La vie comme un roman, ce matin... "Les pêcheurs sont toujours, en France, l'objet d'une admiration plaintive", écrit, dans L'Express, Christophe Barbier... qui se souvient de Pierre Loti et "Pêcheur d'Islande"... En eux, explique l'éditorialiste, "on considère le courage évident et la foi exemplaire... foi en leur vocation, en la mer nourricière... foi dans le grand large, pays des promesses et des détresses... Quand les pêcheurs plient leurs filets, c'est qu'ils n'ont plus le choix... Aujourd'hui, il n'y a plus d'horizon à la proue des chalutiers... Ils sont pêcheurs, mais leurs enfants ne le seront pas"... Voilà donc ce que révèle le conflit embrasé par le prix du gazole... Vos journaux rappellent, ce matin, que les manifestations des professionnels se multiplient... pêcheurs donc, mais aussi agriculteurs, taxis, et bientôt transporteurs... "La grosse colère va-t-elle s'étendre ?", se demande Le Dauphiné Libéré... Le Télégramme, de son côté, trouve que "le face à face s'éternise"... Alors La Tribune constate tout de même que "pêcheurs et routiers, victimes de la flambée du pétrole, font céder Bruxelles"... Le quotidien économique explique que, devant l'inquiétude de l'Europe toute entière, la Commission se dit d'accord pour laisser les Etats-membres verser des aides ciblées... à condition que ces aides ne soient pas de subventionner le gazole... Les aides ciblées, ce ne sera pas pour l'automobiliste lambda, on l'a bien compris... Et du coup, La Provence note ce matin que "rouler en voiture est devenu un luxe"... Le journal a établi les factures, cylindrée par cylindrée... se projette dans un avenir à 2 ou 3 euros le litre... et rapporte des témoignages de lecteurs qui, déjà, renoncent à des sorties... Alors on le sait... c'est l'autre versant de ce dossier "pétrole cher"... c'est qu'il oblige à innover... à chercher et à trouver des solutions alternatives... Et ce matin, eh bien c'est La Croix qui constate que ces innovations, eh bien elles se multiplient dans beaucoup de domaines... Bien sûr, à lire La Croix, on est encore à la limite de la science-fiction... avec beaucoup d'expériences ici ou là, qu'il faudrait maintenant généraliser... Dans la presse, ce matin, beaucoup de réactions après l'annulation d'un mariage pour non-virginité... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France ou dans Le Figaro, vous lirez ces réactions... vous constaterez aussi qu'il y a de plus en plus de mariages annulés par les juges... des litiges beaucoup plus fréquents qu'on ne le croit, confie un avocat... généralement pour des faits dissimulés au moment du mariage, comme un divorce, une confession religieuse, une addiction, un casier judiciaire... Mais la Chancellerie indiquait hier n'avoir pas le souvenir d'une annulation pour mensonge sur la virginité... Et c'est cette raison qui entraîne quelques commentaires ce matin... "La plus sûre garde de la chasteté d'une fille, c'est la sévérité", écrivait Montaigne à son père... C'est Philippe Waucampt, dans Le Républicain Lorrain, qui utilise cette citation pour expliquer l'évolution des pensées en France, sur ce sujet, en quatre siècles... "Aujourd'hui, l'égalité des femmes demande à être défendue bec et ongles contre la menace nouvelle du relativisme culturel... En annulant un mariage pour non-virginité, la justice apporte une caution formidable aux milieux les plus rétrogrades, et conforte un communautarisme dont les valeurs sont en contradiction avec les références d'un pays qui s'est construit sur les notions exigeantes de respect de l'individu, d'égalité des sexes et de libre disposition de soi-même"... Oui, confirme Bernard Revel dans L'Indépendant, "l'ombre de la faute plane toujours sur les filles d'Eve... Et dans la lutte contre les discriminations dont elles sont victimes, les femmes ne s'attendaient certainement pas à voir resurgir celle-là, 40 ans après Mai 68"... Dans L'Est Républicain, Rémi Godeau s'interroge aussi... "D'où vient le malaise ?... du sentiment étrange que le religieux a instrumentalisé la loi laïque... du fait aussi que cette annulation traduit un choc des cultures dans une France mal à l'aise avec son immigration... Alors certes, de la droite à la gauche, chacun y est allé de son épithète... 'scandaleux', 'stupide', 'honteux'... Mais une fois passée la colère, il faudra répondre à quelques questions lourdes pour l'avenir, comme celle-ci : la justice vient-elle de cautionner une nouvelle forme de discrimination entre les sexes et d'institutionnaliser une sorte de relativisme culturel ?"... Vivre ensemble... différents... dès l'école... Et l'on reparle de la carte scolaire... un dossier de Libération ce matin... qui fait le point sur "les privilégiés de la carte scolaire"... Le journal rappelle que "le candidat Sarkozy avait promis le libre choix de l'école, mais qu'aujourd'hui on en est loin et que la loi de la débrouille règne toujours"... Véronique Soulé, la journaliste qui décrypte la question dans Libé, explique que, certes, les recteurs ont pour consigne d'accorder plus de dérogations... Mais les locaux n'étant pas extensibles, et les élèves du secteur restant prioritaires, ce sont toujours les parents malins, pistonnés ou bien renseignés qui, comme avant, se débrouillent le mieux... Du coup, sous couvert de favoriser la mixité, ce système profitera aux familles défavorisées, estime Libération... C'est ce que disent aussi "les proviseurs inquiets"... des proviseurs que le journal a rencontrés à Lyon... Ils décrivent la confusion des parents d'élèves... D'un côté, il y a la communication du ministère, qui dit : "pour la rentrée 2008, vous pouvez choisir l'établissement scolaire de votre enfant"... Et de l'autre, il y a la réalité : la carte scolaire n'a pas disparu, elle est simplement assouplie... Et puis, sur le fond, le proviseur du lycée Récamier (c'est donc à Lyon) analyse : "Il n'est pas bon, pour les élèves, d'être dans un univers homogène... que ce soit dans l'excellence ou dans les difficultés scolaires... On apprend plus de la fréquentation d'élèves qui ne sont pas faits dans le même moule"... L'Education Nationale, c'est aussi "le Bac, monument en péril"... L'examen mythique a 200 ans... Le Monde de l'Education se penche sur ce monument du patrimoine républicain... et constate que "il ne vaut plus rien, mais si on ne l'a pas c'est tragique"... que "la philo, l'épreuve-reine, a perdu de sa superbe"... et que, pour la série littéraire, "c'est le voyage au bout de la nuit"... Le Monde de l'Education qui appelle à la rescousse plusieurs écrivains, pour qu'ils livrent leur souvenir de leur Bac... Denis Guedj, Philippe Delerm, Eric-Emmanuel Schmitt ou encore Marie Desplechin... pour quoi "avoir son Bac n'est pas une promesse : c'est presque une punition"... Et après le Bac, y a quoi ?... Y a l'université... Dans la presse régionale, on applaudit le plan de rénovation des campus universitaires... du moins quand l'université locale a été retenue... Sud-Ouest se réjouit : "Un beau pactole pour Bordeaux"... Le Midi Libre affirme que "Montpellier emporte le jackpot pour bâtir l'université du futur"... Et Le Progrès s'enthousiasme : "L'université de Lyon décroche le gros lot"... "Ne faut-il pas craindre un système à plusieurs vitesses ?", s'interroge Le Monde dans son éditorial... Sans doute, mais c'est déjà une réalité... Alors autant l'assumer et l'organiser, explique le journal... Il faut juste garder à l'esprit que le renforcement des uns ne doit pas se faire au détriment des autres... L'université du XXIème siècle a besoin d'excellence ET de démocratisation... d'égalité des chances ET de formation des élites... de formation de proximité ET de compétition mondialisée des savoirs... Et sinon dans la presse, ce matin... Eh bien quelques petites choses pour réjouir votre week-end... Dans les Confidentiels du Figaro... "Les poteaux de rugby menacés par le Pape"... un titre un brin surréaliste, qui vous emmène à Lourdes où, pour accueillir le Pape dans de bonnes conditions en septembre, le ministère de l'Intérieur envisage de scier les quatre poteaux de rugby du stade Antoine-Béguère, qui doit servir d'héliport... sauf que ces quatres poteaux sont légendaires... Ce sont les plus hauts de France... Vous imaginez bien que c'est donc l'émoi dans tout le milieu rugbystique, et que tout le monde crie au sacrilège... Sur Rue89... vous apprendrez que les moineaux désertent les quartiers riches de Paris... La remarque vaut d'ailleurs pour la plupart des capitales européennes... On peut établir un lien entre le prix du mètre carré et la présence de moineaux... L'explication est assez rationnelle : dans les quartiers bien entretenus, les façades des immeubles sont lisses... pas de trous pour y faire un nid... On y trouve aussi moins d'herbes folles, et donc moins d'insectes pour se nourrir... Et puis, dans La Croix... cette critique joliment écrite par le correspondant en France du journal suédois Aftonbladet... Il s'interroge sur la politique abstraite de la France... un pays où, ni à droite ni à gauche, on ne sait choisir où couper dans le budget de la nation pour rembourser les dettes... mais où, en revanche, on se déchire sur le mot "libéral" ou sur le fait de savoir si le Président peut faire ou non un discours par an devant le Parlement... Magnus Falkehed conclut : "Vous les Français, vous êtes décidément trop intelligents pour moi... C'est probablement parce que je n'ai pas lu les livres de Montesquieu avec mon lait demi-écrémé à l'école... ni même le moindre Tocqueville avec mon pain Wasa au lycée"...

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