Le trésor perdu du pc, l'arnaque du faux Le Drian, et bien sûr, Patrick Cohen !

La revue de presse bonjour Hélène Jouan

On commence par… se faire plaisir et peut-être faire plaisir à notre invité…

En dégustant « le Trésor perdu du parti communiste », c’est à lire dans M, le magazine du Monde. Pas d’argent planqué dans les caisses, mais des tableaux, des œuvres d’art que les artistes ont généreusement offerts au parti quand celui-ci régnait sur les intellectuels, c’était l’après-guerre. L’article de Pascale Nivelle fourmille d’anecdotes sur ces dons aux travailleurs, pas toujours appréciés à leur juste valeur. EN 1950 par exemple, Fernand Léger propose à la CGT une toile de 3 mètres sur 2, « les constructeurs ». Réponse d’un apparatchik « les camarades m’ont demandé de vous dire que cette proposition n’intéresse pas la CGT ». La toile termine dans la cantine de l’usine Renault de Boulogne Billancourt. Le jour de l’accrochage, les ouvriers ricanent « jamais ils ne pourraient travailler avec des mains comme ça » se gaussent-ils en regardant les ouvriers acrobates de la toile de Léger.

Pendant les 3 décennies, Braque, Picasso, Miro, une multitude d’artistes ouvrent ainsi leurs cartons à dessins pour la cause… A la mort de Staline, Les Lettres françaises publient un portrait du petit père des peuples par Picasso : un Staline juvénile, cheveux et regard un peu fous. Mais de Paris à Moscou c’est un scandale, le portrait n’est pas franchement conforme à l’art socialiste. Le directeur de la revue Louis Aragon est même obligé de s’excuser. Jusqu’au milieu des années 70 donc, les ressources exceptionnelles du parti ont été infinies grâce à ces artistes, à la fête de l’Huma, il parait qu’on pouvait s’offrir une litho originale de ces artistes pour 300 euros ! Alors aujourd’hui, que reste-t-il de ce trésor ? Des toiles de maitre trainent encore un peu partout parait-il, dans les conseils généraux, les locaux du parti, souvent quand les communistes perdent une mairie, les œuvres restent, la Joconde à la Moustache de Duchamp offert à Georges Marchais se retrouve à Beaubourg, même si les filles de l’ancien secrétaire général du pc ont tenté d’en revendiquer l’héritage. Beaucoup d’œuvres sont sorties de l’orbite communiste par des voies mystérieuses et se retrouvent aujourd’hui sur le marché de l’art. Reste le joyau du parti, son siège place du Colonel Fabien imaginé par Oscar Niemeyer..au sous-sol, derrière une porte blindée, les vestiges d’une collection, 400 œuvres de valeur inégale » parait-il. Mais la tradition raconte Pascale Nivelle, a la peau dure : récemment, un sculpteur du dimanche a proposé à Maurice Ulrich, critique d’art à l’Humanité, des bustes de Jean-Luc Mélenchon en céramique. Comme la CGT en 51 avec le tableau de Léger, il a décliné le cadeau.

A la Une ce matin, un « meurtre de masse »

Dossier de Libération, qui a épluché 3 ans d’articles de presse pour raconter ce meurtre de masse: ces 220 femmes tuées entre 2014 et 2016, par leur mari ou ex compagnon. « Elles s’appelaient Géraldine, Ninon, Myriam. Leur décès a eu lieu dans l’indifférence générale, politique et médiatique ». Ce qui frappe c’est l’hétéro généité des victimes, elles sont de tous les milieux, mais les circonstances des meurtres et le profil des meurtriers en revanche sont souvent semblables, des hommes connus pour des faits de violence, qui passent à l’acte, des femmes sous emprise à qui on reproche de n’être pas parties « avant ». Ce qui est terrible, ce sont les chiffres concernant les enfants, 51 enfants mineurs ont été les témoins de ces meurtres, avec les séquelles incommensurables qu’on imagine, et ce qui nous concerne tout particulièrement, c’est la façon dont la presse rend compte généralement de ces meurtres, « avec une étrange maladresse » dit Libération, les minimisant souvent en parlant de « coup de folie, ou de chagrin d’amour qui tourne mal », les prenant avec désinvolture, « il tue son ex et rapporte le corps à la police dans sa twingo » ou en ne qualifiant pas les faits. Exhumation donc ce matin dans Libé, de ces victimes « fantômes médiatiques », qui nous enjoint tous à réfléchir à ce qu’on écrit et ce qu’on dit quand une femme est tuée par son compagnon

On poursuit Hélène avec une photo, une arnaque et un hommage

Même les allemands se moquent. Sur le site du Bild, portrait officiel du président Macron dévoilé hier, avec ce titre : « cette photo kitsch va désormais être suspendue partout en France ». Oui pendant 5 ans, il sera toujours 20H20 dans les mairies françaises, l’heure indiquée par l’horloge placée juste derrière Emmanuel MAcron. Alors les plus sérieux ont décortiqué tous les symboles qui « saturent » ce cliché écrit le Parisien, Thomas Legrand nous a déjà tout dit des « drapeaux, horloge, livres, encrier et smartphones= europe, modernité, maitre des horloges » on aura compris. La toile elle, a procédé à tous les détournements possibles, remplaçant la tête de Macron par celle de Kevin Spacey, le président d’House of Cards ou par celle de Jean Lassalle, plaçant Macron au centre de la Cène, le tableau de Léonard de Vinci, ou encore s’amusant à glisser Jean Vincent Placé passant une tête par la fenêtre, toujours en quête d’un poste. C’est à regarder sur le site du huffington post

L’arnaque maintenant

« Allô, ici Jean-Yves le Drian », c’est le Point qui revient sur cette incroyable histoire d’un escroc qui s’est fait passer pour l’ex ministre de la Défense, et qui a soutiré des millions d’euros à quelques grandes fortunes. L’approche est toujours raconte Marc Leplongeon « bonjour altesse, bonjour monsieur

»un conseiller spécial du ministre de la défense, un complice, explique que la France est en train de négocier la libération d’otages détenus par Daech en Syrie, et que ne pouvant apparaitre officiellement dans le paiement de la rançon, il aurait bien besoin de quelques amis de la république, un faux le drian se mettra même en scène sur Skype pour parfaire la supercherie. L’Aga Khan, une des plus grosses fortunes au monde versera près de 19 millions d’euros. Selon les informations du Point, ils sont 150 grands patrons comme le président d’honneur de Sodexho Pierre Bellon, héritiers, présidents d’ONG, chefs d’état à avoir été contactés. Les alertes viennent de partout, Bostwana, Tunisie, Gabon, tous sont bluffés par la voix du faux le drian…Vous voilà prévenus, si le Drian vous appelle, ne lui donnez rien !

Et puis enfin, l’hommage qui vaut le détour : « Adieu Loulou » à la tête du Midi Libre à Montpellier pour saluer la disparition de Louis Nicollin, légendaire président du club de foot de Montpellier. Il faut lire le RIP, de Vincent Duluc dans l’Equipe : « une époque, une couleur, une voix viennent de s’éteindre, et c’est un jour triste à se poignarder le cul avec une saucisse » écrit-il. Une formule empruntée à Loulou, qui était « plus grossier que vulgaire dit il, mais soyons honnête, il pouvait l’être aussi, et en faisant très peu d’efforts ».A l’appui, les phrases cultes de Loulou dans l’Equipe. Qui tournent beaucoup il faut bien l’avouer autour des « tarlouzes » et des « pédés ». Mais comme il est mort, on parle ce matin de « truculence »

Et puis pour terminer, l’homme du jour ?

Vous Patrick… Lefilliâtre le dit dans Libération ce matin, « une pluie d’hommages devrait être déversée sur vous », puisque vous nous quittez. Ca ne rate pas. Une semaine patrick que je lis tous les articles qui vous ont été consacrés depuis 7 ans. Vous avez été « Le Boss » pour Télé Obs où vous posiez version cow-boy, « beau gosse » pour Gq, smoking et noeud pap. Télérama vous a décrit comme « parfois ronchon le matin », je ne vois pas du tout de quoi il parle. Tous racontent surtout « votre puissance de travail hors du commun, votre mémoire incroyable, « Un mec sous perfusion d'info » dit l'un de vos confrères, capable de repérer une brève dans le Progrès ou une info diffusée sur CNN à 3h du mat pour nous. Un témoignage, juste pour dire aux auditeurs d'Inter, ce que cette revue de presse vous doit. Un matin, comme tous les matins, je passe dans votre bureau à 5h30 pour échanger sur ma première moisson des articles de presse. Et ce matin-là, je vous parle d'un angle nouveau repéré sur les migrants je crois. Et là, interloqué, vous levez votre sourcil en accent circonflexe, c’est jamais bon signe, vous me dites, " Non, mais quoi, t'as pas lu La Tribune de Genève samedi? Y avait déjà tout». Voilà grâce à vous, à toi, Patrick, pas toujours mais parfois, je lis aussi La Tribune de Genève le we. Merci!

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