Coller des affiches... Distribuer des tracts... Faire du porte à porte... Organiser des réunions publiques... Animer des forums sur Internet... "Faire campagne, c'est tout un art"... C'est ce que raconte ce matin Les Echos, dans sa page spéciale Campagne législative... Parce que le but d'une campagne, c'est d'abord de se faire connaître... et ensuite de convaincre... Et pour cela, eh bien, rien de mieux que les petits débats... les petits débats dans les cafés ou dans les locaux associatifs... Et puis, si vous n'êtes pas fan de politique, soyez vigilants, en ces temps de campagne, lorsque vous acceptez des invitations chez des amis... La réunion Tupperware politique fait fureur... Un sympathisant convie ses amis et relations à venir discuter avec le candidat... des réunions qui attirent plus facilement les indécis, qu'il reste alors à convaincre en face à face... Alors heureusement... dans cette campagne des législatives... pour aider les candidats les moins connus... "les poids-lourds entrent en lice", indique L'Indépendant du Midi... La Charente Libre explique : "Sarkozy-Royal : cap sur le troisième tour"... puisque "Nicolas Sarkozy était au Havre avec les militants de l'UMP... et Ségolène Royal à Paris, au milieu des socialistes affichant leur unité"... Alors donc... retour sur la réunion républicaine du Havre... Tout le monde, dans la presse ce matin, l'appelle "le meeting de l'UMP"... Et d'ailleurs, qu'est-ce que ça a d'extraordinaire, un Président qui s'engage dans la campagne législative ?, se demande Hervé Chabaud dans L'Union... "Tout Président qui vient d'être élu a besoin d'une majorité en phase avec son programme... Et il est dans la tradition qu'il s'en donne les moyens... Ce n'est pas être le chef d'un clan ou d'un parti que d'agir de la sorte... C'est être pragmatique, et solliciter le bon sens des électeurs"... Dans Le Journal de la Haute-Marne, Patrice Chabanet remarque tout de même que "ce qui est nouveau avec Nicolas Sarkozy, c'est que l'appel aux Français s'est glissé à la fin d'un long discours... une manière de présidentialiser un peu plus les institutions... L'homme, visiblement, aime le risque, poursuit l'éditorialiste... y compris dans la rhétorique... La référence à Danton et à sa fameuse phrase : "De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace", était quelque peu osée, quand on sait comment a fini le révolutionnaire"... Alors ce n'est pas l'audace, ni la rupture, ni même la présidentialisation des institutions, qui gênent Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées... Non, c'est plutôt ce sentiment que "Sarkozy veut être le patron de tout... Comme si, explique l'éditorialiste, ce Président de la République... qui nous avait déjà habitués à diverses sortes de cumuls... pensait décidément qu'il lui fallait tout diriger... Etre le patron du gouvernement, de la majorité, et même de la campagne"... Alors, en même temps... "Nicolas Sarkozy n'ignore pas non plus que, par nature, l'état de grâce est éphémère", écrit Erik Emptaz, dans Le Canard Enchaîné... "Il en profite donc, tant que tout lui est permis, pour continuer d'implanter le plus largement possible l'Etat Sarkozy"... Sarkozy ou "le candidat permanent", titre Libération, sur une photo du Président en meeting au Havre hier... Et Libération analyse le comportement de ce "Président en quête du coup d'éclat permanent"... Et Antoine Guiral, qui a suivi le déplacement présidentiel hier, écrit... "Le fauve est de retour... Calme, sûr de sa force, déterminé à dévorer ses adversaires... Quatre mois d'intense campagne présidentielle n'ont pas entamé son insatiable appétit de pouvoir"... Libération qui résume... Nous allons "vers un quinquennat de campagne"... Et donc, ce Président en campagne a profité de son déplacement pour mettre les choses au point... Et une mise au point présidentielle, ça s'appelle un rappel à l'ordre... C'est le titre du Figaro... "Réformes : le rappel à l'ordre de Sarkozy"... Le Figaro qui explique qu'après les hésitations de certains de ses ministres, le Président affirme qu'il ne laissera personne dénaturer son projet... Et le journal liste... "Prêts immobiliers : tous les emprunts déductibles des impôts"... "Bouclier fiscal à 50%, y compris la CSG et la CRDS"... "Détaxation des heures sup, y compris pour les cadres"... Alors la clarification qui retient l'attention ce matin... c'est tout particulièrement celle sur la déduction des intérêts des emprunts immobiliers... Aujourd'hui en France-Le Parisien titre : "Le cadeau aux propriétaires"... Le Parisien qui note que Nicolas Sarkozy a senti le danger politique, et a crié : "Halte au cafouillage gouvernemental !"... Du coup, tous les propriétaires en cours de remboursement d'emprunt seront concernés... Et Le Parisien-Aujourd'hui en France a fait les comptes... Pour un foyer qui a emprunté 100.000 euros sur 25 ans, cela pourra faire plus de 7.000 euros d'économies en 10 ans... Alors oui, des économies pour les propriétaires... Mais pour l'Etat ?... Evidemment, ce que l'on donne d'un côté, on l'enlève de l'autre... Et cette mesure, eh bien elle va coûter 2 milliards d'euros dès cette année... C'est Les Echos qui s'en inquiète... Le Havre d'un côté... le Zénith de Paris de l'autre... C'est ce que Le Parisien-Aujourd'hui en France résume ainsi... "Sarkozy offensif, le PS rassemblé"... Le PS rassemblé... Oui, sur la photo... Mais pas plus... Dans L'Alsace, Patrick Fluckiger a constaté que "les discours de Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, qui se sont succédé à la tribune du Zénith hier, rappelaient l'ambiance des débats de l'automne dernier... sifflets et applaudissements compris"... Ben c'est "la stratégie du rempart", selon Libération... C'est surtout "sans illusions que le PS appelle à la mobilisation", note Le Figaro... Et L'Humanité déplore, de son côté, que "la campagne au PS mette le débat en sourdine"... On ne parle de rien... L'Huma n'est pas le seul à le constater... On ne parle de rien... ni de la succession de François Hollande... A ce sujet, Michel Noblecourt, dans Le Midi Libre, analyse "qu'il serait étrange de voir Madame Royal, qui a bâti sa campagne en dehors de l'appareil du PS, briguer demain sa direction"... Pour l'éditorialiste, "la nouvelle frontière de l'ex-candidate se situe plutôt ailleurs... du côté d'une gauche qu'elle cherche à reconstruire, et qui irait jusqu'au centre"... Au PS, on ne parle pas non plus de mondialisation... Et ça, ça rend fou Philippe Val, dans Charlie Hebdo... "Alors qu'il est banal, aujourd'hui, d'utiliser Internet, de considérer que la Chine et l'Australie sont à portée de clic... alors même que les délocalisations de n'importe quoi sont annoncées partout... à gauche, sur ce sujet, c'est le silence... Le discours qui consisterait à expliquer quelles sont les propositions de la gauche pour insérer la France et l'Europe dans la mondialisation n'a pas été élaboré... A droite, constate Philippe Val, Sarkozy donne des réponses de droite... En bref, tout ce qui nuit à la rentabilité doit être réformé, dans le sens des cotisations volontaires et de la gestion privée des risques... C'est le fameux "travailler plus pour gagner plus"... Alors "qu'est-ce que la gauche peut répondre à ça aujourd'hui ?", se demande Philippe Val... "Eh bien, que le temps d'efforts consacrés à l'obtention du minimum vital soit le plus réduit possible dans une vie humaine... Ensuite, chacun a la liberté de faire et de devenir ce qu'il y a de plus conforme à ses désirs individuels... La gauche doit faire le pari de liberté, pour s'appeler encore la gauche"... C'est donc signé Philippe Val, dans Charlie Hebdo... La réflexion de Val en rejoint une autre... dans Télérama... un article intitulé : "Le PS à l'heure de la mutation"... Parce que, explique Télérama, "la défaite à l'élection présidentielle met le Parti Socialiste au pied du mur... Changer ou disparaître"... Pour finir... un regard plus large sur la société... Parce qu'il y a des matins où les titres de vos journaux attirent plus particulièrement l'oeil... Celui-ci par exemple, dans Libération... "Pays-Bas : qui veut gagner mon rein ?"... C'est le dernier avatar de la téléréalité néerlandaise... Une patiente de 37 ans, en phase terminale d'une maladie incurable, va décider, à la fin de la semaine, à qui ira l'un de ses reins après sa mort... Pour faire son choix, en direct à la télé, elle regardera les portraits des trois candidats... trois jeunes malades, filmés dans leur vie quotidienne, en conversation avec leurs parents et amis... Les téléspectateurs pourront aussi donner leur avis... Parce que la société de production, qui a baptisé son émission "Le grand donneur", explique très sérieusement que c'est pour éveiller les consciences sur le grave problème des dons d'organes... Pour vous réconcilier avec le monde... un article à lire, dans Le Monde justement... un reportage à Esteville, en Seine-Maritime... Esteville où le fondateur d'Emmaüs a été enterré... La tombe de l'abbé Pierre est devenue depuis un lieu de pèlerinage... Esteville, petite bourgade, ne possède aucun commerce, et n'a pas l'intention d'en créer... La mairie a juste refait le parking, et ajouté des panneaux indiquant la direction du cimetière... Le maire explique : "Ce ne serait pas correct de faire de l'argent sur le dos de l'abbé... Alors oui, les gens demandent des souvenirs... Mais pas question de mettre l'abbé Pierre dans une boule avec de la neige"...

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