Chiffres et polémique ce matin... Les chiffres du chômage bien sûr... Bon d'accord... Vous allez me dire : "c'est tous les mois le même sketch"... Oui, c'est vrai, sauf que là... c'est la dernière livraison avant le premier tour de la Présidentielle... Du coup, c'est l'ambivalence, pour La Tribune... "Le chômage ramené à son niveau de 1983, mais l'INSEE a alerté sur la fragilité de cette statistique"... Les Echos semble se réjouir... "Le gouvernement finit son mandat en affichant un niveau de chômage historiquement bas"... Mais en même temps, Dominique Seux, dans son éditorial, s'inquiète... Si plusieurs indicateurs économiques montrent en effet que la France va mieux, "l'échéance électorale ne coïncidera pas pour autant avec un état de grâce économique... Le plan de route tracé par les principaux candidats est-il à la hauteur de ce défi ?... Ce n'est pas sûr, pour l'éditorialiste des Echos... Sur l'emploi, les idées font appel à une boîte à outils déjà largement épuisée, qu'il s'agisse de la baisse des charges sociales ou des emplois aidés de toutes sortes... On a déjà beaucoup fait, sans que le miracle survienne"... Alors c'est peut-être bien là le fond de la polémique... Plus que les chiffres du chômage eux-mêmes... c'est la notion d'emploi qui reste en question, constate Gilles Dauxerre dans La Provence... "Car si quelque 2 millions de personnes sont au chômage, plus de 11 millions de salariés auraient un emploi précaire ou inférieur à leurs qualifications... Bref, les Français n'ont pas le sentiment que l'emploi se développe... Et le chômage est toujours en tête de leurs préoccupations, devant le pouvoir d'achat, la pauvreté et l'école"... Même analyse de Francis Laffon dans L'Alsace... "Dire que le taux est revenu à celui de 1983 ne fait ni chaud ni froid aux titulaires d'un job à temps partiel ou à très faible rémunération... Il y a 24 ans, le marché du travail était beaucoup moins atomisé, donc moins précaire... Les chiffres ne sont pas comparables d'un siècle à l'autre"... Alors bien sûr... tous les commentateurs, ce matin, le disent... "Il faudrait se mettre d'accord sur un mode de calcul"... Mais ce qu'il faudrait avant tout, pour Pierre Taribo dans L'Est Républicain, c'est "combattre le chômage avec une politique industrielle efficace, qui nous changerait des habituels bricolages... Qui la mettra en oeuvre ?", s'interroge l'éditorialiste... "Durant la campagne, tout le monde promet des solutions extraordinaires... Mais que vaudra cette belle assurance lorsqu'il faudra passer aux actes ?"... Les promesses... les solutions... Qui est le plus crédible ?... Dans Les Echos, le baromètre BVA, où l'on nous dit que "le candidat de l'UMP est jugé plus compétent que son adversaire socialiste sur l'économie... Mais cette dernière le devance sur les sujets sociaux... qui sont, souligne les Echos, ceux qui intéressent le plus les Français"... Enquêtes... sondages... études... Peu importe le mot... Sur tous les sujets ce matin, vous avez droit à des chiffres... En Une du Figaro... le baromètre hebdomadaire OpinionWay... "Identité, sécurité : Sarkozy s'impose", affirme le journal... Sur l'identité nationale, le quarté de tête, c'est Sarkozy-Le Pen-Royal-Bayrou... Sur la sécurité, le candidat centriste passe devant la socialiste... Ce sondage, pour Le Figaro, a été réalisé hier et avant-hier... Et il répond en quelque sorte à la question du jour, en Une de Libération... "Sarkozy-Royal-Le Pen-Bayrou : à qui profite l'insécurité ?... A 3 semaines du premier tour, la campagne pourrait changer à gare du Nord", estime Libération... Dernier sondage du jour... enfin pour l'instant, parce qu'on n'est pas encore couché... en Une du Parisien-Aujourd'hui en France... un sondage CSA... et ce titre : "Ca bouge"... Au premier tour, Nicolas Sarkozy est stable : il empocherait 26% des suffrages... Ségolène Royal baisse, avec 24,5% des intentions de vote... Baisse également pour François Bayrou, à 19,5... Jean-Marie Le Pen, lui, progresse de 2 points, et atteint les 15%... Derrière, en tête des autres candidats, on trouve Marie-George Buffet, avec 4% d'intentions de vote... A noter : les 21% d'abstention... Mais comme le dit le dessin de Ransom dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... "95% des sondés ne savent pas encore ce qu'ils répondront au sondage suivant"... Electeurs, chers électeurs... Sondés de toutes parts... analysés également, sous toutes les coutures... Exemple : le vote des cathos, dans Valeurs Actuelles... En 2002, au premier tour, ils avaient voté à 24% pour Jacques Chirac... Aujourd'hui, ils pencheraient à 33% pour Nicolas Sarkozy... Sauf qu'en même temps, concède Valeurs Actuelles... les électeurs revendiqués catholiques pratiquants sont de moins en moins nombreux... Alors il y a aussi les jeunes... C'est La Vie qui s'interroge sur "le vote de la nouvelle génération"... 1 électeur sur 8 votera pour la première fois... un vote on ne peut plus intéressant, quand on sait que Mitterrand, puis Chirac ont gagné grâce aux jeunes... Et les seniors alors ?... Leur vote est passé à la loupe par le magazine Senior Plus... "13 millions de seniors s'invitent en politique"... Alors d'accord, explique le bimestriel... "Ils sont aussi puissants dans les urnes qu'éparpillés dans leurs objectifs... Mais les plus de 60 ans... c'est-à-dire un tiers des électeurs... pourraient bien créer la surprise le 22 avril"... A lire aussi, dans Courrier International... le vote des Beurs... C'est un article repris du journal algérien Le Quotidien d'Oran... qui explique pourquoi les Français d'origine maghrébine ne voteront pas socialiste... "Ils sont en colère, explique le journal... contre le PS, qui les a instrumentalisés pour faire monter le Front National et sapé l'influence de la droite classique... En colère contre le PS aussi parce qu'il n'a pas été capable de faire élire un seul Beur ou un seul Noir à l'Assemblée nationale... Durant des années, explique le journaliste algérien, aux Beurs et aux Blacks impatients de se lancer en politique, les socialistes ont répété : "Ce n'est pas le moment : la France n'est pas prête"... Alors, plus que la campagne présidentielle, c'est celle des législatives qui sera riche d'enseignements"... Et puis, pour finir avec ce découpage du corps électoral... cet article, dans Le Nouvel Observateur... qui présente "les 6 familles d'électeurs qui décideront du résultat du 22 avril"... Des libéraux-autoritaires, qui votent en majorité pour l'UMP... aux gauche-bobos, dont la moitié votera pour Ségolène Royal... en passant par les distanciés, qui formeront le gros des abstentionnistes... et les défiants, qui détiennent la clé de l'élection, selon Le Nouvel Obs, mais qui se méfient de tout et ne seront pas faciles à convaincre... Une chose est sûre : si vous ne vous y retrouvez pas, vous y reconnaîtrez forcément votre voisin... Et les fumeurs, pour qui ils votent ?... En fait, ce n'est pas vraiment la question... Dans La Tribune, un article intitulé "Coup de tabac dans les théâtres"... Parce qu'à partir du 1er janvier, l'interdiction de fumer dans les lieux publics s'appliquera partout... y compris donc aux lieux de spectacles... Vous me direz que les spectateurs n'ont pas le droit de fumer dans les salles... Et le problème, en fait, ce sont les acteurs sur scène... Et ce n'est pas simplement une question de mise en scène... de cigarette, allumée ou pas, dans la main d'un acteur... Le respect de la loi va plus loin... puisque c'est l'interdiction concernant l'apologie du tabac qui est aussi en question... Exemple : le "Don Juan" de Molière... où Sganarelle explique que "rien n'est égal au tabac"... que c'est "la passion des honnêtes gens"... "qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre"... La tirade sera peut-être un jour tout simplement coupée... Dans certaines villes des Etats-Unis, mais aussi d'Ecosse et du Pays de Galles, des passages entiers sont ainsi passés à la trappe... Et dans "Qui a peur de Virginia Woolf ?", la célèbre interpellation de Martha envers Nick, son jeune voisin à l'université, n'existe plus... "Donne-moi une cigarette, séducteur"...

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