(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : quelques passages sur scène

(Bruno) Au fond ce qui est normal pour un président, c'est que la presse ne s'en tienne pas à la communication. Ce matin, après la première interview télévisée du président Hollande, quelques critiques commencent à poindre.

Chacun a bien compris le sens de la mise en scène. Pas d'émission spéciale dans le décorum de l'Elysée mais une interview en plateau comme n'importe quel invité.

Fort bien, mais Jacques Camus met en garde dans La République du Centre : "Viendra forcément un moment où l'opinion cessera de s'ébaudir devant les "gimmicks" trop ostensibles de la "présidence normale".

Alors pourquoi le chef de l'Etat s'est il invité si tôt dans sa présidence au journal de 20 heures, sans faire d'annonce importante ? D'abord pour faire passer un message, repris à la Une de La Dépêche duMidi : "Ce que j'ai promis, je le tiendrai"

Ensuite, pourquoi le 20 heures ? Hervé Chabaud répond dans L'Union de Reims.

"(Il est venu pour) demander aux Français une majorité large, solide et cohérente". Autrement dit pour intervenir dans la campagne des législatives, même si officiellement il ne s'en mêle pas.

Pour le concret, on attendra après les élections. Et Le Figaro sent venir la douloureuse. C'est le seul quotidien national à faire Son titre de Une à propos de cette interview. "'Hollande annonce des hausses d'impôts cet été"

Il faudra attendre aussi pour avoir plus de précisions sur le Smic. Il y aura un coup de pouce, mais limité. « Cela ce n'est pas le changement », écrit Eric Dussart dans La Voix du Nord .

Faute de chiffres, les commentateurs se rabattent donc sur le style. Pour Yves Harté dans Sud Ouest , il se résume dans l'élocution du chef de l'Etat : "un peu saccadé, syncopé, les mots butant parfois, cahotant comme les wagons d'un petit train dans la campagne, s'arrêtant quelques secondes pour mieux reprendre leur chemin, mais sûrs de leur effet et de l'endroit où il faudra amener la pensée." Résumé en titre de cet éditorial : « Sous le velours, l'armature rigide. »

Finalement, la principale annonce hier, c'est le Premier Ministre qui s'en est chargée

Jean-Marc Ayrault, dans une interview à L'Express et lexpress.fr : plafonnement des salaires dans les entreprises publiques. L'échelle ira désormais de 1 à 20. Libération applaudit des deux mais : "L'exhibition d'un symbole de gauche ne fait pas nécessairement une politique, concède Vincent Giret. Mais la profondeur, la durée et l'intensité de la crise qui frappe la France imposent de nouvelles règles sans lesquelles il serait totalement vain de vouloir ‘refaire société’ ".

Echelle de 1 à 20. Pour Henri Proglio, le PDG d'EDF, cela voudrait dire baisse de rémunération de 68%. Encore faut-il s'entendre sur le mot rémunération. Parmi les questions que pose Libé ce matin, il y a celle-ci : le plafond de salaire s'appliquera-t-il seulement à la part fixe ou également à la part variable ? Variable aussi a priori. Mais cela reste à confirmer.

Décidément, la journée d'hier était celle de toutes les interventions médiatiques pour la nouvelle équipe au pouvoir. D'ordinaire, quand le président parle, les ministres se font discrets. Hier outre l'interview de Jean-Marc Ayrault à L'Express , il y eut le long entretien de Laurent Fabius au Monde .

Le chef de la diplomatie fixe le cadre de son action, avec cette formule appliquée à la France : « puissance d'influence ». On retient également la position très ferme à propos de la Syrie, le Monde la met à la Une : "Bachar el Assad est l'assassin de son peuple. Il doit quitter le pouvoir"

Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?

D'un journal de 20 heures à l'autre… Son passage sur scène aura duré 4 ans. « Laurence Ferrari, pourquoi je quitte TF1 ». C'est la Une du Parisien aujourd'hui en France .

Pour expliquer son départ pour une présenter un magazine sur Direct 8, la journaliste avance cette raison : « après 4 ans de JT j'ai fait le constat que cet exercice n'est pas celui qui me convient le mieux. »

Ce quinquennat commence avec des changements importants sur les grandes chaines : selon Le Figaro l'Etat veut rétablir la publicité après 20 heures sur France Télévision.

Cela représenterait 200 millions de recettes supplémentaires pour le groupe. Parmi les projets également selon le journal : le rétablissement de la redevance sur les résidences secondaires.

Dans Les Echos , l'ordre des médecins s'attaque aux dépassements d'honoraires et aux déserts médicaux. Principales recommandations : l'interdiction des dépassements excessifs - 3 fois le tarif de la Sécu. Et obliger les jeunes diplômés à exercer pendant 5 ans dans la région où ils ont fait leurs études.

Passage sur scène… C'était une star des médias, désormais personne ne veut plus l'entendre. Le Monde raconte l'histoire de M. Catastrophe en Grèce. L’histoire donne une idée du climat dans le pays. M. Catastrophe s'appelle Yanis Varoufakis. C'est un économiste qui a alerté dès janvier 2010 sur l'imminence de la faillite de son pays. Au début tout le monde l'écoutait puis ce Cassandre a fini par agacer dans une Grèce qui croule sous les mauvaises nouvelles. Coups de téléphones incessants, attaques en dessous de la ceinture. Il a décidé de s'installer aux Etats Unis.

Enfin le titre le plus mystérieux du jour. C'est dans L'Ardennais , « Phénomène effrayant au cimetière de Rethel : les plaques funéraires se soulèvent. » Je n'ai que la Une, impossible d'en savoir plus sur ces tombes facétieuses. Ca sent l'arnaque tout de même...

Passage sur scène... Quelques vedettes encore...

Un petit tour et puis s'en va. Yohann Gourcuff est écarté de l'équipe de France de football qui disputera l'Euro. Celui que l'on présentait naguère comme le successeur de Zidane est hors jeu. « Après deux saisons catastrophiques (…) il n'est plus un joueur de niveau international » écrit le journal L'Equipe , sans appel.

Le quotidien sportif préfère mettre à sa Une "Le frisson Razzano".

A Roland Garros, la française Virgine Razzano a battu hier l'une des plus grandes championnes du circuit, Serena Williams.

Christine Thomas raconte cette partie de toutes les émotions, remportée après 8 balles de matches. Ambiance de stade de foot sur le court Philippe Chatrier.

Au début, l'Américaine « diva langoureuse et placide » face à la Française « sautillante et fine ».

Puis les 3 heures 4 minutes de matches, les crampes, les cris de douleur, Serena « femme soldat aux 13 titres du grand chelem » en larmes.

Il y a un an, Virginie Razzano perdait son compagnon, victime d'une tumeur au cerveau. Le dessin de Chenez, ce matin dans L'Equipe , c'est une toute petite joueuse au sommet d'une immense montagne noire. Elle est plus près de l'étoile.

A propos d'êtres aimés et disparus, il y a dans Le Parisien cette photo d'Alain Delon devant la tombe de Romy Schneider au cimetière de Boissy-sans-Avoir dans les Yvelines.

Delon, cheveux gris d'homme de 76 ans, en jean de tous les jours, comme une star qui n'est pas en représentation.

30 ans après la mort de Romy, « il est venu seul caché derrière ses lunettes de soleil » écrit le journal. Seul, mais un photographe n'était pas loin. On a beau saisir cette contradiction, le grain de cette photo est tout en émotion. Le passage sur scène fut bref pour l'actrice des choses de la vie.

A demain !

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