a la prétention d'entraîner les gens dans l'imaginaire, il faut savoir les ramener dans le réel et sans dommage".

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