Rencontre avec Houda Benyamina, réalisatrice de Divines, et de Richard Virenque.Ca dépote, même force vitale. Et hollande tente de convaincre de la sienne!

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Et on commence par des portraits et des rencontres ce matin

« T’as du clito ! » avait elle lancé à Cannes quand elle avait reçu la caméra d’or pour son film, Divines. Et de Houda Benyamina, on avait plus ou moins retenu que cela, cette tornade, ce discours brut de décoffrage, un brin décalé sur la scène du palais des Festivals. Le magazine Causette a eu la bonne idée de retourner la voir après sa consécration. Et ça dépote, parce que cette femme est belle de son parcours, de son ambition et de ce qu’elle nous dit du monde du cinéma. « Même après la caméra d’or, j’ai vu en coulisses dans le regard des gens, c’est qui cette meuf ? A Cannes, ils n’ont pas l’habitude de la diversité. C’est vrai que j’aurais pu parler dans la langue du maton comme on dit, je sais faire, mais j’ai voulu m’exprimer dans ma langue à moi ». Houda se raconte, comment petite fille dans une famille modeste de 13 enfants d’origine marocaine, « mais attention dit elle, je suis française hein, pas franco marocaine comme l’a inventé la presse, elle va se construire grâce à un regard bienveillant posé sur elle par un surveillant de son CAP de coiffure. Un seul compliment, t’es maligne toi », un dvd du Médée de pasolini et le Voyage au bout de la Nuit de Céline, et ça suffit pour la pousser à passer le bac, à entrer dans une grande école d’acteurs à Cannes. Elle prend alors la caméra à bras le corps, crée surtout l’association 1000 visages, « parce que le cinéma aujorud’hui, c’est du pur entre soi, dit elle, y a plus de Depardieu, plus de Dewaere » alors, elle réinvente des passerelles entre les grands du cinéma et des jeunes issus de la diversité. Aujourd’hui 1000 visages est presque devenu une institution. Mais il y a encore beaucoup à faire, dit elle, car le « cinéma reste raciste, misogyne et bourgeois ». Ma problématique à moi, c’est l’injustice. « T’as du clito », pavé à Cannes, c’était un cri de revanche contre toutes les injustices! Belle rencontre ce matin à lire dans Causette, numéro de juillet août

Autre rencontre dans la presse ce matin…Richard Virenque

Personnages différents, mais même force vitale. Longue interview dans Pédale, le hors série de So foot consacré au…cyclisme vous l’aurez deviné , de Richard Virenque donc, 7 fois meilleur grimpeur du Tour de France, l’un des coureurs les plus populaires, mais marqué au fer rouge par l’affaire de dopage de l’équipe Festina, et sa réplique cultissime des Guignols de l’Info « à l’insu de mon plein gré ». Virenque qui raconte son ascension dans ce sport déjà jugé un peu ringardos à son époque, « c’était pas le foot ou le beach volley pour embarquer les filles », son incroyable ténacité course après course, à vouloir tout gagner, ne rien lâcher, petit, on le surnomme Rambo. Virenque qui revient sur l’affaire Festina, qui lâche ses coups, « les programmes pour améliorer nos performances avec les docteurs, y en avait dans toutes les équipes raconte t il, et quand finalement c’est Festina qui trinque, il y voit un règlement de compte politique du gouvernement Jospin contre Jacques Chirac à l’époque. Mais c’est moins ses dénégations sur le sujet, que, je le disais, l’incroyable force vitale qui habite cet homme, qui est assez bluffante dans cet entretien. « Si je ne me suis pas mis une bastos dans la tête, c’est parce que j’avais des couilles et je voulais leur montrer qui j’étais, de quoi j’étais fait » Virenque qui va remonter sur son vélo, qui va se remettre d’un accident qui le laisse défiguré pendant des mois. Virenque est aujourd’hui consultant sur une chaine de télé, il n’a pas renoncé dit il à ses expressions un peu « chelou », ça vient de l’Afrique où il a passé son enfance raconte t il, et un peu aussi de l’école buissonnière. Retour sur une vie en tout cas, qu’il n’a pas construite « à l’insu de son plein gré »

On passe à l’actualité hélène?

Nouveau petit caillou sur le chemin de sa probable candidature : longue interview aux Echos ce matin de François Hollande. Le président français offensif après le Brexit, pour défendre une Europe plus protectrice, notamment en s’attaquant de nouveau aux abus des travailleurs détachés, qui refuse toute idée de référendum sur l’europe « pourquoi organiser un tel tumulte » demande t il. Mais un président surtout très offensif sur son propre bilan, qui réfute le procès en trahison instruit par une partie de la gauche et de ses électeurs « LA trahison eut été de laisser le pays là où je l’ai trouvé ».« Est-ce que j’aurais pu faire plus contre les excès de la finance ? c’est oublier que la France a été à l’initiative de l’union bancaire au niveau européen. » rappelle t il . Défense pied à pied de la loi travail « elle sera votée et promulguée » malgré l’opposition de la CGt, qu’il dédouane néanmoins, contrairement à son premier ministre, des violences qui ont eu cours lors des dernières manifestations. Tirs nourris enfin contre le programme économique de Tous les candidats les républicains « leurs projets ne sont que la reproduction en plus brutal de programmes déjà présentés ».Pour l’éditorialiste des Echos, Cécile Cornudet, Opération Yes we can de la part de François Hollande qui a troqué son costume de président normal pour celui de président solide. Avec une question à la clef : « les électeurs y croiront ils ? »

Alors c’est dit, la loi travail sera adoptée. Hier, le premier ministre a présenté aux syndicats deux modifications du texte pour tenter de sortir de l’impasse. Jugement binaire ce matin : Le Figaro estime à sa Une que Manuel Valls « recule encore pour tenter d’éviter le 49.3 », quand l’Humanité juge qu’il « manœuvre pour lâcher le moins possible » ; Ouest France conclut qu’il s’agit de toute façon d’un « déminage pour rien », Pierre Cavret assure que « chacun campant sur ses positions, du gouvernement aux syndicats en passant par le Medef, ça devrait finir par un 49.3 »

Violences dans les manifs, de quel côté ? Des députés, de gauche se mobilisent pour qu'un débat sur les pratiques du maintien de l'ordre s'ouvre en France. LE site de Marianne s’en fait écho ce matin, ces personnalités politiques, dont Cécile Duflot par exemple, mais aussi des représentants syndicaux dont le Syndicat national des joruanlistes s'appuient sur la publication d'un recueil de témoignages réalisé par les journalistes du site Reporterre. Son titre : « Maintien de l’ordre : la dangereuse dérive ». Sur près de 80 pages, il est question de violence physique ou verbale ; de mésusages d’armes dites « intermédiaires » ; de « pressions sur les journalistes » ; de « non-assistance à personne en danger ou blessée » ou encore « d’entrave à la prise en charge rapide des blessés ».

François Fillon candidat Les Républicains décide lui de remettre une pièce dans le juke box : dans la Croix, il promet, s’il est élu, de revenir sur la loi Taubira concernant l’adoption des couples homosexuels. Oui à l’adoption simple pour eux, non à l’adoption plénière. Un débat qui avait occupé le parlement pendant 172 heures et quelques manifs…

Et on finit, comme on a commencé avec une rencontre : interview de EIRIKUR ÖRN NORDDAHL dans Libération, poète islandais et dingue de foot. « On va vous écraser », dimanche en quart de finale, nous prévient il, on n’est pas obligé de le croire, mais il explique tellement joliment comment, pourquoi son île est devenue la patrie du ballon rond, alors même « que y a pas grand monde pour jouer au foot la bas, vu que tout le monde joue de la musique et écrit des poèmes »…Et puis, il promet de bien nous accueillir cet été en Islande « je comprendrais si vous avez besoin de cicatriser. Les portes vous resteront ouvertes » nous promet il. Avec des adversaires comme ça, on n’a pas besoin d’amis !

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