(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : changement de pied... (Bruno Duvic) Journée banale mardi dernier à l'assemblée nationale. Audition à la commission des affaires européennes. Une élue socialiste est habillée en tailleur pantalon et petit haut. Un collègue UMP des Yvelines l'apostrophe : "habillée comme ça faut pas s'étonner de se faire violer." Réflexe banal à l'assemblée nationale. Une députée hésite à s'asseoir à sa place habituelle. Lorsque son voisin est là, si elle part un plus tôt que d'habitude, il lui demande : alors, "Avec qui tu vas tirer un coup ?" Aveu de la ministre des sports Chantal Jouanno : si elle porte une jupe dans l'Hémicycle, forcément, elle entend des remarques salaces. Tout cela ne relève pas de l'agression sexuelle aux termes de la loi. Mais tous ces petits échos sortent dans la presse, en l'occurrence « Le Parisien Aujourd'hui en France, alors qu'après Dominique Strauss-Kahn, Georges Tron est accusé d'agression sexuelle... (Patrick Cohen) "Georges Tron mis à pied", c'est la Une de « Libération » ce matin. (Bruno Duvic) Sa démission était inévitable, selon « Ouest France ». « Il y a bien une jurisprudence DSK », écrit Patrick Fluckiger dans « L'Alsace ». Au delà des commentaires purement politiques, au delà des jeux de mots sur cet ex ministre adepte de la réflexologie plantaire, commentaires ce matin sur le nouveau climat moral. Comme le dit de manière assez leste Philippe Palat dans « Midi Libre », « c'est fini le bling bling, les gros cigares et les petites nanas ». Il y a une utilité aux scandales, poursuit Nicolas Demorand dans « Libération ». « Dès lors que la parole est libérée, qu'un plafond de verre se trouve enfoncé, d'autres affaires risquent d'apparaître. A gauche comme à droite. Car le machisme ordinaire, la domination masculine, la phallocratie plus ou moins revendiquée caractérisent encore ce monde de vieux hommes blancs qu'est la politique française ». Tous ceux qui mélangent pouvoir et sexe vont-ils devoir rendre des comptes ? Une ministre en exercice confie à « Libération » de manière anonyme que la moitié de nos responsables politiques serait alors en difficulté. Où placer de curseur dans l'exigence de transparence ? C'est toute la question. Dans « L'Est républicain », après les années de silence, Philippe Waucampt redoute un mouvement de pendule trop violent dans l'autre sens et il reprend la question de Xavier Bertrand : « y-a-t-il encore une présomption d'innocence pour les politiques ? » Vie privée, vie publique, tout se mélange. Dans un autre domaine, « Le Parisien-Aujourd'hui » se fait l'écho d'une controverse : doit-on interdire les caméras de surveillance dans les cours d'école ? La commission informatique et liberté vient de demander à 5 établissements scolaires de retirer leurs caméras. Atteinte aux libertés. L'initiative a valeur de jurisprudence selon le journal. Patrick Cohen Changement de pied en Europe aussi L'Allemagne organise sa sortie du nucléaire. C'est la manchette des « Echos ». Angela Merkel réunissait hier sa coalition pour établir un calendrier. La date choisie pourrait être 2022, un peu plus de 10 ans. Le ministre allemand des Finances s'inquiète de l'impact de cette décision sur les finances publiques. Car il va falloir muscler les programmes d'encouragement aux énergies alternatives. La dette, la Grèce y est jusqu'au cou. Et la restructuration, autrement l'abandon d'une partie de la dette grecque est de moins en moins un tabou. C'est ce que croit savoir la Tribune même si au G8, Nicolas Sarkozy s'est opposé à cette idée. Mais la réglementation bancaire pourrait évoluer pour permettre aux banques qui ont prêté de l'argent à la Grèce d'encaisser le choc plus facilement. Il faut dire que la situation est inextricable : « La Grèce est à vendre pour payer ses dettes » titre le Figaro. Le programme de privatisation est impressionnant : les ports, les aéroports, l'eau de Thessalonique et d'Athènes, les hippodromes, les Télécoms et la banque postale entre autres. Le gouvernement envisage même de privatiser certaines plages. Et la grogne monte. A l'image des indignés espagnols, depuis 4 jours, des centaines de personnes campent dans les grandes villes de Grèce avec notamment ce slogan : "Le pays n'est pas à vendre" Les indignés espagnols toujours là. Et la Puerta del sol rappelle une autre place : la place Tahrir en Egypte. On a beaucoup glosé sur le rôle de Twitter et Facebook dans les mobilisations de ces derniers. Il est indiscutable mais ce n'est pas si surprenant à en croire l'historien Marc Ferro. Dans le dernier numéro de la revue « Histoire », il passe aux cribles les grandes révolutions et bien souvent elles ont été accompagnées voire provoquées par des bouleversements dans les moyens de communication. C'est via des cassettes vidéo que l'Ayatollah Khomeiny a popularisé la révolution islamiste alors qu'il était encore en France, c'est via la radio que Nasser s'est fait entendre du monde arabe, la télégraphe a fait voler la révolution la révolution de 1848 à travers l'Europe et même l'apparition de l'imprimerie a joué un rôle clé dans la réforme protestante. Mam'zelle Twitter est donc la petite soeur de papi Gutenberg. PATRICK Quoi d’autre dans la presse, Bruno ? C'est un pied dans une botte que l'on voit sur le site « Slate.fr » et l'envie de faire des jeux de mots passe subitement. C'est une vidéo qui circule depuis plusieurs jours montre l'horreur de la répression en Syrie. La torture d'un adolescent de Deraa. Au début de ce petit film, on voit juste l'adolescent, aussi nu que la pièce où il est enfermé. Et une botte qui lui donne des coups de pieds. Pied au plancher, le week-end a encore été marqué par des accidents meurtriers sur la route. Six morts sur les routes du week-end, c'est à la Une de Midi Libre. En manchette de la Charente libre, série noire à Vignolles. Un mort hier matin, la liste des accidents est très longue dans ce secteur. Al-Jazeera met un pied dans le football français. C'est à la Une des « Echos ». C'est à la chaine Qatarie que la ligue de football a vendu les droits du championnat de France à l'étranger. Pied de nez à Canal Plus en pleine négociation sur les retransmissions du foot pour les années à venir. Et puis les initiatives de deux magazines à signaler. Pour ses 25 ans, la rédaction de télé loisirs, a laissé la plume aux vedettes du petit écran. Ce sont elles qui rédigent le numéro d'aujourd'hui en kiosque. Enfin, un hors série des « Inrockuptibles ». On parle énormément, jusqu'à l'écœurement de New-York en ce moment. Cette ville mythique ajoute à la dramaturgie de l'affaire Strauss Kahn. Pourquoi cette fascination. He bien parce que c'est aussi de là que viennent une bonne partie de nos émotions musicales de ces 50 dernières années. 50 ans de Rock à New York. Voilà le titre de ce hors série des « Inrocks ». De Simon and Garfunkel à Patti Smith, du Velvet underground au rap, les noms les plus populaires mais aussi les plus undergrounds sont passés en revue. 50 ans après que Dylan a débarqué dans la ville, écrit Christophe Conte, « Brooklyn est une pétaudière de sons qui revitalisent la pop musique ». Parmi les phénomènes des années 2000, la renaissance du rock qui dépote Tout est parti d'un album sorti dans les semaines où l'attentat contre les tours jumelles bouleversait le monde. This is it, the Strokes. Le pied ! http://www.dailymotion.com/video/x3ipdt_the-strokes-the-modern-age_music

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