La presse vous raconte des histoires : celles de la folle nuit de route de Gilles Boyer et Benoist Apparu, du pire nanar du monde, d'un cocktail cubain et du blues de nos armées.

Revue de presse du 30 juillet 2017
Revue de presse du 30 juillet 2017 © Radio France / Olivier Bénis

François de Rugy veut tout changer à l'Assemblée

Dans le Journal du Dimanche, le président de la chambre des députés dit vouloir "une Assemblée nouvelle", avec deux grands axes : elle devra être plus efficace et, dans un sens, plus "morale". Côté efficacité, François de Rugy veut travailler sur des procédures plus courtes pour faire passer les lois. "Que des engagements de campagne mettent autant de temps à devenir réalité, cela pose un vrai problème démocratique", selon lui. Il souhaite donc améliorer les navettes parlementaires, devenues "des processus de répétition, et pas d'enrichissement". Ou pouvoir examiner uniquement en commission certains textes...

Extrait de l'interview de François de Rugy dans le JDD
Extrait de l'interview de François de Rugy dans le JDD © Radio France

Côté morale, François de Rugy regrette que "certains ne tirent pas les leçons de ce mauvais climat". Il souhaite donc plus de transparence, mais aussi l'alignement du mode de calcul des retraites des députés sur celui du régime général, ou la suppression de la gratuit sur le réseau SNCF dont bénéficient les anciens députés ayant fait plus de trois mandats. L'idée pour le président de l'Assemblée nationale, c'est qu'on "parle enfin des députés non plus pour des soupçons mais pour le travail qu'ils font : la fabrique de la loi et du budget".

LIRE L'INTERVIEW COMPLÈTE sur le site du JDD

Le road-movie bordelais de Gilles Boyer et Benoist Apparu

Ils étaient respectivement directeur de campagne et porte-parole d'Alain Juppé pendant la campagne des primaires, et après avoir longtemps hésité, ils ont accepté de raconter à Philippe Ridet, dans le magazine du Monde, cette incroyable nuit passée sur la route entre Paris et Bordeaux pour tenter de convaincre Alain Juppé de se poser en recours à François Fillon.

Tout commence le 5 mars : François Fillon vient de réussir son rassemblement au Trocadero et annonce, dans le 20h de France 2, qu'il ne renoncera pas. À cet instant précis, devant la télé de l'appartement de Thierry Solère, il y a Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, Gilles Boyer, Benoist Apparu et même Edouard Philippe, "seul à rester de marbre face à cette annonce : il joue à Tetris sur son smartphone". Les autres sont abasourdis... Solère résume l'état d'esprit de cette soirée : "Nous n'étions pas sûrs de gagner avec Juppé, mais on était sûrs de perdre avec Fillon". Les SMS, les coups de téléphone se multiplient pour supplier le maire de Bordeaux de renoncer à son discours du lendemain, où il doit annoncer qu'il ne sera pas un recours. En vain.

Extrait du récit du road-movie de Boyer et Apparu dans le magazine Le Monde
Extrait du récit du road-movie de Boyer et Apparu dans le magazine Le Monde © Radio France

Une idée folle germe alors dans l'esprit de Gilles Boyer. "Au téléphone, on n'y arrivera pas. Allons le voir." Benoist Apparu accepte de l'accompagner, et les deux compères se retrouvent à 3h du matin, porte de Saint-Cloud, pour monter dans la Toyota hybride "fabriquée à Valenciennes" de Boyer. Une fois sur place, malgré les bouchons, la fatigue, ils rencontrent le maire de Bordeaux, qui les écoute, touché par leurs efforts. Mais Benoist Apparu comprend qu'il ne changera pas d'avis : "On était trop crevés. Au lieu de tenir un discours de politique, de tactique, on lui a parlé de son rôle face à l'Histoire, de principes... Tu parles ! Il avait déjà tout donné. Psychologiquement, il n'était pas prêt à récupérer le manche. Il ne voulait pas se reprendre une nouvelle bastos." Alain Juppé ne change pas une ligne au texte qu'il leur a fait lire. Tant mieux, dans un sens : pour Gilles Boyer, c'était "son plus beau discours".

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Les jeunes militaires français ont le blues

"Engagez-vous, rengagez-vous, qu'y disaient" : la petit phrase des légionnaires d'Astérix s'applique parfaitement au moral actuel des armées... Un "point d'attention", assure la hiérarchie militaire. "En clair, le sujet est devenu hautement sensible", traduit Nathalie Guibert dans le Monde d'aujourd'hui. Elle explique que même l'élan patriotique après les attentats de 2015 et 2016 commence à s'essouffler... Et pour cause : "les opérations extérieures, très valorisées par le pouvoir politique aspirent les moyens disponibles et les énergies positives. Au prix d'un sacrifice de l'arrière, où les mauvaises conditions de vie des soldats pèsent de plus en plus lourd." Un constat déjà fait par l'ex-chef d'état major des armées, Pierre de Villiers, en début d'année : "50 % des soldats disent qu'ils ne peuvent plus concilier vie professionnelle et vie familiale".

Extrait de l'article du monde sur le blues des militaires français
Extrait de l'article du monde sur le blues des militaires français © Radio France

Pire, l'article met en avant la profonde lassitude des soldats participant à l'opération Sentinelle. "Lever 5 heures, coucher 23 heures, de 23 à 30 km parcours par jour, 115 jours de terrain dans l'année, des congés annulés..." Bastien, trois ans de service, explique que "Sentinelle" a tout pour écœurer les nouveaux engagés. "On serait policier, on aurait des interventions, on bougerait... Mais on ne peut intervenir sur rien, on est dans Paris, on marche toute la journée, le terrorisme représente 0,00001 % de l'activité, c'est frustrant à tous les niveaux. À force de ne rien faire de toute la journée, moi aussi je rumine."

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Scaramucci, ouveau personnage fascinant de la galaxie Trump

Le New Republic dit qu'il est "une sorte de mini-Trump : impétueux, hypermasculin, fidèle en amitié, rustre avec les femmes, doté de l'intelligence de la rue, sans doute, mais pas vraiment intelligent". En photo, l'homme a le visage d'un Terminator dès qu'il met des lunettes de soleil, avec des insultes gratinées en guise de cartouches... Le Monde nous l'explique, Scaramucci a posé un véritable cas de conscience aux rédactions du monde entier, où tout le monde s'est demandé comment retranscrire fidèlement (mais sans choquer) ses propos envers un journaliste du New Yorker dont il cherchait à connaître la source à la Maison Blanche...

Extrait de l'article de Libération sur Antonio Scaramucci
Extrait de l'article de Libération sur Antonio Scaramucci © Radio France

"Un journal de bonne tenue peut-il normaliser pareille vulgarité ?", se demandais le Washington Post, qui a préféré remplacer les nombreux "fuck" et "fucking" par le fameux F-word, que tout le monde comprend plus ou moins. Plus complexe, le passage où il affirme : "je ne suis pas Steve Bannon, je n'essaie pas de me sucer la bite, je suis là pour servir le pays". Là encore, dilemme pour les rédactions... Le New-York Times a publié les propos tel quel. MSNBC a remplacé pudiquement certains mots par des petits astérisques... Quand CNN a préféré traduire "il accuse Steve Bannon de procéder sur lui-même à un acte impossible à accomplir". Habile.

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La belle histoire du pire nanar du monde

Capture du site Slate.fr
Capture du site Slate.fr © Radio France

Vous n'avez peut-être jamais entendu parler du film "The Room", de l'Américain Tommy Wiseau, sorti en 2003 dans la plus totale discrétion. Dans Slate, Thomas Messias raconte ce qui s'est passé après : The Room a eu une histoire bien plus intéressante dans les années qui ont suivi sa sortie... "On s'est échangé des copies du film sous le manteau. Se le projeter entre amis est devenu une activité récurrente. Puis des salles de cinéma se sont mises à organiser des projections spéciales". Jusqu'à arriver devant les yeux des deux comédiens James Franco et Seth Rogen, qui ont décidé de tourner un film hommage à ce nanar, "The Disaster Artist".

Tommy Wiseau, réalisateur / scénariste / producteur et acteur du film original y est interprété par James Franco, qui joue très bien le type qui joue très mal.

Vous trouvez ça exagéré ? Voici la version du vrai Tommy Wiseau (à 1'12").

Le plus intrigant, c'est que depuis qu'il est devenu culte, le film a fait de son acteur Tommy Wiseau une sorte de légende vivante, "mettant en lumière sa mégalomanie, son absence totale de recul et sa façon pathétique et touchante à la fois de tirer bénéfice des retombées inattendues"... Il participe même à des conventions et des séances spéciales où il décrypte son film le plus sérieusement du monde. Et si c'était lui le plus malin ?

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Un petit cocktail pour finir ?

Le Monde termine aujourd'hui sa série sur les apéros d'été, avec l'un des plus célèbres cocktails de l'histoire, le mojito. Un article qui vaudrait déjà presque seulement pour la recette du breuvage, largement détaillée... Mais qui nous en raconte aussi l'histoire ou plutôt les histoires, puisque le mojito est de ses boissons dont les origines sont aussi floues que votre regard après en avoir bu quelques-uns. On l'attribue selon les sources

  • à Sir Francis Drake, dont un membre d'équipage aurait créé le cocktail après une cinglante défaite à Cuba
  • aux esclaves dans les champs de canne à sucre sur la même île
  • ou encore aux Américains fuyant la prohibition qui auraient adapté le "Mint-Julep" en utilisant du rhum à la place du cognac ou du whisky de la recette initiale
Capture de la recette du mojito sur Le Monde.fr
Capture de la recette du mojito sur Le Monde.fr © Radio France

Ce dont on est sûr en revanche c'est que le mojito est une manne financière pour la société française Pernod Ricard, propriétaire du rhum Havana Club, qui en vend des caisses entières dans plus de 120 pays, en grande partie grâce au cocktail sucré. À consommer avec modération évidemment... Cheers.

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