La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Etats-unis/Turquie et leur lutte conjointe contre l’Etat islamique en Syrie au sein de la coalition, avec un épisode la semaine dernière qui a tendu les relations entre les 2 pays…

En cause, des photos

Des clichés que le photographe de l’AFP Delil Souleiman a publié vendredi sur le blog de l’agence, le Making Of de l’AFP, sous le titre, «Rencontre inattendue sur le front ». Il raconte, il se trouve à fatsa dans le nord de la syrie, ce mercredi 25 mai, l’endroit vient tout juste d’être repris au groupe Etat islamique par les forces démocratiques syriennes. Ces forces formées principalement de combattants kurdes. Chaleur accablante, après la bataille, le photographe se repose avec les combattants. « Et puis nous les voyons arriver. Ils sont une vingtaine juchés sur des pick-up armées de mitrailleuses et lance-grenades. La plupart n’ont pas vraiment le physique de la région, ils parlent anglais entre eux. ». Sur leur treillis raconte t il encore, le drapeau américain ou encore un petit écusson vert, bien visible sur ses photos, avec les initiales YPG , le sigle des unités de protection du peuple kurde.

Blog Making-of de l'AFP, où le photographe Delil Souleiman revient sur son reportage à Fatsa en Syrie.
Blog Making-of de l'AFP, où le photographe Delil Souleiman revient sur son reportage à Fatsa en Syrie. © Making-of AFP

C’est cet écusson qui a mis le feu aux poudres entre Ankara et Washington nous raconte Libération. Car si Washington admet que quelque 300 « conseillers militaires » sont en Syrie pour aider les forces locales, ils ne sont pas censés participer aux combats en première ligne. Et moins encore aux côtés de ceux que les autorités turques considèrent comme des terroristes, les kurdes. Coup de sang donc ce week-end du président truc Erdogan contre les Etats-unis. Qui ont dû quasi s’excuser…depuis, Ankara a proposé à Washington de mener ensemble une opération spéciale contre les djihadistes mais sans la milice kurde…

Et pendant ce temps-là, « Damas s’épuise à survivre » titre la Croix. Reportage dans la capitale syrienne après 5 ans de guerre, une guerre raconte François d’Alançon qui a effacé la frontière entre le légal et l’illégal, où une minorité prospère dans le marché noir, quand l’immense majorité tente de se débrouiller pour survivre, où l’appareil d’état a quasiment disparu. « Après la guerre raconte un retraité, il y aura tout à reconstruire, les villes mais aussi les valeurs comme l’honnêteté. Le virus de l’appât du gain, de la corruption et de l’ignorance a infiltré notre système immunitaire. Après la guerre, il faudra reconstruire l’être humain » prévient-il…

Reconstruire l’être humain, cela fait rarement l’objet des accords de paix…

Retour en France, où l’on parle à nouveau Hélène d’une semaine sociale « décisive »

Et où la stratégie de François Hollande et Manuel Valls est forcément différemment appréciée par la presse : quand les Echos parlent de faire aboutir des « négociations sectorielles » à la sncf, la ratp, avec les chercheurs ou les intermittents pour éviter le blocage total mais sans toucher à la loi travail, l’Humanité s’insurge vivement, contre ce que son éditorialiste appelle « un troc catégoriel »…un choix sémantique évidemment significatif

Dans Aujourd’hui en France/le Parisien, François Fillon candidat à la primaire Les Républicains, ne fait pas lui dans la prudence sémantique pour dénoncer, je le cite « la violence et l’extrémisme de la CGT, coupable à ses yeux d’avoir porté un coup fatal au dialogue social », « je vais faire hurler reconnait il, mais il faudra revoir le monopole syndical au premier tour des élections professionnelles, durcir les conditions d’astreinte et de service minimum et enfin imposer aux délégués syndicaux au moins de travailler à mi-temps ». C’est cash… A ceux qui expliquent que le clivage droite/gauche est dépassé, il semblerait que l’ancien premier ministre en campagne ait à cœur de démontrer le contraire…François Fillon qui se prononce aussi pour « la généralisation des accords d’entreprises », « à chaque fois » prévient il, « que c’est possible »

Précaution oratoire utile, si l’on en croit le nouvel épisode du feuilleton sur l’ouverture dominicale des Galeries Lafayette à lire dans le Figaro Economie. Alors que le grand magasin du Boulevard Haussmann avait cru trouvé un accord social pour une ouverture 12 dimanche par an dans le cadre de la loi Macron, il s’en remet désormais à la justice. A elle de se prononcer sur la représentativité des syndicats qui s’opposent à cette ouverture. L’un d’eux s’étant fait élire sous l’étiquette CFDT mais étant entré en dissidence depuis.Alors la direction peut elle ou pas faire appliquer l’accord conclu Décision du TGI de Paris attendue pas d’ici mi juin voire septembre…décidément ce ne sont pas encore les accords d’entreprise qui font la loi dans ce pays…

En attendant un éventuel « déblocage social », la France se prépare également à accueillir l’Euro de football

Début de la compétition le 10 juin mais les délégations internationales arrivent dès cette semaine en France. Article dans Libération ce matin sur le « hooliganisme », l’autre danger qui menace la sécurité de l’événement avec celui des attentats. Willy le Devin nous raconte comment le phénomène a été quasiment éradiqué en France depuis 2009 après de graves incidents, qui ont conduit à la création de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme. C’est celle qui est en première ligne pour anticiper les problèmes avec les supporters étrangers, elle a travaillé en collaboration avec tous ses partenaires européens, elle dispose de 99 « correspondants » chez ces hooligans russes, polonais, anglais ou turcs, des infiltrés qui ne masquent pas leur identité et qui sont censés dialoguer, anticiper les bagarres et si besoin interpeller. Dans le Daily Mail la semaine dernière, un hooligan anglais promettait de profiter du match Russie/Angleterre pour tabasser … « des musulmans » ! Ca promet. Mais le directeur de la DNLH se veut rassurant : « dans la tête de certains hooligans ultra nationalistes, il est clair que certains amalgames se font, mais leurs préoccupations tournent plus autour du football que de la géopolitique »

OUF.nous voilà rassurés, ou presque

On termine Hélène avec quelques mots d’André Rousselet, disparu hier

Quelques mots dans le texte…Dominique Seux évoquait tout à l’heure, le patron novateur de Canal Plus, mais Rousselet fut avant cela, l’un des plus proches de François Mitterrand. Véronique Groussard a remis en ligne sur le site de l’Obs, quelques verbatim des Mémoires de Rousselet publiés l’an dernier, où il dévoile la complexité de l’ancien président. Il explique par exemple que si Mitterrand s’est prononcé contre la peine de mort juste avant la présidentielle de 81, c’est parce qu’il ne s’était jamais pardonné l’exécution du militant communiste du FLN, Fernand Iveton, en 1957, pendant la guerre d’Algérie : « c’estla seule fois écrit Rousselet, où j’ai vu François Mitterrand alors ministre de la Justice, être totalement bouleversé par une décision à prendre, c’est une exécution qu’il ne s’est jamais pardonnée parce qu’il savait qu’il aurait pu, qu’il aurait dû l’éviter. ». Rousselet raconte également sans fard la campagne de 81, les valises pleines de billets. La règle de Mitterrand était : “Je ne veux pas savoir”, et la mienne se traduisait par : “Aucune trace, tout en liquide”. Et du coup, le financier de la campagne Rousselet s’en est sorti

Et enfin, parce que Sophia est avec nous, un mot sur Mitterrand et l’Humour… « le seul critère d’appartenance au premier cercle de François Mitterrand, c’était une forme d’humour, de distance et d’ironie sur la vie. Pierre Bérégovoy n’a jamais obtenu son accréditation au club, par manque d’ironie. ».

A quoi ça tient, en être ou pas, avoir de l’humour, ou pas…

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