On savait que ça existait, mais on manquait jusque-là de chiffres... Désormais, nous avons des chiffres : oui, la police française pratique des contrôles au faciès... C'est à lire ce matin sur le site MédiaPart, qui révèle le contenu d'une étude très sérieuse, menée par des chercheurs du CNRS : travail monumental, conduit pendant des mois sur cinq sites parisiens... une étude qui démontre que les contrôles policiers se font principalement sur la couleur de la peau, et non pas sur le comportement des intéressés, ainsi que l'impose pourtant le droit... Les chiffres, les voilà : après avoir observé plus de 500 contrôles d'identité, les chercheurs ont noté que les personnes perçues comme Arabes sont 7 fois plus contrôlées que celles perçues comme Blanches... A la station de métro Châtelet, la probabilité de contrôle des Noirs est, elle, 11 fois et demi plus grande que celle des Blancs... Les personnes noires ou perçues comme Arabes font par ailleurs trois fois plus souvent l'objet de palpation de sécurité que les personnes blanches... Elles sont en outre deux à trois fois plus souvent emmenées au poste à l'issue du contrôle... Ils vous étonnent, ces chiffres, Monsieur Mélenchon ? (...) D'après les journalistes de MédiaPart, cette étude est en tout cas la preuve scientifique de l'existence de contrôles au faciès, la discrimination du fait de sa couleur de peau. Jusque-là, la police se réfugiait régulièrement dans le déni ou dans le démenti... Le débat restait donc dans le flou... Désormais, le débat peut s'engager, car donc maintenant il y a des chiffres. Et la discrimination politique pour raisons religieuses, est-ce que ça aussi, ça existe ? C'est en tout cas l'avis de Christine Boutin, évincée du gouvernement... Tous les journaux reviennent sur son coup de gueule d'hier : elle a mis en avant sa foi pour expliquer son éviction... "C'est peut-être un délit de sale gueule d'être catholique", a-t-elle dit... Et puis ce matin, une autre affaire qui revient à la Une : celle du salarié de TF1 licencié de la chaîne pour avoir critiqué la loi Hadopi... Il s'appelle Jérôme Bourreau-Guggenheim, et je vous rappelle en deux mots l'histoire... En février dernier, il avait écrit un email à sa députée, Françoise de Panafieu... Il se présente : il est chef du pôle Web de TF1, et il lui explique son désaccord avec la loi Hadopi... Le cabinet de Panafieu transmet alors l'email au ministère de la Culture, où l'un des conseillers de Christine Albanel le transmet à son tour à la direction de TF1... Résultat : dix jours plus tard, le salarié est licencié... Le motif, TF1 l'écrit noir sur blanc : "Nous considérons cette prise de position comme un acte d'opposition à la stratégie du groupe, dont l'adoption du projet de loi Hadopi est un enjeu fort"... C'est Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts qui rappellent la séquence ce matin dans les colonnes de Libération... Jérôme Bourreau-Guggenheim a même droit à son portrait à la dernière page du journal... Car, deux mois après son licenciement, il a décidé d'attaquer la chaîne pour discrimination... Il a déposé plainte hier contre TF1 pour "discrimination en raison des opinions politiques"... "Ce que je veux, dit-il, c'est faire le procès d'un système de connivence, que tout le monde réprouve mais qui au final ne choque plus... Moi, j'aimerais bien que ça choque encore"... Sur le papier, le PDG de TF1 risque trois ans de prison et 45.000 € d'amende... Mais on se doute que l'affaire prendra du temps... Le procès n'est pas pour demain. Mais la loi Hadopi, elle, continue de faire des remous... Encore ce matin, dans La Tribune : "Hadopi 2 : pas encore votée mais déjà menacée"... Après la censure par le Conseil Constitutionnel de la première loi Hadopi contre le piratage sur Internet, une nouvelle loi a été rédigée... Or, nous apprend La Tribune sous la plume de Jamal Henni, plusieurs risques d'inconstitutionnalité ont déjà été soulevés sur la nouvelle mouture : soulevés par le Conseil d'Etat qui a examiné le texte la semaine dernière... Mais le gouvernement est passé outre, explique La Tribune, en pointant le risque d'une nouvelle censure par le Conseil Constitutionnel, censure qui serait évidemment du plus mauvais effet. C'est toutefois un autre sujet qui fait la Une du journal... sujet : Bernard Madoff, 150 ans de prison... La condamnation de Bernard Madoff fait également la Une de Libération... "Madoff coffré à vie"... Symbole de la crise boursière, accusé de la plus grosse escroquerie de tous les temps, le financier américain a donc écopé de 150 ans de prison... "Un siècle et demi de prison", lance également à sa Une L'Est Républicain... qui rappelle que Madoff a demandé pardon... "150 ans de prison, et après ?", s'interroge pour sa part Paul Burel à la Une de Ouest-France... "La justice passe... Exit Madoff... Mais qu'on se le dise : malgré les mutiples avis de faire-part prématurément publiés, le capitalisme financier n'est pas mort, et personne ne peut garantir que d'autres Madoff en herbe ne fassent leur nid dans les ramifications d'un monde bancaire qui a préservé une bonne partie de son opacité, de sa cupidité et de ses réflexes"... Même sentiment pour Pierre Vidal dans l'édito des Echos : "Scandale Madoff : rien n'est réglé", dit-il. L'autre grand sujet à la Une ce matin, c'est la situation en Irak, où l'armée américaine a désormais quitté les villes, première étape de leur désengagement du pays... "Les Irakiens prennent leur sécurité en main", titre à sa Une La Croix... A partir d'aujourd'hui, ce sont donc les forces locales qui assureront la sécurité dans les villes... Reportage à Bagdad, où les habitants ont peu à peu le sentiment de revenir à une vie normale, mais où la crainte d'une reprise des combats reste forte... Reportage à Mossoul, deuxième ville du pays, toujours pas pacifiée... D'où le titre à la Une de L'Humanité : "L'échec de l'empire en Irak : six années de carnage"... avec là encore des reportages témoignant de la situation extrêmement fragile que laisse derrière elle l'armée américaine... "Les Américains amorcent leur désengagement en Irak", titre de son côté Le Figaro... dans lequel Georges Malbrunot nous explique que la France est de nouveau bien placée pour équiper l'armée irakienne... Bagdad souhaiterait notamment acheter du matériel d'aviation français... Mais les Américains sont aussi sur les rangs. Et puis d'autres infos, ce matin, dans les journaux... Où l'on reparle d'avion... non pas du crash de l'Airbus A310 au large des Comores : ça, les journaux en parleront demain... Mais à la Une de La Dépêche du Midi ce matin, sur le crash de l'AF-447, le vol Rio-Paris... "Un mois après la catastrophe, l'enquête avance", titre le quotidien, en pointant "cette fuite d'eau qui intrigue"... Alors qu'il n'y a quasiment plus d'espoir de retrouver les boîtes noires, l'enquête s'intéresse désormais à une fuite d'eau au niveau des toilettes... Et puis dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, vous lirez ce Confidentiel : "Le crash pousse à la démission"... Depuis le drame, la peur d'avoir à remonter dans un avion a poussé 150 hôtesses et stewarts d'Air France à démissionner de la compagnie... Sur le site Rue89, dossier sur les "profs désobéisseurs": ceux qui ont refusé d'appliquer les mesures de Xavier Darcos... Ils sont de plus en plus à se retrouver convoqués pour des conseils de discipline. Allez, plus léger pour finir... avec cette drôle d'enquête piochée dans Libération... Des chercheurs britanniques ont demandé à des hommes et à des femmes de lire des textes à voix haute devant des plants de tomates... Résultat : les voix féminines ont accéléré la pousse des tomates... Le pouvoir des femmes est éblouissant.

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