On commence avec une citation... "A Paris, Nicolas, tu es le Roi Soleil... Mais en Europe, c'est comme en Allemagne : une coalition d'intérêts divergents... Il faut beaucoup de patience et d'habileté"... Un conseil signé donc Angela Merkel, distillé à Nicolas Sarkozy... un conseil rappelé ce matin par Christine Clerc, dans Le Télégramme... Eh oui : ce soir à minuit... ça ne vous a pas échappé... la France prend la présidence de l'Union Européenne pour six mois... Et entre difficultés économiques mondiales et "non" irlandais, "cette présidence de l'Union ne sera pas celle que Nicolas Sarkozy espérait", écrit ce matin Jacques Camus, dans La République du Centre... Et l'éditorialiste explique que "les petites querelles vont devoir s'effacer derrière un objectif prioritaire : faire en sorte que les citoyens adhèrent enfin à l'idéal européen... Plus question donc de pérorer"... Beaucoup de commentateurs vont dans ce sens... Par exemple Didier Louis, dans Le Courrier Picard... "L'Europe, c'est affaire de pédagogie, de patience... La construction européenne, c'est l'art du compromis... Nicolas Sarkozy sera certes jugé à l'aune de ses résultats, mais ceux-ci seront proportionnels à la modestie et au sens de l'écoute qu'il saura déployer... vertus que treize mois de gouvernance n'ont pas révélées"... Newsweek en rappelle d'ailleurs les derniers épisodes... "Sarkozy a blâmé le commissaire européen Peter Mandelson pour avoir fait peur aux Irlandais... Il s'est aussi opposé à l'ancien Premier ministre portugais, José Manuel Barroso, maintenant président de la Commission européenne... Il l'a accusé d'être une marionnette à la solde des intérêts anglo-saxons"... Pour Newsweek, ce n'est pas "la plus diplomatique des manières de commencer une présidence"... Mais bon, ironise Francis Brochet, dans Le Progrès... "Cette fois, la France veut être modeste... Promis, juré... Nous accueillerons humblement les remontrances slovaques, les humeurs polonaises, les leçons allemandes et les moqueries britanniques... Nous saurons demeurer des facilitateurs sans grand dessein, modestes mécaniciens d'une Union en panne"... Alors certes, Nicolas Sarkozy sera "un capitaine en pleine tempête", titre Libération... qui fait le portrait "d'une Union en crise et en VF"... version française... Oui, "Sarkozy démarre sa présidence avec de l'ambition, mais aussi des handicaps", concède Les Echos... qui rapporte que "même les plus critiques en conviennent : depuis un an, la France n'a pas ménagé sa peine pour démarrer sa présidence de l'Union dans de bonnes conditions... Ce fut une préparation dans la sueur et la douleur"... Et du coup, constate le quotidien économique... "de nombreux dossiers ont déjà été réglés, ou du moins déminés, avant le début du mandat français"... Un ma ndat français pas aussi capital que ça ?... Alors, en même temps... faudrait pas en faire trop, semble dire Marc Chevanche dans Nice Matin... "La présidence de l'Union Européenne, ignorée hier... parce que qui sait que la France succède à la Slovénie ?... et qui connaît le nom du dirigeant slovène que Nicolas Sarkozy remplace ?... cette présidence de l'Union Européenne semble soudain devenue une position de pouvoir, dont la détention revêtirait une importance considérable... Evidemment, il n'en est rien, écrit l'éditorialiste... Mais nous pouvons compter sur Nicolas Sarkozy pour tenter de nous convaincre du contraire"... Sauf qu'on n'attend pas la même chose d'un petit pays et d'un grand, explique Jean-Claude Kiefer, dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace... "S'il est demandé à un petit pays d'être surtout bon gestionnaire durant sa présidence... un grand doit remplir des attentes plus ambitieuses... Et là, souligne Kiefer, tout est question de crédibilité... Parce que l'Union se préside avec, pour seul pouvoir réel, le pouvoir moral"... Alors "ce soir, Nicolas Sarkozy va essayer de convaincre l'opinion qu'il a une vision pour l'Europe... et surtout qu'il a des solutions qui peuvent améliorer la vie quotidienne des Européens", écrit Jacques Guyon, dans La Charente Libre... Rémi Godeau applaudit, dans L'Est Républicain... "Le chef de l'Etat a raison de prôner une Europe plus proche et plus protectrice... Mais il devra aussi trouver les mots justes pour ressusciter le souffle des origines"... Il y a donc nécessité de renouer un lien de proximité... avec cette question : "L'Union Européenne est-elle trop éloignée de ses citoyens ?"... La Tribune tente d'y répondre, dans son Forum... D'un côté, c'est "oui" pour Alain Lamassoure, euro-député, qui explique que "l'Europe s'est construite pour les entreprises, pas pour les individus"... En face, "non", selon Jacques Delors, pour qui "ce sentiment de divorce entre l'Europe et ses citoyens résulte d'une incompréhension"... Alors concrètement, cette présidence française... eh bien c'est d'abord une Tour Eiffel bleue, pour le symbole... et c'est aussi "un budget mystérieux mais gargantuesque", rapporte MédiaPart... un budget officiel qui atteint 190 millions d'euros... 16 fois plus que celui de la présidence britannique en 2005... MédiaPart liste "une centaine de réunions internationales, des événements culturels en tous genres, et des secrets bien gardés... Puisque malgré les interrogations de plusieurs parlementaires, le détail de ces sommes, comme leur procédure d'attribution, demeurent inconnus"... Et puis, pour finir sur ce thème européen ce matin... Libération, qui veut croire en l'avenir de l'Union Européenne, dresse le portrait de 36 personnalités émergentes... ceux qui feront l'Europe de demain, selon le journal... Et du coup, constate Didier Pourquery, c'est le portrait d'une Europe "qui n'est plus celle, abstraite, issue des grandes palabres diplomatiques... C'est une Europe faite d'ouverture, de mélange, de diversité... d'urgence écologique, d'impératif social, et aussi de nécessaire évolution des moeurs... C'est l'Europe d'un état d'esprit"... On quitte l'Europe... On revient à la politique intérieure française... "Gauche : où sont les idées neuves ?", s'interroge L'Humanité ce matin... L'Huma qui déplore : "Les médias ont deux vedettes : Ségolène Royal et Olivier Besancenot... Pourtant, à gauche, le débat emprunte d'autres voies"... Et dans son éditorial, Pierre Laurent enfonce le clou : "Royal ou Besancenot, Besancenot ou Royal... Ainsi va le récit médiatique d'une gauche dans l'impasse... Et si une autre histoire était possible ?"... "L'autre histoire", vous ne la trouverez que dans L'Huma... Parce que c'est vrai que vos journaux, ce matin, partagent leurs pages politiques entre l'ex-candidate à la Présidentielle et le facteur de Neuilly... Petit exemple... Libération qui s'intéresse, d'un côté, à la première réunion nationale du Nouveau Parti Anticapitaliste, lancé hier par Olivier Besancenot... et de l'autre, au meeting de Ségolène Royal samedi... "Quand Delanoë critique Royal"... "Besancenot y croit de plus en plus"... Un autre exemple, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... C'est donc "Besancenot contre Solferino"... L'analyse est de Paul-Henri du Limbert, dans Le Figaro... "Les socialistes vont devoir s'habituer à l'idée qu'il se passe quelque chose à leur gauche... Mais quels que soient les signes, discrets ou ostentatoires, qu'ils pourront adresser à Olivier Besancenot, celui-ci s'en moque, et sera toujours plus à gauche qu'eux"... Pour l'éditorialiste, c'est une situation que l'on a déjà connue, "quand la droite, jadis, était la cible favorite de l'extrême-droite"... Même souvenir pour Patrick Fluckiger, dans L'Alsace... "Le Parti Socialiste soupçonne Nicolas Sarkozy de favoriser en sous-main la montée d'Olivier Besancenot, un peu comme François Mitterrand l'avait fait avec Jean-Marie Le Pen pour mieux encercler la droite classique... Il a fallu attendre Nicolas Sarkozy pour que la droite sorte du piège... Au PS donc d'en faire autant, écrit Fluckiger, en inventant une nouvelle façon de faire de la politique à gauche"... Et sinon dans la presse, ce matin... Un petit tour d'Europe... Le titre qui barre le plus de Unes, c'est : "Viva Espana !"... histoire de saluer la victoire des Espagnols hier soir, face à l'Allemagne... C'est du football... Et l'Espagne est donc championne d'Europe... Et puisque l'on parle de football... ce sujet qui défraie la chronique belge... Dans Le Soir et La Libre Belgique, vous lirez que le football sera bientôt communautarisé... scindé linguistiquement... L'Union belge de football vient d'accepter une évolution qui est déjà à l'oeuvre dans d'autres sports en Belgique... D'un côté les Néerlandophones, de l'autre les Francophones... En Suisse... plus particulièrement à Genève... les journaux, comme Le Temps par exemple, expliquent que c'est "le jour de la dernière cigarette"... Dans le canton de Genève, à partir de demain, la cigarette sera bannie des lieux publics... Et le même jour, demain, cela fera un an que l'on vit sans tabac dans les lieux publics britanniques... Premier bilan, en Une de The Independent... "L'interdiction de fumer a sauvé 40.000 vies"...

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